‹ La morale dans le drameChapitre 11 sur 59 · Les Suppliantes · texte numérisé non relu

Les Suppliantes

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LA MORALE DANS LE DRAME "Il

rapport à une fin sociale. £t quant aux sentiments désintéressés, il convient d'aller au-delà de l'explication ingénieuse de l'école anglaise (H. Spencer), qui compare l'amour du bien à l'avarice et fonde l'habitude de bien faire sur l'expérience qui a associé Tidée du plaisir à l'idée du bien et identifié le moyen avec la fin. N'est-il pas vrai que le sentiment de certains rapports est constitutif de notre intelligence, qui se piait à les voir réalisés ? N'y a-t-il pas lieu de reconnaître des mouvements spontanés qui ressortissent à notre nature logique et qui, dans, le milieu social, sont une source d'altruisme, de désintéressement? Le dévouement de l'artiste qui se sacrifie à son œuvre, comme Bernard Palissy, n'a-t-il pas racine dans le plaisir esthétique? Pense- t-on que le médecin, victime du devoir professionnel, n'obéit pas à une impulsion logique aussi pui<:sante que celle de la conservation personnelle? Les impulsions qui dérivent de notre raison, cultivée et enrichie par la vie sociale, sont assez remarquables pour être distinguées des besoins de notre nature animale. Avec tout cela, bien entendu, le désintéressement n'est que relatif, et l'homme logique n'est pas une entité soustraite aux conditions de la sensibilité. 11 ne faut pas que les besoins de notre langue nous trompent (V. mon article précité).

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