Le yîaha-Bharata (trad. H. Fauche), VAstikay tome
k VeTimwi l^s çlépoiiiii«3 de %&» ports iliu^lr#fi, et Hôtt^ inhumons après k bataille, par siwpli^ mesure 4e salubrité, le^ cadavres que les gîiQÎtn^ l^s^aient quelquefois pourrir 90 soleil pour s^i^n veqger. hf poète qui mettrait h la ?aè»e h croisade de Saint- Louis ferait pourtani bien de ne pas négliger ca détail rapporté par Joipvill^*, en sgim roi qpi fpirait mettre « m grant fos§#s » les ebrétien^i et j^ier à Teau les corps des g^rra^ins qui étainnt circoncis. L§ triomphe de la race grecque e$t la fin qwi vivifie toyie son «nvre. gans douta les pjoèies athé' niçe§ ont en vue la domination particulière da h ville de Minçrv§, Mi^is rjliade a été Iqi prologue héroïque de la longue guerre des Hellènes contre \es> Asiatiques^ et rémolion des guerres médique§ est reliée toute vihrante dans k$ Perm d'Eschyle. I^ triomphe de la race e§i une fin que noug voyons répopée et k théâtre poursuivre che? touj$ les peuples et dans tous les temps. Seulement le caractère qui établit la nationalité n'egt pas le même. Le Grec repouiisait dans le§ Perses le Barbare. Lee Rûimm^^ espagnols ei^altent k triomphe de la Croii^ sur le Croissant. Jeanne Darc maudit en TÂnglaig l'enviaseur sans détester h chrétien. Le patriotisme moderne, celui des héros de la Révolution français©, défend la patrie comme Thomm^ défend sa dignité
l.CoU.Michai?4PQuj.,158.
tA MOHAI.B DANS LÉ I^IUMB 39
et sa liberté persoïmelles, ^i h lutte ^atuva^a pour lexlsteocç, qui faisait le fond de la baiae de rgee et de la baipe religieuse, est tempérée par dçs sea^time«t§ d'un ordre plus élevé,
h reviens k la ChamQn de Roland, M- Léon Gautier est trompé par soo zèle^ quand il assigne le Paradis pour but aux héros de la Chanson. Certes, la fia que ces héros poursuivent est au contraire toute politique et leur but est de faire triompher l'empire de Gbarlemagne. Si la religion seconde lenrs efforts par ses promesses, Tintérêt chrétien est d*ahord ici bas, et Ton sent assez que ces rudes barons sont vivants et qu'ils combattent pour la cause de la terre. Le vieux poâte nomme avec amour la « dulce France » et il rêve d'appuyer sur elle la chrétienté, ciMsme les poètes espagnols rêveront pins tard de reetaurer la foi catholique par Tépée d'Aragon et de Casiitle ; néaiwoins la lutte qu'il décrit est engagée véritablemeni entré rislamtsme et le christianisme, entre Mahomet et Apollon » d'une part, et le Christ ëe Tautre.
dit l'archevêque Turpin à ses braves ; et, après les avoir cscœfessés, il ajoute plaiaamm^t :
% Pour V9tr6 pénitea^i vous tv^f^^và» h^ p«ï#<^* •
C'est ici une conception capable de créer un ensemble politique qui enferme des hommes de nation et de langue différentes, mais exclusive de sentiments et d'idées que le patriotisme moderne ne masque jamais aux yeux des héros qu'il inspire. Ces barons ne distinguent pas le droit de la foi.
« Païen uni tort et chrestien unt dreit. — v. i015. »
Et le droit qu'ils entendent se confond avec son moyen utile, qui est rétablissement de la chrétienté temporelle.
Le procès de Ganelon met cela en lumière j en mém6 temps qu'il montre la criminalité correspondante à la un -qui est la forme du devoir. La tenùre de ce procès, observe M. Gautier, est toute germanique. L'épreuve judiciaire précède la condamnation. Thierry, frère du duc Geofiroy d'Anjou, se porte garant de l'accusation et la soutient les armes à la main contre Pinabel, qui s'est présenté pour le champion de son parent Ganelon. Quel est le vrai point du débat? c'est de décider s'il y a eu vengeance ou trahison. Ganelon prétend que Roland l'a offensé, lui a fait tort, et qu'il en a tiré vengeance légitimé :
« Vengiez m'en sui, mais n*i ad traïsum. — v. 3778. » Thierry protesta que Ganelon a trahi. La ven-
iliiM
geance serait excusée, au lieu que la trahison constitue le crime. Dans ce débat, qui est privé et personnel, intervient Tidée d'offense publique ; la trahison de Ganelon a causé la mort des douze pairs et compromis l'intérêt commun, la fin politique qui est Tobjet de la chanson.
Le combat judiciaire, c'est la querelle privée réglée par un cérémonial qui est. la figur-e d'un état légal. Les tragiques grecs ont écrit à une époque où cet état légal était depuis longtemps sorti de l'expérience. Mais il est remarquable combien ils sentent toute l'importance du progrés accompli. Euripide, le poète aux subtiles harangues, prête à Jason se justiûant auprès de Médée cet argument, peu eCQcace contre la jalousie de l'amour trompé : « D'abord tu habites la Grèce au lieu d'un pays barbare; tu as appris à connaître la justice et à préférer l'action des lois à l'emploi arbitraire de la force. »
Dans les Euménides d'Eschyle, TAréopage et Minerve soustraient Oreste au châtiment. Oreste a obéi à la loi du foyer antique qui armait le fils contre la mère coupable. La loi nouvelle est désormais fondée. On ne se fera plus justice soi-même ; on ne frappera plus, comme l'ordonnait la religion domestique ou l'intérêt de la victime, t Que jamais, pour venger le meurtre, un meurtrier ne se dresse en courroux dans Athènes! que l'intérêt de l'Etat l'emporte dans
4^ LA MOftAtE DANS LE drame:
les cœurs!... la cauâe de là justice triomphe. » On aperçoit ici le passage de la justice de droit domestique à celle de droit civil, et du talion h la peine prononoée par uii tribunal d*état * . Ce tribunal punira les actes que la loi atteint, mais la conscience sera à chacun son juge intérieur, â la fois plus délicat et plus sévère.
Les philosophes grées virent clairement que la loi est une moyenne, qu'elle ne saisit que les cas ordinaires et ne peut employer que des formules générales qui ne s'appliquent pas exactement aux cas particuliers ; ils comprirent que le juste légal (tô vo[;/.;j.cv !()tàtcv) est plus borné que l'honnête (tè knvxkq)*, et la tâche de Thonnête, dit Aristotê *, est de redresser la loi, là où. elle se trompe. Platon et Aristotê font donc le départ de la pénalité et dé la
1. Le droit criminel athénien conserva la trace de la traàiiiùn pHmitive. Deux Ifibunaiit connaissaient dn crime de itieurtre : l'Aréopage et les Ephètes. L'Aréopage connaissait du meurtre prémédité et prononçait la mort ; les Ephètes (conseil de chefs de fahiille)^ du meurtre non prémédité, ainsi que du metirtre eouvert par une excuse de la loi. La fonction de ceux-^ci était avant tout de réconcilier les parties et d'amener les parents de la victime à recevoir lé prit du sang ; sMls proiiônçaient Texil, citait dans lé but de soustraire le coupable à la vengeance privée. Ainsi la loi athénienne désarmait la vengeance privée, soit en l'amenant à recevoir lé prix du sang, soit en se substituant â elle àu noih d'un {principe ^Mpérieur. — Dareste : Esquisse du droit ctimintl athénien^ in /oufnal des Savants, oct. 1878.