‹ La morale de Kant: étude critique (volume 2)Chapitre 43 sur 53 · Cf. Doctrine du Droit (Barni, p. 8bV · texte numérisé non relu

Cf. Doctrine du Droit (Barni, p. 8bV

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timô auparavant. Autrement dit, on voit bien que le principe du Droit justifie, chez Kant, la possession sensible. Mais on ne voit pas du tout qu'il rende légitime la possession intelligible, c'est-à-dire la seule possession digne de ce nom. Kant n'a donc pas prouvé, semblet-il, qu'il y ait aucune propriété légitime en dehors de celle de nous-mêmes par nous-mêmes et des objets dont nous nous servons, au moment où nous nous en servons.

Admettons, cependant, que le raisonnement de Kant ait justifié l'appropriation et qu'il suffise d'une simple déclaration pour rendre à jamais légitime la possession du premier occupant. Cette méthode d'appropriation ne peut être légitime que lorsqu'il s'agit du sol. Qu'estce qui pourra, dès lors, limiter le droit de l'homme à cette appropriation ? Qu'est-ce qui pourra rendre ses déclarations injustes, tant qu'elles seront faites à propos d'un sol qu'aucun autre n'aura encore occupé ? Pour être, demain, au sens de Kant, propriétaire légitime, sinon effectif, de tout ce qu'il y a de sol inoccupé sur la terre, il suffit d'y envoyer quelqu'un et de publier sa volonté de l'être. On aura alors rempli toutes les conditions nécessaires pour être en droit d'empêcher les autres de s'en emparer. Conclusion assurémentaumoins singulière. Kant a prévu l'objection ; il a tenté d'y répondre. Le droit d'appropriation du sol, ne va, dit-il, que jusqu'où va le pouvoir de le défendre. Mais,, au nom do quel principe Kant limite-t-il ainsi le droit d'acquérir*? Au nom de quelle loi pose-t-il des limites à l'ambition humaine? Il ne le ditpas. Il se contente de constater un fait : — on ne possède que ce qu'on est en état de défendre ; — et d'apporter des exemples à l'appui de ce fait : — on ne possède, par exemple, la mer que jusqu'à une portée de canon ^ — Mais, n'est-ce pas là confondre

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