‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 172 sur 270 · Que penser d'Ameline · texte numérisé non relu

Que penser d'Ameline

Âmeline a mal agi, car elle a été cause que Tenfant ^ été deux fois baptisé. Et il y a moins de mal à ce <|u'un enfant soit baptisé par un hérétique que d'être deux fois baptisé. ...

CAS IX i

Enfant quatre fois baptisé

Honorine, sage-femme, appelée pour un accouche-' ment, et craignant que le fœtus ne périsse avec h* mère, qui est en danger, le baptise avec un instrument dans le sein de sa mère; plus tard, le bras de l'enfant étant sorti, et le péril croissant, elle baptise sur le inembre. Puis, n'étant pas rassurée sur la validité de ces baptêmes, et l'enfant étant agonisant après sa naiis-^. sance, elle le baptise une troisième fois. Enfin le cuiéi arrive, et, doutant de la valeur de ces cérémonies, il. donne une quatrième fois le sacrement, mais sous coii* dition.

CAS X

Baptême des enfants des hérétiques

I. Le prêtre Pontius reçoit, pour le baptiser, un enfant né de parents protestants et Vondoye solennellement avec l'eau lustrale, mais à la condition que le parrain soit catholique, bien qu'il sache parfaitement que las parents élèveront leur fils dans l'hérésie,

IL Une autre fois, deux époux juifs, étant venus dans sa paroisse, y séjournent quelque temps pour leurs affaires, et confient leurs deux enfants à la servante de la maison où ils sont descendus, un fils de sept ans et une fille de trois ans. Un jour, le prêtre apprend de cette servante que la petite fille juive, gravement malade, est en danger de mort, et que son frère, qu'elle avait initié à la religion catholique, a réclamé souvent

le baptême avec instance. Que faire alors ? Le bon prêtre se rend dans la maison indiquée, en l'absence des époux juifs, et baptise secrètement les deux enfants juifs. La petite fille, au bout de quelque temps, se guérit, et les parents, ayant terminé leurs affaires, passent dans un autre pays. Par suite, le prêtre est mement inquiet du sort des jeunes enfants baptisés.

-D. !'•. Les enfants des hérétiques peuvent-ils être baptisés par un catholique, soit avec l'assentiment, soit à ]*insu des parents?

D. 2®. Peut-on baptiser les enfants des infidèles à Tinsu des parents ou malgré eux ? Quid, si la mère y cousent, lorsque le père s* y oppose? ou si le grand-père y consent, et que les parents refusent?

D. 5^. Que faire, si Tusage de la raison est certain dans un enfant, et que faire, s'il est douteux?

D. 4*. Que penser de la conduite du prêtre Faustus ?

R. à la 1" D. Les enfants des hérétiques peuvent être baptisés avec le consentement des parents, parce que, autrement, les parents qui admettent lô baptême dans leur religion feraient baptiser leurs enfants par un ministre hérétique. Mais il n'est pas permis de baptiser les enfants des hérétiques à Tinsu de leurs parents, excepté dans le cas de nécessité, lorsque les parents sont sur , le point de faire donner à leurs enfants un baptême va- ' ' lable dans leur religion, pour qu'on ne soit pas obligé de le baptiser de nouveau.

R, àla^"" D. Il n'est pas permis de baptiser les en- ^ts des infidèles malgré les parents, exceplé dans 'e cas de nécessité, ou à moins que les enfants, jouissant de leur raison, ne réclament eux-mêmes le «aptême. Le motif se tire du danger qu'ils courent, de Perdre leur salut.

Si Vun des parents est favorable au baptême et l'autre hostile, il faut être pour le parent favorable au

baptême et au salut de l'eafant, pourvu que celui-ei soit ensuite élevé dans la vraie religion. Il en serait de même, si, le père étant mort, le grand-père était favorable au baptême, et la mère hostile.

R.à la'5^ D. Si l'usage de la raison est certain dans un enfant infidèle, s'il parait suffisamment instruit, s'il ^ demande le baptême, et qu'il ne coure pas le danger ! de perversion, même malgré les parents. Si l'usage de la raison est douteux et l'enfant âgé de sept ans, on dit communément qu'il faut présumer l'usage de la raison, parce qu'il faut juger d'après ce qui arrive communément. S'il n'a pas atteint sept ans, il y a controverse. Mais, selon saint Liguori, il vaut mieux attendre qu'on soit fixé sur le parfait usage de la raison.

jR. à la 4^Z). l^'Faustus a bien agi en baptisant l'en- ' faut présenté par des parents hérétiques ; car, s'il n'eût été régénéré par lui et si on l'eût porté à un ministre protestant, il n'aurait pas eu l'avantage d'être imbu de la doctrine catholique.

2** Faustus a pu et a dû baptiser la petite fille juive en danger de mort. Si elle en est revenue, il ne faut pas accuser d'imprudence le bon prêtre qui a porté secours à sa pauvre petite âme dans un vrai danger. Et il n'y a pas de raison de l'accuser pour le cas de l'enfant de sept ans, jouissant de sa pleine raison, instruit de la religion, et demandant le sacrement de régénération. Car, si, détourné par ses parents, il est exposé à se pervertir plus tard, on a cependant l'espérance bien fondée qu'avec la grâce du baptême il se souviendra d'un si grand bienfait, et obtiendra le salut éternel.

CAS DE CONSCIENCE SE U CONFIRIATiON

Ils sont sans intérêt aucun.

CAS I

fcilirtanec awcc laquelle oa doit faire la première

eoBséeratloa.

Le prêtre Yitalis, habitant dans un pays où le froment ne pousse pas et n'est pas facile à trouver, se sert, pour le sacrement de l'Eucharistie, d'hosties faites avec de l'épeautre, d'autres fois avec du seigle ou de Torge, et quelquefois avec toutes ces matières mélangées.

D. 1'®. Quelle est la substance avec laquelle on doit faire la première consécration ?

D. 2®. La consécratioiwde Vitalis est-elle valable?

R. àla V^D. La substance avec laquelle on doit consacrer est le pain de froment, c'est-à-dire le pain regardé généralement comme le pain proprement dit.

R. à la 2^ D. La consécration de Vitalis n'est pas va-

lable avec le pain d'orge, parce que ce n'est pas le pain proprement dit. Cette substance, comme douteuse, doit donc être prohibée ici. Il en est de même de Tépeautre ou du gruau. Cependant, dans quelques endroits on donne une espèce de froment sous le nom d'épeautre, et Ton en fait du pain proprement dit.

Le mélange fait par Yitalis est aussi douteux, et même, si la quantité d'orge l'emporte, la substance n'est pas valable.

CAS VIII

Le ministère de l'Eucharistie

Nicaon, prêtre, ayant mal à la main, et ne pouvant se servir de son index pour la communion, prend l'hosrtié et l'offre entre le pouce et le médius.

D, Que penser de Nicaon ?

R. Il n'est pas permis de donner l'Eucharistie avec d*autres doigts que le pouce et l'index.... Et par suite^ Nicaon a, en principe, gravement péché.

CAS XXI

Le saint Viatique

Le prêtre Lucain, apprenant que Romarin, homme de noble famille, est gravement malade, accourt vers lui. Il est écarté d'abord par la famille du malade. Sur ses instances, on le laisse entrer, à la condition qu'il ne parlera ni de la mort, ni des sacrements, pour ne pas frapper le malade. Malgré cela, le prêtre

9'^oirce de disposer le malade, et avec tant de bonheur, qtt^I reçoit aussitôt sa confession. Mais, plus tard, lorsqu'il s'agit de lui administrer le saint Viatique, il trouve son épouse gravement malade aussi ; c'est pourquoi on le congédie comme un visiteur funeste, et il arrive que Romarin meurt la même nuit, sans avoir reçu le Viatique.

D. Y a-t-il obligation de donner et de Tecevoir le saint Viatique?

R. Les deux obligations sont graves par elles-mêmes, selon toutes les autorités, car : V le pasteur des âmes est tenu d'administrer PËucharistie à ses ouailles par devoir, pendant la vie, toutes les fois qu'ils la réclament raisonnablement, et à plus forte raison lorsqu'il y a danger de mort, parce qu'il lui appartient de fournir les choses nécessaires ou très utiles au salut; 2^ les fidèles, d'après les recommandations du Christ et de l'Église, doivent communier souvent dans le cours de leur vie, à plus forte raison ils y sont obligés en danger de mort, afin qu'ils soient fortifiés contre les ennemis spirituels par ce divin secours.

CAS XII

Changement d'application

Titien, curé, a reçu, d'une riche et pieuse femme, une pièce d'or pour offrir, à son intention, le samedi, une messe à l'autel de la Vierge. Mais, le même jour, il doit déjà dire la messe à l'intention d'un défunt. Que fait-il? Il s'adresse à Tiburce, prêtre lié avec lui d'amitié : « Veux tu, lui dit-il, célébrer la messe gratis à mon intention, samedi prochain, et lundi, à mon tour,*je la dirai à la tienne? » Tiburce accepte, et ainsi

notre curé a satisfait à ses deux obligations et a { sa pièce d'or.

D. Que penser de Titien?

R. Titien a agi licitement, suivant l'opinion la probable.

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