XII. Qtiel péché est le sacrilège
c Le péché sacrilège de luxure est celui dans lequel une personne sacrée, un lieu sacré, une chose sacrée, est profané. D'où trois sortes de sacrilèges. )>
Quel besoin de classification 1 Et chaque sorte se divise à son tour.
Pour la personne sacrée, il faut distinguer. « 1<^ Si la personne sacrée pèche luxurieusement ou désire pécher avec une personne non sacrée, ou pèche avec elle-même, se polluendo, tactus, vel aspectus turpes habendo, etc. — 2^ Si une personne non sacrée pèche luxurieusement ave*: une personne sacrée, ou le désire ; 3^ Si une personne sacrée pèche luxurieusement, ou désire pécher, avec une autre personne gaiement sacrée : le sacrilège est double alors. »
Pour le lieu, les distinctions sont plus subtiles encore, et plus éti'anges surtout. Il faut savoir ce qu'est le lieu sacré, et définir les actes coupables. Pour donner un échantillon des difficultés de la question, je citerai cet exemple : « Violatur ecclesia per efftisionem seminis, quae quidem débet esse yoluntaria inse;... proinde ecclesia non polluitur per pollutionem nocturnam, etsi voluntariam in sua causa. Nec, si fiât aliquot solum guttarum effusio... Ëfi'usio non sufficiens ad violationem templi, sufficit tamen ad sacrilegium : » admirable sujet de réflexions et de dissertations !
La question de la chose sacrée n*est pas moins remarquablement traitée. Le disciple y apprendra qu'il sera sacrilège si a rébus sacris vel alios vel seipsum impudice tangit ; si ipsum polluit, dum sacram Ëucharistiam. circumfcrt... ; si sacris vestibus indutus turpia extcrius perpétrât (hae tamen vestes non ideo benedictionem suam amittunt) etc. »,
sua LE VP PRECEPTE OD DÉGALOGUE. 515
Ipsam crede tibi naturim dicere verum : Istud quod digitis, Pontice, perdis, homo est.
Q n*y fait pas moins preuve d'imagination et de haute expérience : « Liceret tamen in fornicationis actu copulam abrampere, ex odio et displicentia peccati, quamvis sitnecessariotuncsemen effundere extra vas *. »
XIV. Quand la pollution est censée volontaire dans sa cause; quand et comment elle est coupable.
Il y a quatre règles pour décider sur- ces graves questions. Dans la quatrième, il est question de la pollution sans vrai péché, parce que « si la cause n*est pas péché par ellemôme, et qu'il y ait une raison légitime de nécessité ou d'utilité de s'y livrer, ou d'y persévérer, la pollution qui s'ensuit n'est pas un péché elle-même, bien que prévue, pourvu qu'elle ne soit pas voulue ».
Aces conditions embrouillées répondent: « le cas desconfes-
\ seurs » qui n'est pas sans danger, comme on voit; celui de
* l'étudiant en matières honteuses » ; il en est de même pour
^ celui qui monte à cheval, qui mange avec modération des
^®ts échauffants, qui regarde ou touche impudique'ment une
5*ire personne pour la soigner ou la laver, qui cause hori-
^ ^tement avec une femme, ou l'embrasse honnêtement sui-
^ .'^//a coutume ». Quels gaillards susceptibles, et prompts
''^/entatiou*!
f^YntëMM^ : 'f.9 masturbatio clitorina; 2» vaginalis; 3* utcrina. » [Mœchia" ^ X'- es, 1874.)
^viciant il ne faudrait pas attribuer à Rousselot le mérite del'in-
^ette intéressante espèce. Deux cents ans avant lui, Diana,
^ Ait, mais succulent livre des Solutions pratiques, avait dit :
^2atur tenelur se retrahere anle spermaticuin, elsi complex
*■. C : inao etsi ex vi prioris commotionis post rctractionem esset
" trzMatïo, p Et il avait montré la raison de main de maître :
nnomento tenetur opus pravum abrumpere. » (P. 385.)
— ^, Je maître, offre encore uneressource que Rousselot ne refuse
e précieuse, car elle peut servir alors même qu'il y a faute
I SX part du patient :
^io cœpit culpa patientis, si in ipso fluxu prœteritœ culpse non tenetur fluxum reprimere quia jam psenitcntia intérêt'zcteritani, nuncautem solùm palitur. » On n'est pus plus C5£ il devient vraiment difficile de pécher en ceilc matière*
XV. /. Si les pollutions nocturnes sont un péché et qiiel. IL S'il est permis de les désirer et de s*en réjouir. IIL Si la distillation est un péche\ et quand.
Il faut bien de la souplesse pour se tirer de telles difficultés; mais que ne peut Thabileté? La réponse définitive à la deuxième question est : (( Licet, detestando poUutionem, gaudere de felici effectu quem ipsa liabuit. »
Mais le professeur parait fort empêché de répondre à la troisième question : « Si fiât prseter intentionem et sine coinmotione spiriluum vitaliumacsensuum carnis, aut cum sensu tantum levissimô, non est peccatum ; si vero fiât cum commotione spirituum vitalium aut voluntario sensu carnali ac vencreo, est peccatum. » Il est difficile de ne pas se déclarer satisfait.
. XYI. Si les menstrues des femmes, la pollution, les acte conjugaux, sont des empêchements à la sainte communion.
La réponse à la troisième question est particiilièremea intéressante; elle donne des conseils aux femmes sur grave question de savoir : « Au maritis debitum redderedebean eo die, vel pridie, quando communicaturse sunt. » Elle tien sagement compte des intentions et des habitudes.
11 est enjoint au confesseur d'expliquer aux femmes ce règles subtiles, et d'exhorier les maris à s'abstenir de Tacte^r par respect pour la sacrée communion.
XVll. Quels péchés sont la bestialité, la sodomie, et mod^= coeundi innaturales.
Définitions savantes ; distinction sagace de « sodomia per — fecta, id est concubitus personarum ejusdem sexus, et impersfecla. ... » Le sodomiste devra donner à son confesseur maint -ss détails longuement énumérés, et entre autres « an agèa.s fucrit an patiens,... quia conditto agentis longe turpior est quam conditio patientis ^ ».
i . Les Casuistes sont d'accord sur ce dernier point, et aussi sur ceci : c Gravius estsodomiam habcre cum fœmina quam cum marc. »
L'abbé Oaisson, auteur d'un de liebus venereh fort estime, et publié à Paris en 1870 dans le but, principalement, de corriger les ouvrages antérieurs sur le même sujet, parce que ces ouvrages « ne sont pas suifisamment débarrassés du rigorisme introduit par les jansiniïtcs,
II ne faut cependant pas être trop curieux : « Qui coïtum habait cum bruto, non tenetur exprimere cujus speciel iilud fuerit, nisi forte adeo turpe sit ac sordidum^ ut in ejus congressu sese prodat libido qucedam singulariter humanitatem dedecens, Nec necesse est declarare an congressus factus fuerit in alvo, an vero in alia parte corporis bruti... )» Quel déyergondage d'imagination monacale, bantée par des rêveries solitaires ^ I
Il y a aussi un article pour le <r coïtus cum daemone, qui, en outre de l'horreur de la bestialité, contient une malice particulière, un péché contre la religion, puisque
et présentent une sévérité qui rend trop difficile la fonction de confesseur t, l'abbé Graisson, dis-jc, fait montre ici de l'imagination la plus raftiuée.
11 se demande s'il y a sodomie, < si vir coierit extra vas, v. g. inter crora, brachia aut alias mulieris partes », et consacre un paragraphe spécial & Ja question de savoir : a An poUutio in ore sit divei*sœ spcciei? Aiffirmant nonnulli, dit-il, vocantes hoc peccatum û^rumationem. Probabilius habet S. Liguori, quod sit pollutio cum inchoala fomicatione si fir .polluatur in orc fœminse; si vero polluatur in ore maris, hoc est sodomia proprie dicta . »
C'est encore à ce grand saint que revient l'honneur d'avoir découvert pourquoi c'est un péché mortel a si vir immittat pndenda in os fœminse ». La raison est que a ob calorem oris, adest proximum periculum poilutionis. » (S. Liguori, t. YI.)
U y a encore des choses intéressantes, par exemple de savoir c si la sodomie entre parents est un inceste. ^ Diana, que nous connaissons déjà, le niait tout à fait : « Quia ad incestum requiritur coiius in vase debito cum mixtione sanguinis. d La dissertation sur ce point est longue et instructive.
Graisson rapporte ensuite les peines édictées par S. Pie Y contre les ^ dercs sodomisles et déclare, comme le faisait jadis Escobar (Y. ci-dessus, p. 131) que pour les encourir, les clercs devront s'en être fréquemment rendus coupables : a celui qui n'a péché qu'une ou deux fois sera excusé > (p. 104) . 11 convient aussi de rechercher si ces peines s'appliquent aux clercs sodomistes patients, à ceux « qui bestialitatem exôcent > ; pour les premiers il y a controverse, mais non pour les derniers, que saint Liguori exempte, parce qu'en matière pénale on ne peut pw procéder par analogie.
1. Il y a cependant une sanction pratique à ces monstruosités, s'il finit en croire Billuart, qui a. non reputat consummatam bestialitatem Biii fiât intra vas bruti, proinde, saltem ut plurimum, consummari nequtt a mulieriOus ! >
518 LA NORâLë des JÉSUITES.
c'est uii commerce avec le plus furieux eauemi de Dieu >. » Hais voici qui dépasse toutes choses : a Reperire est etiam mtdieres et ptiellas quae, cum veneream voluptatem ex mînoris bestiœ lingua lambente ceperint aut poUutionem êint expertes, valde cruciautur, nec illud declarare audeut.... Expedit igitur prudenter... amulieribus et etiam a pueUiSf quserere uirum cum bestia aliquid inhoneste egerint, y. g., bestiam in lectum intromittendo seque ab ea lambente tangi procurançlo ». Et la pratique est favorable : « Ita exonerari conscientias non 8emel experientia docet ! »
Remarquez que ce paragraphe est tout moderne, signé Bousselot. Et maintenant, oyez, pères de famille, oyez ce qu'au fond du confessionnal obscur et redouté, dans la chapelle embaumée et silencieuse, un jeune et vigoureux vicaire pourra
et devra demander à vos filles,.... dès 1 âge de six ans*!
. Enfin, pour tirer Téchelle : « Quseritur ad quam speciem pertineat horrendus cum muliere mortua concubitus I ' •