XVIII. Quel péché est le proxénétisme (lenocinium
XIX. Comment doivent être interrogés les pénitents qui se confessent de quelque péché de luxure consomme.
La tâche n*est pas facile, et les questions scabreuses sont innombrables à poser .
La première est de savoir a utrum ex me tu prolis semen effuderit extra vas...? Ipsa millier inlerrogetur nuni semen, compléta copula, ejicere conata sit? )) Et, ne croyez pas que cette curiosité ne puisse servir aux progrès de la science morale. D. Vernier, théologien expérimenté, a remarqué ce fait curieux que les femmes mariées commettent plus sou-
1. Cette môme insanité des rapports avec le démon, succube ou incube, est encore gravement étudiée en 1870 dans le livre de Craisson, et avec un étrange luxe de détails (p. 100).
2. Il faut pourtant rendre à Rousselot cette justice qu'il passe sous silence la « yodoinia fœminarum », tant étudiée par les anciens jésuites, et si savamment distinguée par eux du ce tribadismus ».
5. Saint Liguori discute très posément la question de savoir si cette
horrible invention doit s'appeler « poUutio, fornicalio, sodomia, aut bes-
lialitas » ; et Billuart tranche la question en déclarant que cela dépend
(( secundum varias conditioncs quic concunibens apprchcndit in cadaveiCr
i de quibus delcctatur. »
vent oe supplément de faute que les simples « fomicarise » ; et notre auteur s*ëtonne assez judicieusement de ce résultat.
c Interrogandus, interrogandus» etc.; Timagination jésuitique met toutes voiles dehors : un mousquetaire s'y pourrait instruire.
Un seul de ces cas est intéressant : « Interrogandus pœnitens an actus sodomiticos eiercuerit, qiiod non raro contingit lihîdini valde deditis. » Les médecins légistes sont unanimement d*un avis opposé, ce qui indique dans la clientèle des confessionnaux et chez les confesseurs eux-mêmes un point de Tue tout spécial.
XX. Comment doit se conduire le confesseur avec un pénitent pollutionis consuetudine misère irretitum.
Pour les enfants impubères, mais qu*il y a lieu de soupçonner et cela, dès Tâge de dix ans pour les garçons, et pour les filles même dès Vk^e de sept ans, car alors déjà on en trouve qui « voluptatem carnalem venereosque motus sibi per tactus, situm corporis, femorum compressionem, tibiarum extensionem procurant /> , il faut agir très prudemment, et par des questions progressives, « en procédant du plus connu au moins connu )). Voici un exemple de ces interrogations prudentes et progressives à adresser aux petites £lle8 : « Utrum honesto situ cubent ; vestes modeste induant vel exuant; utrum seipsos nudos aspiciant, tan-
([antre; utrum ab aliis aspici se et tangi passi sint;
lUrum ex tactu proprio vel aliène motus inhonestos et delectationem magnam experti sint ; utrum (actus ssepius repetiti et diuturni fuerint ; utrum, percepta maxima volu-
ptate, motus a seipsis cessaverint et ipsimet quieverint;
utrum madefacti fuerint. )) Quelle délicate gradation, et quelle discrétion exquise !
Puis viennent les petits garçons, puis les adultes, hommes et femmes, et cela dure pendant quatre pages!