X. Quelles sont les causes de séparation dans le Code civiL
g 2. — Des obligations des époux touchant le
devoir conjugal.
Q. I. Quelle obligation incombe aux époux de demander et ée rendre le devoir conjugal.
Us ne sont pas tenus en principe à le demander, puisqu'ils peuvent y renoncer ; mais en fait (( per accidens )> ils peuvent y être tenus par charité... « l*" Lorsque cela est nécessaire pour écarter le péril d'incontinence ; 2^ quand il convient de réchauffer Tamour mutuel des époux ; 5^ quand l'engendrement est nécessaire à la paix de la famille ou au lien public, connme chez les princes ; 4° quand il est évident que le conjoint le désire, ou souffre d'en être privé, bien que n'osant, par pudeur, le réclamer.
« Si l'un des conjoints réclame sérieusement le devoir conjugal, l'autre est tenu, en justice, de le rendre, à moins d'excuse légitime. Les époux doivent donc prendre garde de se rendre impuissants
« Le conjoint pèche donc gravement qui refuse, même une seule fois, le devoir à son conjoint qui le réclame raisonnablement et sérieusement , et cela, qu'il le demande soit explicitement, soit implicitement, seulement par des caresses et autres signes qui sont connus pour exprimer ce désir, comme cela arrive fréquemment aux femmes qui n'osent le demander autrement. »
Suit une longue dissertation, fort instructive, sur ce que doit ou peut faire le conjoint passif, lorsque l'actif est ivre, ou demi-ivre, fou, ou demi-fou, avec ou sans intervalles lucides, ou malade. L'apprenti confesseur y apprendra, entre autres choses intéressantes, que si le mari seul est fou, la fenune peut lui rendre et lui réclamer le devoir, mais n'y est pas tenue ; que le mal de dents ne peut servir d'excuse
pour refuser le devoir; qu'on peut le refuser pendant le premier bimestre du mariage ; et aussi s'il est réclamé trop souvent, « comme trois ou quatre fois dans la même nuit; » ' que le droit de le^ réclamer se perd par Tadu Itère aussi, etc. Admirables sujets à traiter par le menu, avec une jeune^ femme, au fond d*un confessionnal. Il y en a comme cela cinq pages pleines.
II. Quelles conditions sont exigées pour que l'usage du mariage soit licite, et quelles doivent spécialement être observées relativement à la fin.
Il faut : 1° que les époux ne soient liés par aucun empêchement ; 2^ qu'ils se proposent une fin honnête ; 3* « ut servent modum debitum coëundi tùm quoad substantiam, tùm qnoad situm, locum et tempus. »
m. Quelles conditions sont exigées pour que V usage du mariage soit licite ; et quelles doivent être spécialement observées relativement au mode, à la substance, à la position, au lieu et au temps.
Ici, il faut citer textuellement, et se garder de traduire. Le pauvre jeune séminariste fera bien, suivant la recommandation de Rousselot, de réciter maintes prières à la Vierge!
« l<*Modusdebitus quoad substanliam est, quod servetur vas naturale, et semen in illud immilaturac retineatur; hicqne modns servanilus est sub mortali.
Hinc graviter peccant : 1® conjuges actnm conjugalem in vase non naturali consummantes, vel inchoantes etiam cum intentione eum consummandi in vase naturali. 2* Vir seminationem ante copulani inclioando, vel hac habita se retrahendo, antequam seminaverit; probabilius tamen potest sese post seminationem retrahere, non exspectata seminatione mulieris, quia baîc non est ad generationem necessaria. Quod si inlendens légitime congredi, ante congressum extra vas praBter intentionem seniinet ob senium vel uxoris indispositionem, non peccat, quia hoc ex corruplaî naturae festinatione provenit. 3<* Mulier semen receptnm ejiciens, vel ejicere enitens, vel copulam abrumpens anle viri seminationem, licet ipsa jam seminaverit. Quod si vir post suam seminationem sese le'.ruliat, et mulier nondum seminaverit,
QUESTIONS SUR LE MiRUGE. 533
se autempostmodum, altamcn kiiie mora, ad id excitet ac seminet, a peccalo excusari solet, quia );a?c ejus semiiiatio 4ïense(ar esse ejusdem actus conjugalis coiisummalio.
« S*. iSitus magis naturalis et ordiiiarius est, ut jaceant coqjuges» et vir mulieri incumbat ^
Hinc graviter peccarit coujuges, si stantes rein habeant, irel mulier viro incumbat, aut vir a tergo accédât*, cum periculo, ne simen effundatur, vel a niuliere relincri ne- <que.it (rarum tameii est, quod retineri nequeat), vel ne procuretur abortus, aut grave saltem incommodum fétus in utero lateiitis. Seposito vero onini cjusniodi periculo, peccant venialiter, si id faciant ex voluptate, vel mîijoris prœcisè commoditatis gralia; nullatenus autçm, si ejusmodi situm «xigat nécessitas, vel suadet ratiotiabilis causa, quia, v. g., ordinarium situm non palitur dispositio corpoiis mulieris gravidae*
« 5® Actus conjugalis exerceri débet in loco profano et secrcto
« 4® Tempus aptum est tempus nocturnum... » Avec dis-
i . S. Liguori donne la raison physiologique (physiologie de jésuite) •de ce précepte : a Hic modus est aptîor cffusioni seminis virilis et reccp> 4ioni in vas femineuni. »
2. Craisson est plus varié : « Si coitus tiat scdendo, stando, de latere, 'vcl pncpostcro more pccudum, vel si vir sit succubus et niulicr incuba, innaturalis est » p. 155).
3. Sanchez. Lib. IX, Disp. XVII. Vlrum sit culpa lelhalis^ quolies in actu conjugalis vase nalurali omisso, innalurale usurpatur, aut utriusque conjugis semen data opéra non simiil, vel extra tegitimum 4:ongre88um emittitur : aut ex impotentia supei'venienti^ extra vas ■effunditur.
<N*4. — Quid,8i maritus velit sodomiticè copulam inchoare, non animo oonsummandi, nisi intra vas naturale?
<c Qualis culpa sit, si vir volens légitime uxoricopulari,qno se excitet, vel nugoris voluptatis captandœ gralia inchoet copulam cuin ea sodomilicam, non animo consummandi, nisi intra vas legitimum, nec cum periculo effusionis extra illud
c Tactus hic, instar tactuum membri virilis cum manibus, aut uxoris craribus, rcliquisque partibus potest ad copulam conjugalem referri... esset culpa venialis. ^
Lib. IX, Disp. XVI. An concuhitus conjugalis vîtiosus sit ratione modi, quando variatùr situs, servalo tamen vaselcgitimo.
llodus naturalis is est, si mulier succuba, vir antem incubus sU. QuIbl
sertâtion sur Tétai de grossesse, de lactation, de menstrues, la communion, le jeûne, etc.
Est- ce assez immonde? Et quel mari ne frémira à Tidée d*une interrogation devant révéler à un homme tous ces secrets de la couche nuptiale, que les plus cyniques ne s'avoueraient pas à eux-mêmes?
IV. Comment les époux peuvent encore pécher dam Vacte de mariage. Si demander ou rendre le devoir est licite, quand il y a doute sur la validité du mariage^ etc.
« Graviter peccat, qui actum conjugalem exercet cum affectu fornicario, ad conjugem nempe accedendi, quamvis non esset conjux; vel cum affectu adultérine ad alienam personam, hanc scilicet optando, aut turpiter dilectam sibi repraesentando ; quod si simpliciter ejus pulchritudine delectetur, non est peccatum, periculosa tamen res, et serio dissuadenda. »
La seconde question est longuement traitée en trois pages, pleines de tours et détours au milieu des plus subtils détailsr on sent que dans chaque cas particulier des séries de questions devront être posées au pénitent pour arriver à la solution. H faut distinguer soigneusement entre ia petitio et la redditio du devoir , l'une pouvant être licite quand l'autre est défendue. Il faut s'informer « si actus conjugalis exercendus sit modo qui répugnât illius substantif, vel in circumslantia actum ipsum vitiante, v. g., in !vase indebito, — » ou bien « si i)etens agat ex pravo affectu vel intenlione », ou encore « si vir debitum petat ex affectu adultérine aut fornicario », et si, dans ce cas, il y apéril d'incontinence : car, suivant la réponse de la femme, le confesseur déclare h redditio ohli^^i'
modus hic aptior est effusion! virilis seminis, receptionique in vas fœnaineum, ac retcntioni; et congruentior est rerum naturjB, cum vir agens, fœmina vero sit patiens. Quamobrem omnis deviatio ab hoc modo adversatur aliqualiter nalurse : eoque magis, quo fini huic silus contrarias est. Undè minorest deviatio, cum conjugcs a latere, ant scdendo, standove, conjunguntur : pessima tamen dumpr8eposterc,pecudum more, aut viro succumbente. »
On voit une fois de plus que les jésuites d'aujourd'hui n'ont rie» change aux doctrines, ni au langage, de leurs aînés du xvi* siècle.
toîre on non ; ou encore « si conjux soleat semcn frustrare, T. g., vir sese retrahere ante seminationem , vel uxor semen receptum ejicere » , cas graves, dans lesquels il faut distinguer suivant que ces déplorables actes sont habituels ou non, car la solution est différente. Encore intervient ici la considération des inconvénients de santé, d'incontinence, etc, véritable dédale de rêveries malsaines au milieu desquelles il importe que le jeune confesseur ne perde pas le fil délié qui le conduit et ne s'égare pas à regarder trop longtemps en route. Ou encore « si petatur ex affectu aut fine, vel cum circumstantia aut modo venialiter tantum culpabili, v. g., stando, a .tergo, attamen citra pollutionis periculum, vel ex sola voltiptate ». Ënfm, tout un paragraphe sur les vieillards et leur impuissance douteuse, dont les préceptes sont une merveille d'application de la méthode expérimentale.
V. S'il est licite de demander et de rendre le devoir, quand les époux sont liés par le vœu de chasteté, d'eyitrée en religion, de prise des ordres sacrés, ou de non-mariage : i^ si ce vœu a été émis avant le mariage ; 2° s'il Va été pendant le mariage, mais sans V assentiment du conjoint ; 3® s'il Va été avec cet assentiment.
Encore et partout, dans les cinq pages du long développement de ces questions, cet amour des détails périlleux, des distinctions savantes et subtiles, qui devront rendre bien souvent nécessaire l'invocation protectrice à la vierge Deipara.
VI. 1® Ce qu'on doit dire des attouchements obscènes, des regards, des baisers entre époux, 2° An peccet conjugatus, qui inàbsentia compartis seipsum impudice tangit, vel delectatur de copula habita vel habenda ; 5° An peccent soluti, ipsique adeo sponsi, qui de copula post initum matrimonium habenda, vel vidui^ qui de copula tempore matrimonii habita deleciantur.
Nous retrouvons ici les descriptions immondes de la question III ; et la gravité en est ici augmentée par ce fidt qu'il n'y a pas seulement description d'actes obscènes, mais appréciation de l'intention de ceux qui les commettent.
« Si talia fiant cum proximo pollutionis periculo sive utrique, sive alterutri conjugura imminenli, semçev %\vxv\. \xiQt-
que nous venons de citer. Voyons comment le professeur d^ Grenoble, qui écrit en 1844, se sera efforcé de réfréner ]e& ardeurs du zèle questionneur, que toutes les immondices précédentes auront allumé dans les cœurs des « néo-confes — seurs et disciples ». Aussi bien, avec quelque prudence oc» peut, sinon empêcher le mal, du moins dégager iSa respoa— sabilité professorale. Voyons donc :