‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 230 sur 270 · POINT. — ENVERS LES ÉPOUX · texte numérisé non relu

POINT. — ENVERS LES ÉPOUX

Q I. Comment doit se conduire le confesseur : !• général; 2*" spécialement avec ceux qui se souillent^ dis

crime d'onanisme.

Voilà déjà qui promet. Le confesseur devra d'abord apprendre à fond, « percalleat », les obligations des époux cidessus exposées, et les fera sérieusement pénétrer dans l'esprit, (( saepius inculcet », de ses pénitents. 11 les interrogera sur leurs violations en matière grave, mais avec prudence et réserve, « caute et caste ».

Mais quittons ces formules générales, et voyons le cas particulier, pris comme modèle, des questions à adresser aux époux soupçonnés de commettre le crime d* « Onan, le plus exécrable, et dont se souillent très fréquemment les époux , surtout les plus jeunes, non seulement dans Jes villes , mais aux champs ».

Le confesseur mettra tous ses soins à découvrir Texistence de ce vice. Mais de peur de l'enseigner à ceux qu'il veut confesser, il demandera avec adresse, « caute», au pénitent: « s'il n'a aucun remords relativement à l'acte conjugal, s'il craint d'avoir beaucoup d*enfants, s'il se pollue en dehors de l'acte, etc. ». « Il faudra interroger sur ces points les femmes, qui sont très souvent causes du vice onanique, dont se souillent leurs maris, et les avertir sérieusement, etc. »

Voilà, je pense, qui est adroit, et délicat, et j'espère que ce seul exemple va rassurer nos lecteurs sur la manière dont les jeunes prêtres peuvent faire passer et rendre innocentes dans la pratique ces matières de spéculation périlleuse.

IL Ce que doit faire le confesseur à V égard de la femme dont le mari est onaniste.

« Il reste une grande difficulté ; si la femme sait avec cer- . titude que son mari, dédaigneux de ses prières, copulam ahrupturum esse, ut semen extra vas fundat, peut-elle en conscience sûre lui rendre le devoir? »

Il y a là-dessus quatre solutions, et tous les casuistes sont entra en ligne. C*est que ce point a toujours tenu à cœur dux jésuites. Le crime d*Onan, défini comme il vient d*être dit, est en effet extrêmement fréquent. L'aveu obtenu le confesseur a désormais main mise sur la femme; il eh devient le maître absolu ; mais cela ne lui suffit pas^ il veut l*étre du mari, il veut l'avoir, lui aussi, dans sa main, et le tenir par le lien même du mariage, dont il autorisera ^^ prohibera le nœud.

Aujourd'hui, du reste, la question semble tranchée. La Sacrée Pénitencerie romaine, inteiTogée par les professeurs ^^ séminaire de Besançon, que tourmentait cet intéressant l^^blème, a répondu. Et il est fort curieux de voir quelle ^'ution elle a consacrée.

y f^s solutions extrêmes désarmaient le confesseur, tantôt par ^ ^r indulgence complète,. tantôt par leur sévérité excessive. ^ "tee adopte une réponse intermédiaire, qui pourra servir j Xr tojis les cas, et permettra l'indulgence lorsqu'il n'y aura ^ â. gagner à la sévérité ; « la femme ne peut ni demander, ^j^^M:^e le devoir, à moins d'une raison grave, qui l'excuse opération négative et matérielle dans le péché de son ^Suant aux raisons graves, il n'y a que l'embarras du ^3 fût-ce que la crainte de voir le mari « blasphémer s^^ligion, injurier les confesseurs et les prêtres, etc. a ^-£^18 avertissements et renseignements le confesseur Cre donner aux époux,

"ouve à signaler d'intéressant sur ce chapitre que

/e générale du moraliste : « Il y a lieu de s'éton-

'Acité des enfants même d'un âge tendre, en ma-

tl f s ! Cœurs purs et âmes candides, nous le saresde famille! Qui leur excite et leur [ervertit

rimaginatîon, sinon ces livres idiots ou obscènes où il n*est question que de saintes vouant au Seigneur leur virginité dès Tâge de six ans, résistant au mariage afin de conserver leur chasteté, se faisant enfermer dans des lupanars, et en soi" tant plus vierges que jamais; sinon ces livres où on les invite à méditer, en les aidant par des descriptions coloi^es, surla circoncision, rincarnatioa, la conception immaculée, la situation de Jésus dans ie sein de sa mère ; sinon ces cantiques aui mystiques éjnculations ^ que toute mère de famille jetterait avec horreur, si quelque plaisant y subtituait .Arthur à Jésus?

1. Je prendrai comme unique exemple la prétendue prière suivante, qai termine un volume dû à l'un des écrivains religieux actuels les plus en vogue, au confident de t^aint Joseph, le R.-P. Huguet : a Les perles de s.iint François de Sales. » Lyon-Paris, 18G5 (F. Girard éd.). Elle est ialitulée Vive Jésus! et n'occupe pas moins de 1 1 pages.

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