‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 240 sur 270 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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mages-intérêts sur les biens du particulier qui le poursuit, et de l'amende sur les biens du fisc. £t il répond affirmativement, sans hésitation ^

C'est cGmme cela ! Il suffit, messieurs, de trouver une sentence inique. (Rires à gauche.)

Une voix à droite, — Ce n'est pas sérieux.

M. Paul Bert. — Ces messieurs ne trouvent pas cela sérieux.

Je vais continuer à vous faire rire, car voici Fhistoire d'un nommé Pomponius qui, pour se venger, a essayé de tuer d'un coup de fusil la chèvre d'un certain Maurus ; il a manqué la chèvre, mais il a tué du coup la vache de Marinus, couchée près de là. On demande k quoi il est obligé ? et Gury répond : « à rien * ! » (Hilarité).

Et en effet, il n'est pas tenu à cause de la chèvre qu'il visait, puisqu'il l'a manquée, et il n'est pas tenu envers le propriétaii*e de la vache qu'il a tuée, parce qu'il ne la visait pas. (Applaudissements et rires bruyants à gauche et au centre.)

1. Il y a ici une erreur que, dans une des séances subséquentes, M. Granier de Gassagnac (père) m'a reprochée fort courtoisement du reste. Seulement , je penche à croire qu'au moment où il parlait, mon honorable collègue n'avait pas plus que moi sous les yeux Je texte de Gury, car sans cela il ne m'aurait pas dit que j'avais pris la thèsc pour la solution; non, au moment où je l'interrompais en relisant ma citation et en lui disant : {c II y a deux Tityres, » il m'eût répondu : a II y a deux Tityres, en effet, constituant deux cas différents, et vous avez attribué au premier Tityre la solution que le casuiste attribue au second, d Car telle est bien la faute qu'une erreur de copiste m'a fait commettre. Le lecteur pourra s'en rendre compte aisément en se reportant dans le présent volume au texte même du cas (Voir ci-dessus p. 58).

Je le répète, le copiste m'a fait attribuer à Tityre I, condamné par Gury, l'absolution qu'il accorde à Tityre II. Et maintenantque le lecteur, se reportant au texte, apprécie la manière de faire de Tityrell. Je demande à un juriste quelconque ce qu'il pense de cette autorisation de se compenser ^ c'est-à-dire de voler adroitement et en secret, accordée à un homme qui a été injustement, — je veux bien l'accepter, quoique la chose soit douteuse et dépende des circonstances, — condamné. Je demande à un magistrat quelconque ce qu'il ferait si on lui amenait cet homme pris en flagrant délit de compensation sur le bien du prochain ou sur la caisse du fisc. Je demande enfin à tout homme qui réfléchit ce qu'il pense /d'une situation ou le pauvre Tityre, de nouveau tiaîné devant le tribunal, s'écrierait: «Pourquoi me condamnez-vous et m'appelez-vous voleur? Mon confesseur, un bon Jésuite, m'a dit que je pouvais agir ainsi en toute sûreté de conscience. »

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