CHAPITRE
Des péchés internes
1 67. — n y en a trois classes :
1* Le plaisir funeste (delectatio morosa), lorqu'on se ?^*ïlplaît librement dans le mal représenté par l'imagina- '^Xî, sans le désirer ;
2« La joie, lorsqu'on prend plaisir, de propos délibéré, à P^tlser au mal accompli ;
& .Le désir y ou acte de la volonté en vue d'obtenir et par
suite d'accomplir une chose mauvaise. Il est dit efficace s*il y a Tintention ou le dessein absolu de l'obtenir ; inefficace, s'il n'y a qu'une velléité ou un consentement conditionnel; par exemple, si l'on dit : Je volerais bien si je le pouvais; je forniquerais bien avec cette femme, si je ne craignais pas le déshonneur.
170. — D. Le plaisir funeste reçoit-t-il une malice particulière des circonstances du péché en vue, comme le désir et la joie*?
R. Controverse....
171. — D. Petit-on désirer le mal à condition qu'il soit permis? .
R. Controverse....
172. — jD. Peut-on se réjouir de l'omission involontaire de quelque précepte oublié ?
R. Controverse....
173. — La doctrine de saint Thomas, disant qu'il n'y a pas de péché si une pollution nocturne nous plaît comme étant un soulagement naturel, ne peut se comprendre du plaisir inhérent à la pollution, qui, en tant que honteux, est coupable en soi objectivement; c'est l'explication du saint docteur. Saint Liguori ne veut même pas qu'on le comprenne ainsi pour la pollution résultant du toucher ou d'un songe obscène, parce que, de cette manière, elle est coupable objectivement. Il en est autrement s'il s'agit d'une pollution purement naturelle, lorsque la nature se soulage. D'ailleurs, en pratique, il faut éviter de s'y complaire, toute honnête qu'elle soit en principe, à cause du danger qui en résulte.
* C'est ici que doit sans doute se placer l'ingénieuse espèce imaginée par saint Liguori et reprise par Moullet : « Si quelqu'un se délecte à la pensée de rapports coupables avec une femme mariée, non pas parce qu'elle est mariée mais parce qu'elle est belle, en faisant abstraction de la circonslance du mariage, cette délectation n'a pas la malice de l'adultère, mais delà simple fornication » (Compendium,i. I, p. 126, 1834).