CHAPITRE ni
De la Charité
217. — C'est une vertu par laquelle nous chérissons Dieu comme le souverain bien, à cause de lui-même, et le prochain à cause de Dieu.
ART. 1. — DE l'aHOUA DE DIEU
ART. IL — DE l'amour du prochain § 1 . Dtt précepte de V amour du prochain en sou 223. — D, Est-il contraire à la charité de souhaiter
m mal temporel à son prochain , ou de s'en réjouir, pour une bonne fin ?
R. 1® Non, si Ton ne viole pas Tordre voulu par la charité, c'est-à-dire si on le fait en vue d'un bien plus grand, ou d'un mal moins grand. Cela est donc permis : 1° pour le bien spirituel de son prochain ; 2° pour le bien commun, spirituel ou temporel ; 5® pour le bien d'un grand nombre et d'une bien plus grande importance, comme celui de la famille, de la communauté.
R, 2° Oui , quand on viole l'ordre voulu par la charité. Ainsi une épouse ne peut désirer la mort de son mari parce qu'elle est maltraitée par lui.
224. — On doit, en principe, donner à ses ennemis les mêmes signes d'aflectiou qu'aux personnes de même situation; car les leur refuser serait un acte de vengeance et une manifestation de haine, ce qui est contraire à la charité.
225. — D. Peut-on désirer un châtiment public pour son ennemi, et même le demander ?
B. Oui, en principe, pourvu que tout sentiment de vengeance soit écarté ; mais la pratique est dangereuse.
D. L'offenseur doit-il demander pardon de l'offense?
B. Oui, en principe, s'il n'y a pas un autre moyen de réconciliation. Excepté le cas où l'offenseur serait de beaucoup supérieur à l'offensé ou si Toffensé était censé prudemoient pardonner l'offense.