Il ne faut pas aussitôt accuser d'un péché
surtout d'un péché grave, les pénitents qui s'accusent de ^aine. Car ils confondent souvent Vappellaiion propre d'ini- ^^itié avec la haine d'abomination, ou de qualité, ou de défcmt; ou bien encore, ils n'éprouvent qu'une aversion na- ^virelle et invincible. Cependant il faut prendre garde que ** abomination de qualité ou de caractère ne dégénère peu ^ peu en haine pour la personne.
82 LA l^ORALE DES JÉSUITES.
§2. — Des œuvres de miséricorde : de V aumône et de la
correction fraternelle.
De la correction fraternelle, — C'est Tadmonition par laquelle, en vertu de la charité, on s'efforce d'éloigner un autre du péché
231. — D. Le précepte de la correction fraternelle obliget-il sous peine grave?
fi. Oui, en principe.
232. — D. Quel ordre doit-on garder dans la correction fraternelle?
fi. 1° Reprendre en secret; 2® devant témoins, si la première admonition ne suffît pas ; 3^ rapporter la chose au supérieur... Quelquefois on peut et on doit changer cet ordre...'
233. — Dans les communautés régulières, dans les collèges, les séminaires, etc., le plus souvent il convient que la correction se fasse par voie de dénonciation, soit directement, soit par un intermédiaire *. On ne peut absoudre les camarades et condisciples qui ne consentent pas à faire cette dénonciation, quand il s'agit d'un grave dommage pour la communauté.
1. « Lorsque le péché du prochain est secret, il faut avertir le coupable en secret ; s'il se montre indocile, il fadt le reprendre en présence d'une ou de deux personnes prudentes; s'il persévère dans le mal, il faut en avertir son supérieur. Mais il peut arriver qu'il faille intervertir cetordre et dénoncer immédiatement le coupable au supérieur » (Marotte).
C'est la théorie de l'espionnage entre camarades, qui est la règle dans* les maisons des jésuites, et contribue tellement à rabaissement des caractères; on sait comment^ dans nos lycées, sont traités les rapporteurs.
Les journaux signalaient récemment à l'indignation publique un. article du règlement de l'École militaire de Saint-Cyr, qui est évidemment dicte par l'esprit jésuitique :
« Il est du devoir des élèves de première division de signaler^ à Vauiorité tout élève de deuxième division dont la tenue, les faits et gestes à l'extérieur pourraient compromettre la bonne réputation de. l'école, dont tous sont solidaires. i>
g 5. Des vices opposés à la charité pour le prochain.
Les principaux sont : la haine, Tenvie, les querelles, le scandale, et la coopération aux péchés d' autrui.