OU SPIRITISME
282. — C*est une superstition nouvelle, la pire de toutes, sortie de Tenfer pour la perte des âmes
Il est clair que c'est une consultation diabolique et une divination proprement dite, sévèrement défendue par TÉglise. Ceux qui consultent les esprits, ou spirites, pour répandre plus fadlement leur erreur pestilentielle, ont formé une secte, qui * de jour en jour s*accroit dans les grandes villes.
ART. II. — DE l'irréligion.
L'irréligion est un manque particulier de respect qui s'adresse à Dieu soit immédiatement, soit médiatement par les personnes et les choses sacrées. Les principales espèces sont : la tentation au sujet de Dieu, le sacrilège, la simonie et le parjure.
g i . Delà tentation au svjet de Dieu,
285. — C'est une parole ou un acte par lequel on cherche si Dieu est puissant, sage, miséricordieux ou doué de quelque autre qualité.
§ 2. Du sacrilège.
284. — C'est une violation faite ou un traitement indigne infligé à une chose sacrée. Elle est : i'^ personnelle, 2» locale, 3« réelle.
285. — Le sacrilège personnel est commis : 1° en portant des mains violentes sur un clerc ou un rdigieux ; 2^^ en violentant luxurieusement des personnes vouées à Dieu , même
avec de simples attouchements ; 3^ en soumettant des ^eodésiastiques au jugement d'un tribunal^
§5. De la simonie.
288. — La simonie, appelée ainsi du mage Simon, est la volonté qui cherche à vendre ou à acheter un bien spirituel moyennant Un prix temporel. On Tappelle volonté qui cherche ou volonté délibérée.
Le droit canon reconnait trois sortes de prix temporeb : don de la main..,,, don de la langue (louanges, etc.).... don d' obséquiosité • .
On distingue la simonie en mentale...., convention-^, nelle...., réelle • .
On distinguera simonie de droit divin (indulgences, sacrements) et celle de droit ecclésiastique (bénéfices)
289. La simonie est un péché très grave'; en droit divin et naturel, elle ne peut comprendre matière légère.... Éa droit ecclésiastique, "elle le peut. . -.
^^ 1. Saint Liguori a imaginé une espèce fort ingénieuse^ qui lui donne db sacrilège double : < Si un prêtre, en administrant les sacrements, ou en disant la messe, ou revêtu des ornements sacrés, ou quittant l'autel, se pollue volontairement ou se délecte dans les plaisirs vénériens, il commet un sacrilège » (1. 3, n. 303).
Avec un peu d'imagination, on pouri'ait inventer un sacrilège triple» C'est un joli problème que je livre à qui de droit.
2. 11 ne faut pas beaucoup s'effaroucher de cet étalage de principes sévères. Déjà les exceptions indiquées par Gury montrent qu'il est avôe le ciel des accommodements. Les anciens jésuites, tout en proclamant 1» même horreur théorique, s'exprimaient epcore plus clairement ;
Emmanuel Sa. «. Ce n'est pas une simonie de donner qoelqûechose à un homme pour gagner son amitié au moyen de laquelle on obtient un bénéfice. Ni de donner un bénéfice, secondairement et non
principalement, /7our tin bien personnel Ni avec la condition conve*
nue, que le pourvu le résignera, quand il en aura un meilleur. Ni avec ' cette autre condition, qu'il remettra une dette qui, dans le droit,n'est point valide. Ni avec l'intention même expresse, mais sans pacte néanmoins, . -^ qu'il le donnera ensuite à un autre. » (p. 148) ^
Tolet: « Celui qui promet de l'argent ^pour avoir un bénéfice, maâ ^ qui ne fait qu'une promesse feinte et avec la résolution de ne la pas -^
messe à un laïque pour enjeu, tandis que son compagnon expose un enjeu matériel ?
R. Non, en principe; parce que de cette manière une chose
spirituelle n'est pas mise en balance avec une chose
temporelle; c'est comme lorsque l'on dit une messe pour un
certain prix ; mais on ne fait qu'offrir un payement spirituel
"au lieu d'un payement temporel
D. Y y at-il simonie lorsqu'un prêtre fait payer une messe au-dessus de la taxe habituelle, ou fixée par l'évêque ?
R, Non, dans le for intérieur et devant Dieu, à moins qu'il n'ait une pensée simoniaque ; car puisqu'il a le droit • d'exiger une rémunération, il n'y a pas là d'échange d'une chose spirituelle pour une chose temporelle.
295. — On n'est pas coupable de simonie, lorsque, par reconnaissance, on donne un bien temporel pour un bi^ spirituel qu'on a reçu,^et vice versd. Ainsi, il n'y aurait pap de péché de la part d'un chapelain qui se mettrait voloof tairement au service d'un évêque dont il a reçu un bénéfice ni de la part d'un évêque qui conférerait un bénéfice à.ua ecclésiastique en reconnaissance des services qu'il en a reçus ; parce que ces choses ne sont pas regardées comme un prix. En outre, il est honorable et louable de se montrer reconnaissant pour un service qu'on a reçu
D. Faut-il restituer un prix simoniaque qu'on a reçu poui une diose spirituelle ?
R. S'il n'y a eu que le crime de simonie, et si la justice n'a pas été violée, il n'y a aucune obligation de restituer avant le jugement qui vous y condamne ; à moins que le prix ne dépasse l'estimation du bien temporel qu'on donne à un autre en échange d'un bien spirituel. . . .
, CAS IX
Sur la divflnatioii
Lazare a entendu dire qu'un anneau ou une pierre suspendue à un fil qui est tenu entre le pouce et Tindex, de manière à frapper un verre, indique Theure. Poussé par une grande curiosité, il allait faire l'expérience, lorsqu'il entend dire que ce n'est pas permis, comme eotaché de superstition. Il demande l'avis de son confesseur.
D. Peut- il faire rexpérience? Est-ce pratique superstitieuse?
R. Lazare ne peut faire l'expérience, parce que évidemment c'est une pratique superstitieuse. Car il n'y a pas de cause naturelle pour indiquer l'heure, puisque cette indication ne peut provenir ni du battement du pouls, ni de l'imagination, ni de l'attraction des astres.
CAS X
niagie et maléfice
Sabellus, fiancé à Sigolena, est sur le point de l*épouser. Mais Dafrosa, belle-mère de Sigolena, et femme de mauvaise vie, vient à l'apprendre et fait tout
son possible pour s'y opposer, mais en vain. Alors dans sa colère, elle dit à Sigolena : « Que ce mépris de mes, , conseils te porte malheur ! » Apres le mariage, Sabellus conçoit une telle aversion pour son épouse, qu'il ne peut plus la voir sans être saisi d'horreur. Sigolena, soupçonnant Dafrosa d'avoir employé un maléfice, se plaint à celle-ci de l'aversion de son mari et lui demande si elle connaît un remède : ce Oui, répond Dafrosa, ^ mais je ne te l'indiquerai pas avant que tu m^aies [ donné cent écus. »
D. Peut- on raisonnablement conjecturer qu'il y ait dans ce cas intervention de la magie ou d'un maléfice ?
R. Oui, car cela paraît résulter de toutes les circonstances. Assurément, une aversion naturelle peut naître entre les époux, comme on en voit beaucoup d'exemples. Mais elle ne se produit pas sans une cause connue, avec autant de rapidité et de violence. Ajoutez à cela les menaces de Dafrosa, femme de mauvaise vie, et le remède qu'elle dit avoir à sa disposition, si on lui donne de l'argent. D'après l'Écriture, nous voyons qu'il y a eu des mages, des devins et des sorciers ; cela est établi aussi par différents passages du droit canonique, avec des preuves abondantes. Aussi il faut ajouter foi aux faits diaboliques de cette nature en général et en particulier, lorsqu'il y a des indices indubitables. Dans' tous les temps anciens, il y a eu des hommes pervers qui ont fait un pacte affreux avec le diable pour se venger des autres, par son aide, d'une manière étrange et effroyable. Pourquoi, à notre époque si corrompue^ n'y aurait-il pas des mages et des sorciers? Mais il fautéviter de croire trop facilement aux divers sortilèges qu'on raconte : car la plupart sont des inventions, et lé' peuple, trop crédule, attribue souvent aux sortilèges les|
calamités et les pestes qui résultent des causes naturelles.
CAS XII
Tables tournantes
Camille, mère de famille, poussée par une curiosité féminine, a souvent assisté de bon gré à des réunions dans lesquelles les assistants, formant une chaîne circulaire au moyen d*un léger contact de Textrémité des doigts, font tourner des tables, les arrêtent à leur volonté, les font marcher, reculer, répoudre par des signes de convention, et môme, ô stupéfaction ! leur font écrire, avec un crayon fixée à l'un des pieds, toutes les réponses qu'on leur demande
D. Que doit-on penser de ces pratiques ?
R. Assurément, il faut attribuer à l'intervention du diable tout ce qui se fait sous forme de di>ination, tout ce qui sent la divination, toutes ces demandes faites a des tables sur des choses secrètes ou futures, et les réponses qu'on en obtient par des signes ou des caractères. Car, en réalité, pourquoi interroger une table de bois ou de marbre, et en attendre des réponses ? Vous n'êtes pas assez fou pour cela. C'est donc que vous interrogez un être intelligent ou quelque esprit qui puisse faire remuer une table inerte ; or cet être ne peut être bon. Qui oserait affirmer que c'est Dieu ou un ange envoyé par lui qui intervient dans ces jeux puérils des hommes, et obéittoujours avec zèle à leur vaine curiosité et à leur zèle impie ! Ce serait un blasphème horrible. Et ce n'est pas non plus des âmes, qui subissent leur peine dans le purgatoire, qu'il faut attendre la connaissance des choses secrètes, car elles ne peuvent le faire que selon le bon plaisir de Dieu. Donc c'est le diable lui-même qu'on invoque imçUcîte-
Pendant tout le service divin, il a attaché sur elle des regards impudiques, s'est nourri secrètement de pensées dépravées, et n'a cessé de se toucher et polluer. L'office terminé, il a invité la jeune fille, par signe, à se livrer à lui (copulam habendam) dans un autre lieu.
D. 1". A-t-il commis un ou des sacrilèges? D 2« L'église a-t-elle été souillée?
R. à la 1" D. Il n'a pas commis de sacrilège par ses pensées obscènes,., ni par ses regards impudiques... ni par ses signes à sa fiancée.
Mais fl a été sacrilège par sa pollution, même secrète, et cela autant de ibis qu'elle a eu lieu ... et aussi, du moins probablement, à cause de ses attouchements obscènes sur lui-même.
R. à la 2® D. L'église n'a pas été souillée par la pollution de Renatus, bien qu'il ait accompli un sacrilège, parce que cette pollution a été secrète.
Ml
Tu ne prendras pas le nom du Seigneur Dieu en Tain, Ex. xx, 7.