‹ La morale des jésuites. Avec une dédicace à m. FreppelChapitre 98 sur 270 · Du receleur · texte numérisé non relu

Du receleur

1. Trachala : a Vous me demandez si vous .êtes obligé à restitution dans le cas où quelqu'un étant disposé à faire un vol, tous l'auriez encouragé par vos conseils ou vos exhortations, à commettre ce crime avec plus de promptitude et de facilite.

« Je réponds négativement avec probabilité.

t Mais que répondre, si vous eussiez été seulement cause matérielle du dommage ? Par exemple, si vous eussiez tenu l'échelle au voleur pour . faire son vol, quoiqu'il eût mpnté cette échelle, quand même personne ne l'eut tenue. Je réponds que vous n'êtes tenu à rien. C'est aussi le' sentiment de Laymann 9 (p. 391).

TRAITÉ DE LA JUSTICE ET DU DROIT. iW>

§ 6. — De celui qui participe.

Il y en a de deux sortes : Tun participe au butin, l'autre à Taction coupable qui le procure.

686. — Le premier doit restituer ce qu'il a reçu et ce qu'il détient.

Le deuxième, qui concourt avec d'autres, d'une manière médiate ou immédiate, à faire le mal, doit restituer en général, loutes les fois que sa coopération a eu une influence réelle sur la substance du préjudice

687. — D. En matière de justice, permet-on, et à quel moment, une coopération immédiate au préjudice ?

B. , . Pour les biens de fortune, on admet trois cas dans, lesquels, .par suite d'une crainte grave, la coopération est. permise, parce que le propriétaire n'est pas censé s'opposâr raisonnablemeot : 1*^ si le coopérant peut et veut réparer le préjudice; 2* si le préjudice grave eût été causé Pareillement par l'auteur principal, sans cette coopération ; 5?.si la perle est légère pour le propriétaire qui, par charité, doit la supporter de bon cœur. ...;...

s 7. — De ceux qui se taisent, ne s'opposent pas, ne dévoilent paSj ou des coopérateurs négatifs.

692. — D. Un supérieur doit-il réparer le tort fait par es inférieurs ?

/{. 1*. Dans le for extérieur, oui, d'après le Droit romain

t d'après le Droit français

2°. Dans le for intérieur, 1® oui, si le silence du supé-

^ieur équivaut à un conseil tacite ; 2° non, s'il n'y a pas de

^ute Ibéologique ; 3^ non, selon l'opinion probable, bien

^u il ait gravement péché en n'empêchant pas le tort,

si son silence n'a eu aucune influence, surtout lorsqu'il

s'agit du tort fait à d'autres qu'à ses inférieurs

693. — D. Doit-on restituer si on reçoit de l'argent d'un voleur pour se taire, lorsque le devoir n'oblige cas d^ ç.t\ftY\'

A.Non, selon l'opinion plus probable, du moins en principe, parce qu'on peut se taire sans injustice si un Yoleur vous en prie, puisque la justice n'oblige pas à crier. De même si l'on vous donne ou promet des présents pour vous taire.

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