‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 11 sur 344 · Voyez, en outre, Rousselot, pages · texte numérisé non relu

Voyez, en outre, Rousselot, pages

2. Etonnez-vous apres cela que ceux qui s'impregnet de cette morale arrivent aux plus monstrueux resultats. J'ai etabli dans mon Rapport sur la proposition de loi de M. Barodet (Instruction primaire), que dans ces deux dernieres annees, nos tribunaux, peu suspects cependant, ont condanme pour crimes et delits d'attentats aux niceurs, envii'on quatre fois plus (proportion gai'dee) d'instituteurs congregaautes que laiques.

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cerveau du jesuite, qu'il se laisse dominer par elles en maints sujets ou elles semblent n'avoir absolument que faire. S'agit-il de 1'ignorance invincible, il prend comme exemple les enfants qui egerunt de se illicita (p. 6) ; de la volonte indirecte, c'est Lubain et ses tentations charnelles (p. 15) ; d'un effet de la violence, c'est Suzanne (p. 7), ou Bertine et son maitre (p. 17) ; de la conscience erronee, c'est Ferdinand, George, Gustave, enfant de dix ans, et ses tactus turpes sur sa cousine germaine (p. 58), etc., etc. (Voir surtout les Gas sur la confession.) S'agit-il de la theorie generale du peche par intention, le seul exemple qui lui vienne a 1'esprit, c'est que en confession, lorsqu'on s'accuse du desir de fornication, il faut declarer les circonstances de parente, d'affinite, de mariage dechastete, qui sont relatives a la personne desiree , (Comp. t. I, n167). Puis, avec quelle richesse d'invention il detaille les cas reserves (p. 585 et suiv.), et les empechements au mariage (p. 465 et suiv.), avec 1'immonde roman de Ludimille (p. 464), et des cas par centaines, qui sautent aux yeux dans toutes les regions du livre. Et de quelle fagon bassement lubrique il envisage toujours la question du mariage ; devoir conjugal, consommation du mariage, reddition et petition du devoir, il ne pense qu'a cela. Et quelles solutions habiles, faites pour avoir toute maitrise sur ,Ia femme, partant sur le mari.

Mais le fait le plus interessant qui sedegage de cette pariie de notre etude, c'est ie mepris profond que le

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^.esu.te a pour la femme. Dans la pratique quotidienns de la vie, il n'est sortes de caresses mystiques, d'ondulations calines de la voix et du geste qu'il n'invente pour la seduire. Ici ce sont les assemblies mysterieuses et nocturnes, ou Ton va, yeux baisses sous le voile et rasant les murs, avec soupirs, predications, musique, encens, enivrement des sens infericurs, au fond des chapelles obscures et sonores ou le pas se fait furtif, ou le lustre, haut place, hypnotise. Ailleurs, les societes de propagande ou de bienfaisancfc, confreries ou le jesuite sait mettre en oeuvre depuis les cotes les plus elroits de la vanitc, du desir de jouer un role, mal satisfait par la societe actuelle, jusqu'aux plus nobles elans de la bonte, de la generosite feminines Partout, ce sont manifestations de respect, de reconnaissance, d'amour : ils ont mis la femrae sur 1'autel, et ont exempte la Mere de Dieu non seulement de tout peche, mais de la tache originelle elle-meme. La Mariolatrie domine le Christianisme, et cela d'apres les fils d(? Y.nyoVn

Fort bien, vona pour ie moncfe, pour re denors, pour la politique, pour la domination, car le maitre de la femme est le maitre de l'homme. Mais ecoutez comme ils en parlent lorsqu'ils sont entre eux, loin Aes mystiques oreilles des zelatrices et des porte-bannieres. Ils prenuent a leur compte les brutales paroles de 1'Ecclesiaste : Du vetement vient la teigne, de la femme le mal cie I'liomme (p. 531) . Gravez-vous dans 1'esprit cette verite, dit Gury : Mieux vaut la

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mechancele de i'homme que le bientait d'une femme (p. 419). Dans toutes leurs dissertations, leur profond mepris pour la fille d'Eve, la premiere eorruptrice, se manifesto, souvent sous la forme la plus grossiere. J'en pourrais citer cent exemples que le lecteur rencontrera en route ; qu'il me pardonne d'en rapporter un, bien curieux a piusieurs points de vue. Le casuiste se demande s'il faut baptiser les enfants nes du commerce d'une bete eld'un etre humain : Oui, repond-il, s'il s'agit du produit d'un homme et d'une bete-; non, s'il s'agit de celui d'une femme . et d'une bete, car dans le premier cas seulement il peut etre repute un descendant d'Adam ! (p. 546).

Ainsi la femme n'est, aux yeux du jesuite, qu'une, sorte de terrain ou peut germer la plante humaioe ; elle n'appartienl a 1'espece de I'homme que par cetfo; receptivite nourrieiere. Aussi ne demandez pas au casuiste de comprendre quoi que ce soit aux nobles si^tilments qui sont 1'honneur de rhumanite. II ne sail ce qu'e'st 1'amour, il ne connait que la fornication. 11 souille de ses reveries malsaines tout ce qu'il y a de plus saint, de plus pur au monde. Ce n'est pas seulement le lit des jeuncs epoux, dont il serute les mysteres avec une Jubricite insatiable, au fond de laquelle fremit la jalousie ; ce sont les chastes entretiens des fiances qu'il surveille obliquement ; les baisers de la so3ur et. du frere, du pere et de la fille, de la mere et du peti!= enfant (p. 521), qu'il fletrit de ses impurs soupc,ous ; et aussi les premiers frissonnements de 1'ame qui s*e'

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veille, les jeux de 1'enfance qu'il bait et calomnie (p. 539). Sur toutes ces joies, sur toutes cesiendresses, sur toutes ces graces exquises, on retrouve sa trace visqueuse, comme la have du limagon sur les plus brillantes fleurs.

S'il ne salt ce qu'est 1'amour, ni meme la pudeur * il ne salt pas davantage ce qu'est la delicatesse, la generosite, ledevouement 2 , 1'amitie, la dignite personnelle, le devoir civique, 1'amour de la patrie ; il ignore si profondement ces nobles choses qu'il n'en connait pas meme le nom. Yous ne trouverez pas un seul de ces mots dans la Morale de Gury. Tout ce qui fait battre le coaur de I'humanite le laisse froid. Ne lui parlez pas de progres, de fraternite, de science, de liberle, d'esperance : il ne comprend pas; il hache menu, dans son coin obscur, les consciences erronees, les compensations secretes, les rectrictions mentales, les peches honteux, et de tout cela il essaie de composer je ne sais quel electuaire pour abrutir et asservir 1'humanite.

Car il abaisse tout ce qu'il touche. Supprimant la conscience, livrant le libre arbitre aux mains d'un directeur, faisant de la delation meme envers le confesseur, qui lui est suspect comme generalement seculier un moyen de gouvernement des ames, retre-

1. Yoyez 1'incroyable these soutenue par lejesuite, que se livrer a d'autres. en avoir des enf'ants, n'est pas porter prejudice a son fiance, (p. 454.)

2 Ki pour son pays, dont I n'est jamais question chez les jesuites, lesquels n'ont point de pntrie; ni pour ses semblables, car nul n'est tenu de se devouer pour autrui ; ni meme pour son epoux malade, dont 1 'abandon est excuse, ordonne meme, lors du danger, (p 529.)

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cissant les horizons, coupant les ailes, etermsant autour de la pcnsee et de la conscience le crepuscule, pire que la nuit, car tout y devient douteux et prend des aspects de fantome : voyez ce qu'il a fait de tous ceux sur qui il a mis la main. Je ne dis rien du elerge frangais, dont ies representants actuels prendraient. en mauvaise part Pa nti these a etablir entre eux et leurs predecesseurs. Mnis la noblesse frangaise, si vive, si fiere, si genereuse snalgrc sa legerete, cherchez-la, tout afiadie, sans resiorts, bardee non plus de fer, mais de scapulaires et de cordons benits. Et cette bourgeoisie au robuste etsage esprit, amoureuse de travail, de progress et de liberte, voyez-la, impuissante, epeuree, livree a toutes les reactions. Et ils allaient saisir la magistrature, ils elendaient , la main vers 1'armee, ces deux sauvegardes d'une nation ' Ah ! il etait temps vraiment qu'on ouvrit les yeux; car plus habiles encore que Simon, le magicien maudit, ils ne vendaient plus seulement a prix d'argent les choses saintes, mais ils vendaient aussi les biens materiels au prix de quelque momerie pieuse.

Heureusement, parmi ceux qu'ils abetissent, il faut les citcr eux-memes, en premiere ligne. En trois siecles, on 1'a remarque souvent,ilsn'ontpasproduitun homme de premier ou meme de second rang; mais ils ne semblent pas s'en apercevoir : a Richelieu ils opposent tranquillement Bellarmin, Suarez a Pascal, Rapid a Corneille, et Nonotte a Voltaire.

Ah! ce n'est pas impunement qu'on soumet son coeur et son esprit a une telle discipline ! J'ai souvent,

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en lisant les jesuites, evoque dans mon esprit 1'image de ce que serait un produit bien complet de leur fabrication intellectuelle et morale. Tenez, il me semble le voir, tandis que j'ecris, glisser la-bas, discretement, dans 1'ombre du mur. Non qu'ii prerine toujours le masque humilie que lui donne la comedie : il a souvent le verbe haul et Pattitude arrogante. Mais vous le reconnaitrez a ceci que vous ne verrez jamais ses yeux, car les Constitutions et ses mailres lui ont enseigne a to'ijours regarder plus bas que. celui auquel on parle ; sa secrete pensee vous echappera et ses levres serrees nele trahiront point. Mais tel qu'ii est, jeune ou vieux, humble ou hardi, s'il s'est bien impregne de ses auteurs, de Gury seulement, defiez-vous de lui, dcfiezvous-en tous.

Defie-t-en d'abord, 6 jeune fille ! Ne dis pas que tu es sans craihte, parce qu'ii s'est uni a toi par les fiangailles, un demi-sacrement. Car si ta fortune disparait, ou si la sienne s'accroit, il t'abandonnera sans remords, avec 1'autorisation de son directeur (p. 418, 452). II en aura meme le droit, s'il y a entre toi et lui une notable difference de situation (p. 447),et cela quelles qu'aient ete ses protestations anterieures (p. 525)r Defie-toi de lui, car si, echauffe par ses lectures malsaines, il te conduit a mal, meme apres solennelle promesse de mariage, il pourra t'abandonner de meme, toi et ton enfant (204, 280, 470). Defie-toi de lui, meme s'il t'epouse, car d'abord il peut, par le plus simple des precedes, faire annuler au bout.de deux

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mois un manage qu'it aeciarera n avoir pas consomme (p. 421), et te laisser, affolee et deshonoree. Defie-toi de mi, car si, enpronongant les paroles sacramentelles, il a eu tres certainement I'intention de ne pas contractor mariage, ton mariage sera mil, entends-le bien (p. 458, 459). Defie-toi de lui, comme il se defiera de toi, car il sait, si tu es eleve des memes maitres, que tu peux, sans remords, et persuadee que tu ne lui causes aucun prejudice , te livrer a d'autres avant ton mariage, et lui cacher 1'existence d'enfants BKr par toi au monde (p. 419, 454).

Defie-toi de lui, toi sa femme, si quelque maladie t'atteint qui se puisse communiquer, car sa loi morale ne 1'oblige pas a te donner des soins qui pourraient lui etre funestes (p. 529). Defie-toi de lui, comme il se defiera de toi, car tu pourras 1'abandonner aussi, et d'autre part le casuiste t'autorise a puiser dans sa caisse d'ime fagon inquietante (p. 175, 219).

Defie-toi de lui, toi, son pere; car s'il n'ose plus, en plein dix-neuvieme siecle, te denoncer aux juges criminels lorsque tu deviens heretique ou proscrit, il ,sera autorise a violenter ta conscience a 1'heure supreme (p. 115) ; car pour se cacher en quelque convent, et cela a ton insu ou malgre toi (p. 116) il t'abandonnera, vieux et miserable, persuade qu'il fait une action agreable a Dieu (p. 346). Defie-toi de lui, car s'il ne peut plus se rejouir d'heriter de toi apres t'avoir tue (p. 550), il lui sera du moins licite 'de se rejouir de la succession que ton meurtre lui

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aura procuree (p. 75). Defie-toi de lui, car si au lit de mort tu le charges de quelque don pour un ami, il aura le droit dedesobeir a tavolonte derniere (p. 295).

Defie-toi de lui, toi, son enfant, car il lui est permis de desirer ta mort, soit en vue de ton bonheur eternel, soit en vue de diminuer les charges de sa famille, soit pour te delivrer des risques du peche (p. 85).

Defie-toi de lui, toi, son frere, car il pourra, te faisant passer pour indigne au lit de votre pere. mourant, te priver de ta part de succession legi time,, pourvu qu'il ne le fasse pas en haine.de toi (p. 234) ; car il pourra i'abandonner, oi et ta famille, dans la misere, sans rernords, et p<t tersa fortune au convent voisin (p. 547) ; caril pourra reparerhabilement sur 1'heritage paternel, ce qu'il consiilerera comme une injustice cornmise envers lui (p. 209).

Defiez-vous de lui, vous, ses amis, car il est autorise ;i Iraliir tons vos secrets, meme les plus intimes, lorsqu'il jugera qu'il y va de 1'intereti soit de 1'Eglise, soit d'uuc tierce personne (p. 456) ; ne lui confiez pas une leltre, car il Irouvcra toujours quelque bonne raison pour pouvoir 1'ouvrir sans peche (p. 157,163). Et si Totre secret est une mauvaise action, songez qu'il peut le drvulger a tous ceux qui auront un interet grave a le connaitre (p. 153). Et ne lui pretez pas de livres, car s'il les juge mauvais, il sera autorise a ne pas vous les rendre, a moms cependant que vous ne le menaciez de '. rosser (p. 82).

Def'ez-vous de lui, vous tous qui avez avec lui des

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rapports d'affaires, car dans le cas de clauses douteuses il pourra les interpreter tantot dans unsens, tantot dans 1'autre, en toute surete de conscience, pour le mieux de ses interets (p. 35,43). Car s'il vous cede tous ses biens, il pourra en garder secretement une part en vue denourrir lui et sa famille (p. 263),etmeme dissimuler des creances (p. 251). Car il inventera d'ingenieuses compensations occultes,qui frisentrescroquefie (p. 225) . Car si vous faites un testament, il trouvera toujours quelque moyen d'en avoir les benefices, sans en accomplir les clauses' (p. 282, 296), et il aura appris de fort curieuses manieres de vous faire faire ce testament (p. 196,293); et il saura, sans angoisse de cceur, en dissimuler les fautes de forme (p. 62), et meme en reparer les accidents materiels (p. 294, 327) ; que si vous refusez, ayez soin de declarer qu'il vous doit de 1'argent, sans quoi il trouvera une raison pour ne pas le ?f.ndre a votre heiitier (p. 292). Car si vous lui pretez votre cheval, et qu'on le lui vole, il refusera de vous rien payer 'p. 301). Car si vous lui confiez de I'argent, : I .trafiquera avec et gardera le benefice pour lui (p . 503) . Car ! sera oersuade au'il ie "ommet \>as d'injustice en se coalisant avec a"autres pour entraver votre vente aux encheres (p. 276, 307). Car il aura mille manieres de se dispenser de vous restituer ce qu'il vous doit (p. 193, 201, 2.02), quandmeme il vous 1'aurait vole (p. 191). Car, et ceci vaut tout un poeme, il peut vous souhaiter un mal temporel et s'en rejouirpour une bonne fin (p. 79).

tt PREFACE. . '...

Ne pariez pas avec lui, car il est plein de ressources pourfaire sans peche des paris malhonnetes (p. 518).

Ne jouez pas avec lui, car il se conduira comme un infame grec en toute surete de conscience, (p. 319, 321).

Ne croyez pas, sous pretexte qu'il est pieux, a ses promesses et a ses sermenls alors qu'il vous vend quelque chose : ce sont petites peccadillos permises. aux marchands (p. 275).

Ne le prenez pas comme domestique, car il connait a fond la theorie des petits vols, des vols de denrees alimentaires, et des conditions de restitution (p. 182) ; et s'il juge que vous ne le payez pas assez et le faites trop travailler, il trouvera moyen de retablir un juste equilibre (p. 188, 223).

Defiez-vous de lui, gardien d'octroi, employe de douanes, homme du fisc, qui que vous soyez, car il n'admetpaslalegitimite de votreimpot, et il le fraudera ^ar tous les moycns possibles ; ne 1'interrogez pas , il menlira, etcela sous scrments'il le laut : il y est autorise (p. 62, 206, 254). Et surveillez-le bien, s'il esl notaire, car il aiders en conscience a frauder le fisc (p. 255, 344). '

Defiez-vous dc lui, membres du conseil de revision, car il peut ne se croirc tenu a aucune restitution, s'il fait partir par fraude un autre a sa place (p. 207). Defiez-vous-en, 6 colonel ! car il desert era legitimement, s'il ne Irouve pas au regiment la facilite de se confesger (p. 206).

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Defiez-vous de lui, juge, qu'il comparaisse devant vous, comme plaignant, comme accuse ou comme temoin. En vain, lui ferez-vous lever la main, et adjurer le Christ, son Dieu. Presque en toutes circonstances il trouvera moyen de vous echapper (p. 148, 157, 158, 162, 288, 327, 543), ; et si vous le condamnez, il pourra, s'il juge sa conscience inderane, se compenser secretement de votre condamnation.

Defiez-vous de lui tous, et ecartez-vbus de lui conune d'un pestifere : ni vos biens, ni votre vie, ni votre honneur ne sont aupres de lui en surete.

Car s'il conseille et exhorte un voleur a piller votre maison, il ne vous devra rien (p. 194, 197, 243) ; car s'il est juge, et rend contre vous, de complicite avec ses collegues, un jugement inique, achete a prix d'argent, il ne vous devra rien (p. 244); car si ses enfants ou ses domestiques ont fait du degat dans vos proprietes, il ne vous devra rien (p. 245) ; car s'il voit un voleur enlever votre bien, et en regoit de 1'argent pour prix de son silence, il ne vous devra rien (p. 247, 262) ; car s'il a mis le feu chez vous en cherchant a vous voler, il ne vous devra rien (p. 195) ; car s'il a tue votre vache en tirant volontairement sur votre ane, il ne vous devra rien (p. 12, 196, 258); car s'il a bnile votre maison en voulant incendier celle de votre voisin, il ne vous devra rien (p. 194, 236, 242] ; car s'il a vole ct qu'on vous accuse et condamne pour ce vol, il ne vous devra rien, alors meme qu'il aurait commis ce vol dans le but de vous faire accuser (p. 195, 220) ;

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car si vous etes le cr6ancier d'un homme qu'il a assassine, il ne vous devra rien (p. 204) ; car si vous etes la femme ou 1'entant d'un homme qu'il a assassine, et si cet homme etait de mauvaise conduite (p. 252), ou meme devait mourir bientot (p. 203), il ne vous devra rien; car, en aucun cas, il ne vous devra rien, si en tuant votrepere, il croyait en assassiner un autre (p. 256) ni s'il a volontairement assassine votre pere, lorsque vous pouvez sufflre a vos besoins (p. 203).

Car il peut vous diffamer librement, pour peu qu'il soit habile et ait bien compris ses legons (p. 154, 162); et lors meme que la diffamation est sans excuse et exige reparation, il s'en peut dispenser, s'il juge la conservation de sa bonne reputation utile a la religion (p. 155) ; car il peut seduire une jeune fille, meme sous promesse de mariage, et la rendre mere, puis I'abandonner sans souci, pour peu qu'il puisse arguer d'une certaine inegalite de condition, soit anterieure, soit posterieure a la promesse (p. 525) ; et-ne lui parlez pas de venir au secours de la paavre fille, car il vous repondrait noblement que la perte de la virginite ne sepeutestimer, ni indemniser (p. 204, 253). Car si vous prenez chez lui quelque aliment empoisonne a destination d'un autre, il ne vous aver lira pas et, du reste, ne devra rien a personne apres votre mort (p. 256).

Fuyez-le, car il a a sa disposition la restriction largement mentale et les parole? equivoques (p. 148), ce qui lui permet en reaiite de mentir toutes les Ibis qu'il en a besom.

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Fuyez-le, car la doctrine du probabilisme iui permettra toujours de trouver un docteur grave, dont Fopinion suffira a legitimer son action, etl'autoriseraa faire ce qu'il a interet a faire (p. 51).

Fuyez-le, parce qu'une fois son opinion faite, il violera en surete de conscience, toutes les lois civiles, et que s'il est condamne par le juge, il pourra largement ettranquillement user de la reparation occulte (p. 186).

Car, c'est sur ce point qu'il faut insister. En vertu de la doctrine de 1'intention, il arrive asubstituer a toute autorite sa propreautorite. Les lois n'existent plus pour Iui, ni les lois civiles, ni les liens de famille, ni les lois de 1'honneur, ni rien de ce qui constitue ce ciment qui relie tous les elements d'une societe. II fera telle chose s'il la trouve bonne, car s'il a pour iui un docteur de renom, il a droit de la juger bonne; en tous cas, Pacte fait, comme il a agi d'apres une conscience invinciblement erronnee, comme il n'a pas commis de faute theologique, il n'est tenu a nulle reparation : et si le juge civil se permet d'en ordonner une, il se compensera justement.

Tel serait, au maximum de developpement, le meilleur eleve des doctrines jesuitiques. Par bonheur, ils n'en out, je crois, jamais forme un qui soitaussi complet; l j honnetete, qui est le fondde la nature humaine, reprend le dessus, et chez 1'eleve et chez le professour. Et cela surtout en France, dans le pays de la generosite. C'est sans doute pour ccla que, depuis trois siecles, pas un seul Frangais ne s'est assez irnpregnr

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de 1'esprit jesuitique pour meriter le rang de General. Mais un tel enseignement, meme mitige par le bon sens et 1'honneur natif , n'est-il pas un vrai peril social ? Qui pout dire ce qu'il faudrait de generations pour que ces nobles qualites qui luttent encore, s'eteignent et soient vaincues? Je n'y puis, quant a moi, songer sans fremir. Puisse la lecture du present livre coramuniquer a tous ma sincere et profonde terreur! Puissent les liberaux les plus compromis aujourd'hui par une logique genereuse, comprendre que les principes ne sont pas faits pour ceux qui se mettent hors des principes, et que la liberte des echanges n'est.pas violee parce qu'on arrete dans DOS ports les ballots pestiferes !

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