Des peches des epoux par exces
II y en a de trois sortes :
1 Ceux qui sont nuisibles a la generation, comme la sodomie, la pollution ;
2 Ceux qui sont uliles, comme les attouchements qui entreticnnent et excitent Pamour;
3 Ceux qui ne sont ni nuisibles, ni utiles, sont dits en dehors de la nature.
918. I. Tout ce qui est uecessaire pour aceomplir 1'acte conjugal ou pour le reiidre plus facile, plus prompt ou plus parfait, est ;ibsolument perrais aux epoux ; parcc que celui qui a droit a la chose a droit aux mo yeas necessaiires, utiles et non dci'endus, pour y arriver ; et si Ton peimet la chose princip;ile, on permet aussi la chose accessoire, ou le moyen qui. y conduit.
II. Tout ce qui est nuisible a la generation dans 1'acte conjugal, lout ce qui procure une pollution en dehors de 1'union naturelle, est gravemenldeiendu, parce quel'effusion volontaire de la semence n'est permise qu'en vue de la generation, et par suite le manage ne donne aus epoux le droit que de repandre la semeuce ulile a la generation. Autrement si les homines pouvaient jouir de ce plaisir sans avoir la charge subsequente de nourrir et d'elever leurs enfants, on ne songerait guere a la -generation des enlants, meme on I'eviterait, et la societe inclinerait vers sa tin..
III. Tout ce qui est inutile ou indifferent a la generation, meme d'une maniere indirecle ou eloignee, on a 1'amour conjugal qu'on veut exciter, est un peche, mais. seulement veniel : 1 c'est un peche, parce qu'on ne cherche que le plaisir, et qu'il y a uue subversion de la fin et une jouissance dereglee, dans une chose permise enelle-meme aux epoux; 1 J il n'y a qu'un peche veniel, parce qu'on ne cherche pas la volupte en dehors du manage et que 1'acte, par sa nature, vise a des rapports permis. II est vrai que la orcotisUmce de ia fin legitime manque, mais-ce defaut n'amene qu'un, dereglement leger et, par suite, seulement un peche veniel.
On peut done ainsi resumer ces trois regies : tout ce qui est pour est permis, tout ce qui est contre est peche mortel, tout ce qui est en dehors est peche veniel.
919. II n'y a pas de faute dans des baisers honnetes, dans des attouebements sur les parties honnetes ou moms honnetes, des'tines a montrer Inflection conjugate
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ou a entretenir 1'ahiour, meme si accidenteHement il en resnlte une pollution involontaire ; parce quetoule marque honnete d'amour, rueme tendre, est permise a ceux qui, d'apres le lien du mariage, ne doivent faire qu'un seul coeur, une seule chair.
11 ri'y a pas de faute en principe dans les attouchements et les regards peu honneles, s'ils visent immediatemeni a 1'acte sexuel. 11 en est de meme, s'ils sont simplement ileshonnetes, mais necessaires ou utilcs pour exciter la nature ; car alors ils sont eomme une preparation a 1'acte, comme des preliminaires. 11 n'y a que des peches veniels, si Ton cherche seulement le plaisir, meme si ees actes precedent immediatement 1'acte ; mais il y a pedhe mortel s'ils exposent 1'un des deux e'poux on tous les deux au danger d'une pollution avant Tunion charnelle, ce qui arrivera facilement si on les prolonge avant 1'acte conjugal.
II y'a peche veniel dans les altouchemenls, les regards et les propos honteux qui ne visent pas immediatement 1'actc sexuel. et n'ont pas pour but d'entretenir 1'amour legitime d'une mamere modere'e et Taisonnable.
II n'y a pas peche grave, meme si ces attouche:nents sans intention d union conjngale amenent un ebranlement des esprits ou des membres propres a la .generation, ou s'il en resulle des perles seminales, bien que ces actes soienl pecbe mortel chez les personnes libres ; parce qu'en dehors du crime de polkuion volontaire ou de sodomie, on no fait rien de coutraire au mariage 1 .
Mais on doit .prendre garde de .ne pas courir le danger de
1. Sanchez, lib. IX, Disp. XLV, traite ex professo et avec un luxe iuoui de-details, ces graves questions :
Utrum conjugibus liceant delectationes morosrc, tactus, aspectus, verbia turpia, cum p&Uulionis praiviste, sed :non intcnUe pcriculo ? El generaliter quando iiollutionis periculum efficiat novam culpam morlalem, vel talem, qnae antca raortalis mininie crat ?
II y a la-dessus quarante et un articles; je me contente d'exjraire le problems pose par 1'arlicle 54. La solution importc peu ; tout le genie consiste a avoir imagine le probleme :
Quid, si vir a faemina petal, ut cjus virilia attrectet, moveatque, an velit digitos in uxoris vas iniromitlcre, ibique persislere, r;uasi copulam oxerceiulo, uiens dipritis inslar membri viriiii ?
pollution, ce qui arrivera facilement si les mouvements sont deregles. Aussi, bien qu'en principe les epoux ne commettent pas- de peehe morlel qni, ayant commence Facie conjugal, s'entendent pour ne pas le terrnincr, et ne se meltent pas en danger de pollution, saint Alphonse Dtit remarquer avec raison qu'ordinaircment il ya peehe morlel, parce que, 01 diuairement, ce danger existe.
920. 11 u'y a pas de peche grave et memo, l&rcr, selon 1'opinion plus commune et plus probable, de la part d'une cpouse qui s'excile par des attouchements a re|iandre la semeuce aussitot apres 1'acto dans lequel le mari seul 1'a vepaudue : 1 parce que cettc semence est destinee a accomplir i'ucle conjugal, pour que les epoux ne soient proprement qu'une seule chair et, de meme que 1'epouse pent sii preparer a 1'acte par des attouchements, elle peut egalement le terminer par des attouchements * ; 2 parce que, si les
1 . .On doit meme le lui conseiller : Conjugi tardiori ad seminandum comulcndum cst ut ante concubitum tactibus venerem excitet, ut vel sic possit in ipso conutibilu simul et'fundere semen. Cependant non cst necessario et conjux prius seminans non teneturalium exspeclare.B Ainsi p;irle Sanchez, et il se pose a ce propos une serie d'incroyables et in trad.uisibles questions, auxquelles il repond avec les plus minutieus dotails : An sit mortale, qnoties non simul conjugcs semen coiisulte cl'fundtint?... Quid, si vir se pnvvocet ad prius seminiindum?. :, Num l'.is viro sit conlinuare concubitum, ubi prius seminaveril, ut foemina si!minel?...An sit culpa leibalis,sive conjuges, sivesoluli, a copula in< hoata liesistaul ante iitriusque scminationem, mnxime si alter scminarit ?... (ju.-indo sit licitum, el quando culpa, et qualis si vir, fierninii nn semin;mle, nee scminandi periculum paliente, de ejus consensu ante con- Mimmationem se reirahat a copula inccpta?... Quid, si jam faemina scminaverit, ant semiiiaudi periculum subeat?... Qu:d, si e contra vir scminurit, et faemina non seminet, scd se relnihut, nitaturque non seminare?... An ulii sola feniina -scminarit, possit vir se retrahere, si ndvertat sibi mortis periculum imminere, si seminet ; vel quia supervenit hoslis nut 1'era.
Con.jugiims iuhonestecoeuntibussubiloadessent aliqui.non damnantl'js essut vir, qui post fceminoe seminatiouem, ante prupriam, ex his iirgenlissimis c.iusis rccederet, quamvis ita Venus in eo irnla ossct, ut i.i-inbro virili ex vase- foeminjeo cxlracto, fore animadverieret, ut iii--o invilo semen extra ilueret. Quare...
<i Quid.de conjuge semetipsumtangcnte? Quid si se tangat, sciens fore