‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 264 sur 344 · TRAITS DTI MARIA.GE · texte numérisé non relu

TRAITS DTI MARIA.GE

de scs enfan'ts, des douleurs de Tenfanlemeiit, ou en repetant qu'elle a failli mourir dans ses dernieres couches. A plus forte raison, "elle peche gravemeut si, malgre son mari, elle se retire avant 1'eiTusion de la semence.

Elle peche gravement aussi en consentant en elle-meme a I'acle detestable du mari, tout en manifestant sa repugnance 3xterieurement.Si,cependant, il n'y a desa part qu'une satisfaction inefficace, non au sujet de 1'acte coupable en soi, mais de-ses consequences, par exemple des inconvenients de la grossssse, des dangers de 1'accouchement, en principc elle ne peclie pas, bien que cette satisfaction ne soil pas sans peril. Mais elle doit eviter tout a fait qu'en la manifeslant a son mari, elle ne le rende plus ardent a pecher plus librement et plus souvent.

L'epouse.est tenue, du moms ordinairement, d'averlir 1'epoux de I'obligation d'agirselon la regie, et de le detourner, aulaht que possible, de sa maniere d'agir coupable. Elle ne doit pas se contentjer de 1'avertir une fois, mais reiterer ses avertissements, a moins qu'elle ne soit assure'e que cela ne servira de rien. Cependant elle doit, meme dans ce cas, montrer sa repugnance de, quelque maniere, pour ne pas paraitre donner sun assentiment au pecbe de son mari.

Le devoir de 1'epouse est aussi d' engager son mari par -des caresses, par differentes marques d'amour, par des prieres, des exhortations, a accomplir 1'acte conjugal selon la regie, ou a s'en abstenir absolument. L'experience montre que beaucoup de maris onanistes, ainsi engages par leurs femmes, se sont corriges.

925. D. Une epouse peut-elle demander le devoir conjugal a son mari onaniste?

R. Oui, selon 1'opinion plus probable, pour un motif grave, par exemple, si elle est exposee au danger d'incontinence; en effet elle a droit au rapport sexuel.

926. D. Une epouse peche-t-elle en donnant son consentement interne a la volupte, lorsqu'elle peut permeltre I'acle conjugal a son epoux onaniste?

R. Nou, pourvu qu'elle ne.donnepas son assentiment au

jieche du mari. Car, puisqu'elle ne pech'e pas .en permettant cot acle, elle ne perhe pas en consentant an plaisir tjui en result e, bien qn'elle sache que son mari ne tcrmiuera pas 1'acle conjugal; car eel acle est en soi Imnnele el permis a la (cnune, el if ne depend pas d'cHequ'il soil accoinoli scion la regie.

CAS DE CONSCIENCE SDR LES FIANCAILLES

CAS II

Valctir Acs prom esses

Quirinus, jcune homnic de noble faraille, epris d'un amour aveugle pour Rosalie, jeune fille du peuplc, lui a promis le mariage a 1'insu de ses parents. Oux-ci, apprenant celte promesse imprudente, ne negligentrien pour s'opp'jser a ce mariage . desbonorant. Quirinus voyant ses parents al'lliges, et ne vonlant pas leur faire de la peine, se trotive Ibrt embarrasse. Que'fera le raalbeureux? II commence par montrer moins d'affeetion envers Rosalie, il en vient meme a la froideur; puis, alleguant le refus de ses parents, il se separe de sa fiancee.

D. l re . Quelle est la valeur dcs promesses faites a 1'insu des parents ? .

I*. 2 e . Peut-on en contracter malgre les parents?

D. 3 e . Quirinus a-t-il eu le droit de pousser Rosalie a resilier ses promesses ?

JR. a la l re D. Elles en ont en elles-msmes. La raison en est que le choix d'un etat doit etre libre et independant, de toute volcwte etrangere. Le mariage contracle a 1'insu et^onlre la \olontedes parents est valable, a plus forte raison. Ics promesses qui conduisen* au mariage, et sont moins solides.

J'ai dit, en elles-memes, parce qu'il y a des cas ou

LA: MORALE DBS JfiSUITES.

des promesses contractees malgre les parents n'auraient pas de valeur, parexemple, si un grave scandale devait resulter du mariage, oude graves disputes eritre les parents, etc. La justice n'oblige pas a un acte qu'on ne peut faire sans pecher. La difference de condition, cependant, n'annule pas precisement les promesses, si les fiances en ont eu conscience.

R. a la 2 e D.Non,d'uneraaniere generate, parce que les fils sont tenus de respecter leurs parents, et dans une affaire si grave de leur demander leur consentement on leurconseil; excepte le cas ou les fils prevoieraient que leurs parents s'opposeraient a un mariage honorable et convenable. Mais il faut surtout se defier de ne s'en rapporter qu'a son seul jugement.

jR. a la 5 e D. II y a controverse entre les theologiens pour savoir si le dissentiment des parents est une cause suffisante pour rompre les promesses de mariage. Mais il faut distinguer avec saint Liguori ; si les parents font une opposition injuste au mariage, les , promesses ne peuvent etre rompues ; il en est autrement si 1'opposition est juste, par exemple, si te mariage doit tourner au deshonneur de la iamille. Done, dans notre cas, Qiiirinus a eu le droit de rompre ses promesses, bien qu'elles aient ete valables dans le debut, parce que 1'opposition des parents etaittres juste. Mais il lui etait inutile d j engager durement sa fiancee a retractor sa promesse; il lui suffisait, en alleguant 1'opposition juste et tres grave des parents, de se retirer.

CAS VI

Coiiscntement conditionncl

Odilon et Odilia, cousins au second degre, se sont fiances a la condition qu'ils obtiendraient une dispense

CAS SUR LES FIANQA1LLES. 449

du pape. Ensuite, d'un commun accord, ils envoient une supplique a Rome pour obtenir la dispense. Pendant ce temps, Odiion ayant trouveune autre jeune fille plus belle nominee Yirginie, mieux dotee, et ne connaissant pas ses premieres prom esses, en contractc de nouvelles avec elle. Peu apres, a la veille du mariage entre Odiion et ^Virginie, Odilia regoit la dispense, et aassitot reclame d'Udilon la foi promise. Odiion embarrasse demande a son confesseur ce qu'il doit faire. Celui-ci ne sail pas lui-meme ce qu'il faut lui conseiller.

D. l re . Que penser des premieres et dernier.es promesses d'Odilon?

D. 2 e . Que faut-il lui ordonner ou lui conseiller?

jR. a. la l re D. 1 Les premieres promesses etaient sans valeur : car en premier lieu, elles etaient condilionnelles, et: le consentement du fiance a ete retire avant la realisation de la condition?, en second lieu, elles avaient ete contractees alors qu u y avail empechement, comme il resulte de ce qui a ete dit.

2 Quant aux dernieres promesses contractees aved Yirginie," la chose n'est pas claire. Une opinion les regarde comme sans valeur. La raison en est que> bien qu'Odilon n'ait pas ete lie a sa fiancee par les obligations etablies par les fianqailles, cepcndant il etait enchaine a elle par les obligations en vue des fiangailles, par la force de la promesse contraclee aN 7 ec elle, en presence de laquelle i'l etait tenu d'altendre le resultat de la demande de dispense. Done, il n'a pu contracter de nouvelles promesses sans violet- -cette grave obligation; done ces nouvelles promesses ne peuvent etre autorisees, et par la meme n'ont aucune valeur, puisqu'il les a contractees au detriment dc sa premiere fiancee.

TJne autre opinion, probable pour moi d'une maniere inlrinseque, rcconnait quc ccs promcsses out de la valeur; car, d'apres ce qui a etc dit, si les premiere? n'en ont pas, les dernieres en onl, puisque le premier engagement, etant vain, ne peul s'opposer a la validite du second. Et 1'obligalion prise par le liance d'attendrc ieresultal de la demande no pent s'opposer a la validite des secondes. Car il en resulterait que le fiance a seulement peche en violant son engagement, c'est-a-dire qu'il a manque a la foi promise, mais non pas qu'il a contracte de nouvelles promesses sans valeur.

R. ctla^D. En presence de la co ntro verse preccdentc, on ne peut corilraindre Odilon a epouser Odilia, mais onpeut luipermettre d'epouser Virginia, puisque d'apres ce qui a ete dil, d'une maniere probable ~ou meme plus probable, les promcsses conlractees avec elles sont valables et qu'il estlie eiivers eile. Done, il faut le laisser en paix.

CAS VII

Rupture des fian^ailles

Leopold, etudiant en droit, a contracte des promcsses de maribge avec Domitilla, jeune Clle des plus lionorables; il a promis de I'epouser lorsqu'il aurait pris ses grades et serait devenu avocat. Dans Pespace de trois ans, il a revu souvent la jeune Pi lie, el a renouvele la parole donnee, ce qui lui a tellcment attache 1'esprit de Domitilla, qu'elle n'a pas hesite a rel'user un autrc parti tres honorable. Mais Leopold, apres avoir entendu un sermon eloquent sur la vanite des choses mondaines, resolut de dire adieu aux seductions du monde. Pour agir avec plus de prudence, il voulufc suivre des excr-

CAS StR LES FIAKQAILLES. 45l

cices spirituals dans un couvent de Reguliers; apres quoi, avec le consentement de son coniesseur, il fait V03U de garder sa chastete et d'entrer dans ies Ordres. Sans retard, il prend 1'habit religieux, regoit Ies Ordres mineurs, et s'occupe avec ardeur de theologie toute une annee. A cette nouvelle, Domitilla s'ecrie qu'il a viole sa promesse, promesse a laquelle elle au contraire est restee si fidele. en refusant un autre parti. Par de nombreuses lettres et par ses plaintes incessantes, elle s'ef force de faire revenir Leopold sur ses intentions. Celui-ci, dans son embarras, demande 1'avis de son confesseur.

D. l* e . Comment des promesses valables peuvent-elles etre rompues ?

D. 2 e . Que faut-il lui ordonner ou lui persuader?

R. d, la l re D. Des promesses valables peuvent etre rompues, si Tun des fiances choisit un etat plus parfait, parce qu'en contractant des promesses, il n'est pas cense renoncer pour toujours a choisir un etat plus parfait.

R. in la 2 s D. II faut recommander a Leopold de remplir fidetement ses deux VOBUX et 1'engager a recommander a Dieu sa fiancee par de .ferventes prieres. Si elle a refuse un autre parti favorable pour etre fidele a Leopold, c*est un cas accidentel, un malheur, qu'elle doit supporter tranquillement, jusqu'a ce qu'elle trouve un autre parti qui lui z>laise.

CAS VIII

Rupture des fianeaille*

Corneille, fiance avec fileonore, s'est laisse aller a la fornication. II arrive ensuite qu'Eleonore se souille du

LA MORALE DBS

meme crime* Cornell^, deja affligg tfe n'aVoiY pas cherehe une Spouse plus riche, saisit ^occasion de rompre les fiangailles, malgre la reclamation de la femnie.

D. Quid, dans ce cas?

R. Corneille a pu, probablement, et suiyant S Lig-. plus probablcment, Se degager des fian^ailles, a cause de la fornication de sa fiancee, bien qu'il y soit tombe aussi.

CAS IX

Rupture des fiancaillea

dmon<l s'est fiance avec Helene* jeuiie fille de la meme condition et de meme fortune. Mais, a la veille du mariagej il recileille I'helfitage d'Un oncle decide Aussi il quitte Helene pour lepousei* une autre lemttie aUssi riche que lui.

D. l re . Le changement de fortune dans Tun des fiances suffit-il pour iaire rompre les promesses?

D. 2 e . Quid, dans le cas particulier?

R. a Id l re D. 1 Si Tun des fiances ieprouve des perles sensibles d'argent, c'est une raison jiouf 1'autre de se retirer, a cause de ce changement de fortune. Mais si 1'un des deux devient beaucoup plus riche, ^ar exemple, en faisant un bon heritage^ peut-ii se retirer? II y a controverse. On penche pour 1'affirma- ^ve, parce qu'en realite il en resulte une grande difference de condition entre les deux fiances. Saint Lig., Voit, montretit que c'est Popihion d'ua grand nombre. Cependant, il y a une opinion plus commune, qui aFfirme le cohtraire, parce que rien n'etani change dans on lie doit pas I'abandoimer.

CAS, Sim LES FIANgAHLES, 45.5

R, A la 2 e D. II ne faut pas inquieter Edmond, du nioins c'esl une opinion probable, d'avoir rompu ses promcsses apfes avoir fait un riche heritage, parce qu'il en resulte une grande difference de condition entre lui et sa fiancee. Cette raison n'est valable, que si 1'heritage n'etait pas prevu, cprarae on le suppose dans ce cas.

CAS X

Rupture des fiancailles

Bibiane, jeune fille douee des plus grandes qualites physiques et intellectuelles, attire 1'attention de beaucoup de jeunes gens ; plusieurs demandent sa main ; mais elle' prefere Sidonius, avec lequel elle contracte des promesses. Le jour du manage approche. Bibiane va se confesser, et entre autres peches declare : 1 qu'elle a perdu sa virginite en forniquant plusieurs fois; 2 qu'elle est enceinte d'un mois, par suite de relations coupables, avee ce jeuno homme ; 5 qu'elle a eu deja un enfant, sans que personne le sache, excepte la sage-femme qui 1'a fait entrer dans un hospice. A ces paroles, le confesseur, embarrasse, ne sait s'il (Joit 1'obliger a declarer tout cela a son fiance, ou a rpmpre ses prqmesses. Mais il pense qu'il vaut mieux garder un profond silence ; il donne 1'absolution a Bibiane, qui se marie.

D. i re . Les fiances doivent-ils declarer des fautes graves avant la celebration du mariage ?

D. 2. Bibiane aurait-elle du declarer les fautes susdites ? D. 3 e . Que penser du confesseur ?

R. ct, la i D. 1 Oui, si ces fautes peuvent nuire & I'autre fiance, ou le deshonorer ; par exemple, si le fiance a une maladie venerienne, ou si la fiancee est

enceinte d'un autre. Alors le fiance doit avouer on se retirer. La raison en est, qu'en contractant mariage dans une telle situation, il causera un grand prejudice a sa fiancee.

2 Non, si les fautes ne sont pas gravemeiit prejudiciables a 1'autre, ou n& lui causent pas un detriment special ; par exemple, si la fiancee a perdu sa virginite, si elle est querelleuse, etc. La raison en est, que nul n'est tenu de se degrader en avouant des fautes qui ne .nuiscnt pas gravpment a autrui

R. a la 2 e D. Bibiane n'est pas tenue per se d'avouer qu'elle a fornique et perdu sa virginite, parce que cette faute n'est pas prejudiciable a son fiance. Bien que le fiance, en apprenant cette faute, ait le droit de se retirer, cependant, taut qu'il ne fait pas d'opposition, la fiancee conserve son droit de fiangailles. Et, bien qu'elle ne puisse tromper un horame en faisant croire qu'elle est a 1'abri de tout reproche, elle n'est pas tenue de declarer cette faute, et elle peut meme, si elle est interrogee, dissimuler en faisant des reponses equi^ voques, car elle ne ment pas, .elle ne fait que cacher une faute restee secrete.

2 Et elle n'est pas tenue de declarer qu'elle a eu un enfant ; qu'elle 1'a place dans un hospice ou autre endroit secret, pourvu qu'elle paye et qu'elle ait de quoi nourrir son enfant, si on lui reclame quelque chose pour cela. La raison en est que, dans ce pas, elle ne fait aucun tort a son fiance, puisqu'il n'en resultera aucun prejudice pour lui. II en serait autrement, si la chose n'eiait pas assez secrete pour etre toujours ignoree de son fiance, parce qu'il pourrait en rcsulter des disputes et des dissensions tres graves entre les epoux.

5 Mais elle est tenue en principe (per se loquendo),

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