‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 276 sur 344 · CAS · texte numérisé non relu

CAS

Obstacle an devoir conjugal

I. Narcisse, mari d'Agathe, a commis un triple inceste : 1 avec la sreur d'Agathe, Blandine, un jour qu'il etait ivre ; 2 avec la fille de Blandine, qu'il prenait pour une autre, la nuit ; 3 avec Sylvie, sa cousine au second degre. S'etant confesse de ces fautes, il apprend de son confesseur qu'il se trouve dans un triple empechement pour reclamer le devoir conjugal.

II. Rosalie, femme de Rafm, sous 1'impression d'une crainte violente, peche avec Yulpin frere de son mari. Aussi son confesseur lui signifie un empechement de reclamer le devoir conjugal, jusqu'a ce qu'il ait regu une dispense levant cet empechement.

1. II existe dans plusienrs villesdo France des societes dc femmes qui font de scniblabies voeux; les homines y sontadmis du consentement de leurs epouses et prennent le meme engagement.

a ce sujet. Mais ensuite, elle se~'.de'iu r an'de v -conimirii-;eUe peut, et si elle doit, y rester fidele : peut-elle se montrer caressante envers son mari el lui fournir ainsi 1'occasion de reclamer' le devoir conjugal? Mais elle est si attachee a son voeu qu'elle ne veut le retractor en aucune fagon. Hiparque, son mari, prenant le chemin contraire, se souille en secret par I'adultere et memt par 1'inceste, avec la cousine de sa femme Basilisse.

D. 1 M . Comment peut-on perdre le droit de reclamer le devoir conjugal ?

D. 2 e . Un epoux peut-il se Her par le voeu dene point reclamer ce devoir ?

D. 3 e . Que penser de ces cas ?

JR. a la l r D. On perd le droit de reclamer ce devoir : . 1 Par 1'adultere.Un epoux innocent n'est pas tenu d'accomplir le devoir conjugal envers son conjoint, coupable d'adultere. . -

< 2 Par une alliance survenant pendant le mariage, c'est-a-dire quand 1'un des epoux a commis un inceste .avec un parent de 1'autre, au premier ou au second degre. - .

3 Par le voeu de chastete emis soit avant, soit aprcs le mariage.

R.'a la 2 e D. Ilfaut distinguer. L'unet 1'a.utre epoux ne peuvent separement emettre le VOBU de ne point reclamer le devoir conjugal, simplement, sans resirio, lion,, parce que ce voeu pourrait etre un jour genant pour 1'autre, et porter atleinte a ses droits. Ainsi le mari qui a 1'habitude de reclamer ce devoir comme c'est 1'habitude des maris, ne peut emettre le voeu 3e 2ie pas le reclamer, parce qu'il creerait un ennui notable a son epouse. L'epouse peut emettre beaucoup plus facilement ce voeu, parce qu'elle n'a pas coutume de le reclamer, ou .en ne le reclamant pas ne crce pas

des ci?constences seules ou sejrou vent les gens V ..*

R. A la 5 e p. Le vceit de Basilisse est variable, parce ,|u ? il n'cst pas ge.nant p out son main et ne porte pas s(uni'e a ses droits. ^iic fse peut. done pas reblamer ie devoir conjugal, mais ellc doit ie rendre jusqira co.-qae.soa.mari perde son droit. D'aUleurs, elle pout s<2 coiiduire envers son mari comrae d'autres femme^ I'.onneles qui donnent a leufs maris les marques d'atV fectipn coiivenables, et se montrent caressantes pour recliauffer leur affection. Mais lorsque le mari a perdu son iJroit par Tadultere ou par Tinceste, elle ne peut plus rendre Ie devoir conjugal; car elle a fait vo?u de garder sa chastete aussi bien qu'elle le pourrait, sans porter afcteinte aux droits de son mari, et en refiisant ee devoir elle ne viole aucun droit, puisque Ie mari n'en a plus. Done. ....

: ;, CAS it

Obstacle au devoir conjugal

I. Narcisse, mari d'Agathe, a commis un triple inceste.: 1 avee, la soeur d'Agathe, Blandine, un jour qu'il* etait ivre ; 2 avec la fille de Blandine, qu'il prenait pour une -autre, la nuit ; 5 avec Sylvie, sa cousine au second degre. S'etant confesse de ces fautes, il apprend de son confesseur qu'il se trouve dans un triple empechement pour reclamer le devoir conjugal.

II. Rosalie, femme de Rafih, sous 1'impression d'une 'jrainte violente, peche avec Yulpin frere de son mari. Aussi son confesseur lui signifie un empechement de reclamer le devoir conjugal, jusqu'a ce qu'il ait recju. une dispense levant cet empechement.

1. II existe dans plusienrs Villes.de France des societes de femmes qui font de sen iblabies YOJUX; les homines ysontadmisdu consentement de leurs epouseset prennent le nieme engagement.

Agg LA MOttAUi, DBS

D. l w . I/ignorance des lois de I'Eglise on. des persons.?;: est-elle nn obstacle a la privation des droits de 1'epoux ? D. 2 e . Qwid, d'une crainte violewte?

D. 3*. Que penser des deux cas?

R. a la l re D. I/ignorance du fait excuse certainsment, lorsqu'on ignore que la personne avec laquelle on peche est une parente, parce que la privation du droit conjugal est une peine infligee a 1'inceste ; ou ii n'y a pas d'inceste, il ne peut y avoir de peine-.

L'opinion plus probable est que 1'ignorance du droil excuse, lorsque le pecheur ignore la loi de 1'Eglise etablissant celte peine ; parce que, quand une peine est imposee par une loi humaine, celui qui par ignorance la transgresse est exempte de la peine, comme du peche d'avoir transgresse la loi. Car il faut d'abord manquer a la loi avant de inanquer a la peine qu'elle impose. (Test 1'opinion plus commune suivie par saint Liguori.

R. a la 2 e D. Oui, suivant 1'opinion plus probable, bien que la crainte n'excuse pas du peclie. C'est qu'une crainte violente exempte de suivre les lois liumaines, sans nous exempter de suivre la loi naturelle. Opinion plus commune suivie par saint Liguori, contra irement a^d'autres.

R. a la 5 e D. Quant a Narcisse, il n'a pas perdu son droit conjugal dans le premier cas, n'ayant pas peche en principe, comme etant prive de raison ; il ne 1'a pas perdu dans le second cas, car il n'a commis 1'inceste qu'en fait et non en principe, ignorant que sa complice etait cousine de son. epouse ; ni dans le troisieme cas, parce qu'il n'a pu former une alliance incestueuse en pechant avec sa propre cousine, ce qui n'existe que par le commerce d'un homme avec les rousines de son epouse et vice versa.

/ GAS SUB I-A DIRECTIO?? DSS EPOUX. 489

Quant a Rosalitvelle n'a pas perdu son droit conjugal si eUe a subi une violence absolue, comme il est. evident, pais^ne, s'ii ii'ya pas de peche, il n'y a pas de peine. Mteie, dVpres Fopinion plus probable, elle n'est pas privde 4u droit d'exiger le devoir conjugal, quoiqu'ayani jpsd* griivement puisque, par suite d'une crainte violante, ^]\e est censee exemptee de la peine ecclesiastique infiigee pour 1'inceste, comme on a dit plus haut. Done le confesseur a eu tort d'empecher Rosalie de demander le devoir conjugal, jusqu'a ce qu'elle ait obtenu la dispense, car elle n'avait ,besoin d'aucune dispense.

CAS Y

Intruciioir-por les fiances et les

I.Domitille, jeune fille, va se confesser : Mon pere, dit-elle, je vais me marier. J'ignore completement les obligations du mariage. J'ai entendu dire qu'on y trouvait de grands perils pour notre salut eternel, c'est-adire de frequentes occasions de pecher. Je veuy cependant sauver mon ame . Yeuiliez done , mon pere, m'indiquer ce qui est defendu sous peine de peche mortel ou veniel.

II. Venefride, mariee depuis peu de jours ou peu de mois, va se confesser, fort embarrassee au sujet de ce qui est permis ou defendu dans le mariage, et elle demande instamment a en etre instruite.

D. l re . Que repondre a Domitille? Convient-il de 1'instruire en detail ?

^. 2 e . Que faire avec Venefride?

R.ala I' 6 D. Le confesseur doit proceder ayec prudence et de grandes precautions en instruisant Domi-

Page 1