‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 277 sur 344 · LA MORALS 1)ES · texte numérisé non relu

LA MORALS 1)ES

-D. l r *. L'ignorance des lois de I'feglise 6u des persoujQ.?: st-elle un obstacle a la privation des .droits de I'epoux ? D. 2 e . Quid, d'une erainte violeute?

D. 5 e . Que penser des deux cas?

R. a la l re D. I/ignorance du fait excuse certainement, lorsqu'on ignore que la,.personne avec laquelle on peche est une parente, parce que la privation di droit conjugal est une peine infligee a Tinceste ; oil ii n'y a pas d'inceste, il ne peut y avoir de' peine,

L'opinion plus probable est que Tignorance du drbil excuse, lorsque IB pecheur ignore la loi de 1'Eglise etablissant celte peine; parce que, quand une peine est imposee par une loi humaine, celui qui par ignorance la transgresse est exempte de la peine, comme du peche d'avoir transgresse la loi. Car il faut d'abord manquer a la loi avant de manquer h la peine qu'clle impose. G'est 1'opinion plus commune suivie par. saint Liguori.

JR. a la 2 e D. Oui, suivant 1'opinion plus probable, bien raie la erainte n'excuse, pas du peche. C'est qu'une erainte violente exempte de suivre les k)is 1mmaines, sans nous exempter de suivre la loi naturelle. . Opinion plus commune suivie par saint Liguori, contra irement a* d'autres. - ,

R. a la 5* D. Quant a Nareisse, il ri'a pas perdu son droit conjugal dans le premier cas, n'ayant pas peche en principe, comme etant prive de raison; il ne Fa pas perdu dans le second cas, car il n'a commis 1'inceste qu'en fait et non en principiB, ignorant'que sa complice tait cousine de son.pouse; ni dans le Jrpisieme cas, parce qu'il n'a pu former une- alliance incestueuse en pechantavec sa propre cousine, ce qui n'existe que par le ^commerce d'un homme avec les rousines de son epouse et vice versa. ''- -.-.

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. Quant 8 Rosaliftf olle /i'a pas .perdu son droit con ? jugal si eile.a siibi uhe violence absolue, comme il esl evident, paisque, s'il n'ya pas de peche, il n'y a pas. de peine. Mfeie. dVpres Fopinion plus probable, elle n'esi; pas priyee $u droit d'exigerje devoir conjugal, qiaoiqu'ayanl. pch grit vein ent' puisque, par suite 4'une crainte violeute, ^He est censee exemptee de la peine ecclesiastique infligee pour 1'inceste, comme on a dit plus haut. Done le confesseur a eu tort d'empecher Rosalie de demander le devoir conjugal, jusqu'a ce qu'elle.ait obtenu la dispense, car elle n'avait L besoin d'aucune dispense, /

. lafttruetton" por les fianc et le

I.Domitille, jeune fille, va se confesser : Mbn pere, dit-elle^ je vais me marier. J'ignore completement les obligations, du manage. J'ai entendu dire qu'on y trouvait de grands perils pour notre salut eternel, e'est-adire de frequentes occasions de pecher. Je veiw oependant sauver mon ame. Yeuiliez done, mon pere, m'indiquer ce qui x est defendu sous peine de peche mortel ou veniel.

II. Venefride, mariee depuis peu de jours ou peu de mois, va se confesser, fort embarrassee au sujet de ce qui est permis ou defendu dans le mariage, et elle demande instamment a en etre instruite.

D. l re . Que repondre a Domitille? Convient-il de 1'instruire en detail ?

*). 2 e . Que faire avec Venefride?

R. CL la l re D. Le confesseur doit proceder avec prudence et de grandes precautions en instruisant Domi-

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!.il);i cY\.u'\Q maniere gcBcrale, san ?;h.orde? en riciii leg delaiis : il doit eviter do seandaliser sa penitante, en lui expliquant en detail les devoirs dcs epoux. Voici ce qu'il peut dire : Le manage est saint, 1'Apotre 1'appelle grand dans le Christ et dans 1'Egiise, et il faut vivre saintement dans ceile liaison sacree. Tout n'est pas permis clans le mariage, -niais seulement ce qui a rapport a son but. En general iu dois obeir a Ion mari, a moins que tu ne comprcnnes clairement qu'il te commande ou te reclame quelque chose de'mal. Alors viens vite au tribunal de la penitence, et si tu te trouves embarrassee, dis-le franchement a ton confesseur.

R. a la 2 e D. II faut user de la memo prudence envers Venefride recemment mariee. En general, que le confesseur n'interroge pas,maisreponde d'une maniere gonerale aux demandes de la penitenle, a savoir qu'il est permis aux epoux de faire tout ce qui a rap port a la procreation des enfants, mais rien de ce qui s' oppose, a cette fin du mariage; qu'il faut tout iaire honnetement, en suivant Tordre indique par la nature. Qu'il ne descende pas aux details, mais laisse la femme lui exposer ses embarras, si elle en a, qui la tourmeritent, et qu'il lui reponde en peu de mots.

CAS VI

Ii'onanisme

Romaine a un mari impie qui veut non pas procrecr d'enfants, mais satisfaire sa passion, et qui accomptli toujours le crime affreux d'Onan. Romaine le sail fort bien, et la pieuse femme en est tout affligee. Si clle avertit son mari de 1'irregularite de son acte conjugal,

CAS SBJR Li DIEIGTION. DES tPOUX. 5.0)

/>\i si elle'u! refuse parce qiu; n abuse, elle t-.a ,K.ii,blee ct'ouirages et de coups. Craignaiit d'offenser Dieu, elle ne sail que faire, elle est fort embarrassee. Elle va trouver son confesseur pour lui demander conseil. Peutelle rendre le devoir conjugal a son mari lorsqu'il lui demande, peut-elle le demander sans commeltre un crime ? Le confesseur affirme que ces deux choses sont criminelles, parce que le crime d'Onan estun mal intrinseque, memo de la part de 1'epouse qui y coopere. Aussi elle doit souffrirtous les maux, etmeme la mort plutot que de se souiller par ce crime. Romaine revient toute triste et, dans sa douleur, souhaite la mort.

D. Que faut-il faire et penser dans ce cast

R. II ne faut pas inquieter Romaine, qui est forcee pour un grave motif d'obeir a son mari, coupable d'onanisme. Le confesseur a fait une erreuf grave en la condamnant pour peche mortel et cooperation intrinsequement criminelle. Beaucoup de theologieris 1'affirmaient autrefois; mais les derniers, ayant mieux examine la chose, affirment que la femme ne commet pas un crime intrinseqne en obeissant pour un grave motif a son mari onaniste. Ce confesseur doit done changer d'opinion et consoler aussitot Romaine, de peur qu'elle n'invoque la mort dans son affliction,

CAS VIII

Onanisme

Humbert, confesseur, examine les cas suivants : i II est persuade qu'il est difficile de croire les maris qui promettent de se corriger dans 1'usage du mariage, et il leur refuse generalement 1' absolution, jusqu'a ce qu'il ait la preuvc de leur perseverance apres un long espace de temps.

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