XV. Quels remedes existent centre la luxure en general
XVI. Quels may ens le cure pent ou doil employer contre elle et ses causes.
Le principal moyen recommande quand il s'agit dcs enfants, et recommande evidemment de bonne foi, est prccisement celui qui, de 1'aveu unanime des moralistes laiques, est le plus capable de faire naitre dans les jeunes imaginations les idees et les desirs dangereux. Le pretre, an catechisme; s'efforcera de saisir des occasions frequentes d'inspirer 1'horreur de ce pcche, de mettre devant les yeux des enfants ses debuts, ses progres, ses suites funestes, d'en
citer des exemples tragiques II montrera les innom-
brables manieres dont on pent etre induit a y tomber ; il en decrira les di verses especes non pas en detail, mais avec une demi-obscurite (sub obscure insinuate), qui nepuisse scandaliser les ames innocentes...))
Les predications et,bien mieux, leslivres d' education et de lecture de lasecte portent en effet la marque de celte preoccupation deplorable, et qui souvent se traduit de la maniere la plus grossiere. Un de mes amis, professeur d'une de nos Facultes de medecine, entrant un jour par hasard dans une eglise d'une ville du Midi au moment du catechisme, entendit le vicaire dire aux petites filles : II est tin autre peche que vous apprendrez a connaitre, et qu'on nomme lepeche mignon 1 .
1. 11 s'agit bie.ru Ik d'une m&hode generate d'enseignement; j'efi citerai deux preuvcs entre millc.
J'ai sous les yeux un calu'er A' Instruction religieuse redige par un ^ cleve du college d'Etain (Meuse); la mention tr&s lien y est frequemnient 6crilc de la main de 1'aumonier.
Aux 6 e et 9 e commandements,je lis : art. l p , une definition des peches de luxure; art. 2 e une elude sur la gravite de ces peches, ou sont cludies successivement les regards, les baisers, les attouchcments el la delectation. Enlin, la definition fort claire de la fornication, de I'adulldrc du sacrilege et de I'mcesle. L'espece du peche, est-il dil savanimcntt varic egalement pour les pensecs, les desirs, les regards, les altouchemenls et les baisors, suivanl rju'ils ont lieu avec quclqu'une de ces di-
SUR LE VI' PllECEPTE DU DECALOGUJE. 52-'
Qu'on se rappelle les affaires toules recentes de 1'abbe Galbir. et de 1'ablie Regnier, et 1'embarras de la magistrature devanl cette excitation a la debauche fie n'avait pas prevue la loi pd nale 1 .
verses circonstances. Le pauvre petit gargon qut ecrivait ces belli s choses avail 13 ans!
Voila pour les g;irons, voici pour les filles : ici le pittorcsque se niele a 1'odieux. Je possede une belle carte nianuscrite, dessin>;c non sans ..grand travail par une jeune filledgeede 15 ans, eleve de 1'ecole communale d'Aresehes. lille a pour litre ['Empire du vice. On y voitle dit empire, confinant aux royaumes de la Justice et de la Societe, cnveloppe par les Murs de rinfamic et de 1'Ennui, et 1'Ocean dela Tristesse, separe du pays de la Vertu par le detroit des Soupirs, etc.
II cst divisc en sept provinces, qui sont les sept peches capitaux. La Luxure y elale une surface preponderante ; elle est arrosee par une riviere, lafange; son chef-lieu es\.\'impudicile; elle comple neuf ehefslieux d'arrondissement (sic), qui sont : la debauche, la voluple^ I'immoralite, I'adullere, Yinceste, la prostitution, le cijnisme, le vtot, Yimpuretd, et onze communes, a savoir \a.-seduclion, les mauvais desirs, ie reldchement, la turpitude, la fornication, la depravation, les faux plaisirs, Yorgie, la sensualite, I'impudeur, le rapt.
La pauvre jeunc fillc a du non suulement bien meitrc en place les elements de cette stupide et ignoble geographic, mais reprendre en un tableau soigne, sur trois colonnes, avee accolades et soins calligraphiques, . cette enumeration, produit d'une cervelle monacale en delire erotique.
J'ai nppris qu'une carte analogue avail etc saisie par 1'inspectcur d'Academie'de Vaucluse.
1. Rcproduisonsiciquelques considerants du jugement du tribunal do laFlecbe, acquitta.nl 1'abbe Galbin (18 juin 1879); el aussi quelques-uns de ceuxilu tribunal it'Auxerre, acquiltant 1'abbe Regnier (septembre 1879): Cc dernier d'abord :
Attendu qu'il resulte ue 1'instruction et des debats qn'a differentes reprises, dans le cours des annees 1877, 1878 et 18'79, au confessional ou dnns 1'eglise de Lucy-sur-Yonne, I'abbe Regnier, s'adressant aux petiles filles dif catecbisme, leur a pose des questions et tenu des propos dont le caractere licencieux ne peut etre conleste;
Que ces questions et propos etaient de nature a surexciter 1'imagination de Ires jeunes eniants, et a developper dans leur esprit des idees malsaines;
Que cela est d'autant plus regreHable que deja, en 1873, une instruction judiciaire a releve a la charge du prevenu des fails absolument analogues.
Et maintenant, I'abbe Galbii: :
Considerant que I'abbe Galbin, dans des conversations particulieres, dans sn chambre, dans le jardin du presbylere et dans ia sacristie, voulut d'abord <jagner la confiance des enfants ; qu'il a recount! avoir embrasae" . ' 4J
55N! i'\ -MOR'AIE "DE-S '^SUITES.