‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 305 sur 344 · Voir la note de la page · texte numérisé non relu

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II. Ce que doit faire le confesseur a regard de la femme dont le mari est onaniste.

II restenne grande difficulte ; si la femme sail avecjcertitude que son mari, dedaigneux de ses prieres, copulam abrupturum esse, ut semen extra vas fundat, peut-elle en conscience sure lui rendre Je devoir?

II y a la-dessus quatre solutions, et lous les casnistes sont entres en ligne. C'e?t que ce point a toujours tenu a coeur aux jesuites. Le crime d'Onan, defini comme il vient' d'etre dit, esl en effet extremement frequent. L'aveu obtcnu, le confesseur a dcsormais main raise sur la femme; il en devient le niaitre absolu ; mais cela ne lui suffit pas, il veui Fetre du mari, il veut 1'avoir, lui aussi, dans sa main, ct le teiir pr le hen mSine du mariage, dont il autorisera ou prohibera le noeud.

Aujourd'hui, du reste, la question semble tranche'e. La Sacree Penitencerie romaine, interrogee par les professeurs du seminaire de Besangon, que tourmeutait cet iiiieressant probleme, ^-repondu. Et il est fort curieux de voir quelle solution elle a consacree.

Le&sol utions extremes desarmaient le confesseur, tantot par leur indulgence complete,' tantot par leui- severite excessive. Rome adopte une reponse intermediaire, qui pourra servir pour tous les cas, etpermettra 1'indulgence lorsqu'il n'y aura rien a gagner a la severite; la femme ne pent ni demander, ni rendre le devoir, a moins d'une mison grave, qui 1'excnse d'une cooperation negative et mate/ ielle dans Je peche dc son mari. Quant aux raisons graves, il n'y a que Tembarras du choix, ne fut-ce que la crainte de voir le mari blasphemer Dieu, la religion, injurier les confesseurs et les pretres, etc. *

III. Quels avertissements et renseignements le confesseur doit en outre donner am. epoux.

Je ne trouve a signaler d'interessant sur ce chapitre que cette formule generale du moraliste : 11 y a lieu de s'etonner de la sagacite des enfants meme d'un age tendre, en matiere de luxure.

Pauvrespetits! CoBurs purs et Junes candides, nous le savons,nous, peresde famille! Qui leur excite et leur pervertil

I'imagination, sinon ces livres idiots ou obscenes on il n'est question que de saintes vouant au Seigneur leur virginit6 <Jes 1'age de six ans, resistant au mariage afin de conserver leur chastete, se faisant enfermer dans des lupanars, et en sortant plus vierges quejamais; sinon ces livres ou onles invite a mediter, en les aidant par des descriptions colorees, sur la eirconcision, rincarnation, la conception immacuiee, la situation de Jesus dans le sein de sa mere; sinon ces cnntiques aux mystiques ejaculations *, que toute mere de famille jetterait avec horreur, si quelque plaisantysubtituait Arthur a Jesus?

1. Jcprendrai comme unique example la pretenduc priere suivanle. qui termine un volume du a 1'un des ecrivains religieux actuels les plus en vogue, au confident de saint Joseph, le R.-P. Huguet : Les perles de saint Frangois de Sales. Lyon-Paris, 1865 (F. Giravd ed.}. Elle est intiialee Vive Jesus! et n'occupe pas moins de 11 pages. .

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