M. PAUL BERT
A, LA CHAMBRE DBS DEPUTES SBAHCES DBS 21 JU1N, 6 ET 8 JUILLET 1879
DANS LA DISCUSSION OE LA. LOI SUR LA LIBERTK OE L'ENSE IGKE JIENT SUPEEiEOK
DISCOURS
Prononce dans la seance du 21 juin i879
Ouvertnre de la discnssiora gi;-.
Si. PAUL BERT, president de la Commission. Messieurs, il serai t, je crois, superflu d'appeler Inattention de la Chsinbre sur 1'inipoiiance, -s'ur fa gravite des questions qui lui sont soumises par le projet de loi du gouvernement. Peul-etre convient-il meint de rammer ce dobat. dans des limites qni soient plus pres de la realslc dos choses. 11 s'est, aulour de ces projets, eleve dans le pays conurie une sorte de tumulte : on a crie a I'oppression, on a crie au martyrc; et jusque dans le discours de 1'iionorable orateur r.;ui a occupe la tribune au debut de la discussion, ,ees preoccupaiions se font jour. II semble que les fondements meraes de k societ<i soient ebranles, il semble que tout soil remis en question.....
M. DE BADDRY-D'ASSON. C'est vrai.
M. PAW, BERT. II semble que la liberte de Tensiiignemeni, inscrite dans nos lois depuis 1833 pour 1'enseignemanl primair^, depuis 1850 pour. Tenseignement secondaire,~ depuis 1875 pour 1'enseignement superieur, soil compromise ; il semble que cette liberte de conscience pour laquelle, nous, fils de la Revolution, de la Revolution qui Ta proclamee, de la Revolution- a laquelle tout le monde ne pardonne pas de 1'avoir prochunee, il semble que cette liberte de conscience est. elle-meme menacee.
Eh bien { je pense qu'il n'en est rien ; je pense que la question nwlgre son importance reelle, ne louche pas a ces grands principes.
A mon sens et au sentiment de la commission qui m'a fait I'honneur de me nommer son president, a mon sens, la loi qui
vous est soumise n'est ni uae loi de doctriae ni une loi d'orga-- ,.nisalion .....
M. DE BAUDRY-D'ASSON. C'est une loi de disorganisation
M. LE PRESIDENT. N'interrompez-pas, ou je serai force de vpus rappeler a 1'ordre.
M: PAUL BERT. G'est simplement une loide defense sociale. (Tres Lien ! a gauche.)
Ge n'est pas une loi ,de doc.tr^ue, ar elle ne toucho pas an prinuipe de la liberte d'onseignement ; elle le proclame': iJ y a plus, elle lui rend son veritable sens, ct ?a veritable aulovite ; elle retnmehe des lois aflteiieur.es les a'JposjJ.io,ns draconie;aae& qui avaient supprime la veritable liberte d euseignernenl, c'est : a-dire la libeiie d'enseignemenL pour chaqua citoyen; seutoment, elle la, regie dans des conditions nouvelles, elle cree, si vous voulez, une incapacite nouvelle pour une classe de citoyens.
Ge n'est pas .une loi d'organisation, ,car elle ne louche en rien aux conditions que la loi votee par TAssemblee nationale en 1875, a inaposees pour r.oHycrt.ure, la creation, Tenlretien des elabbr-
Slki JIG .fait xjue leur euleyer uu tiiro qui constituait u
sui'^a' JOA .(Marque,-* d'.appi'o.baiipa a gatiche et au wsrifre . ile'.ai)auiion3 a drpjjte.)
M. DE 4 Ro.CHEFQUCAUiLD, DU,C DE BlSACC/A. Alors Cfite id
es^ une ioi d'usurpal^on !
JS. PAUL BI ? RT. ' -Eflfin .elle est une loi da defence sociale, e ! - .ce}a pour dtus ^raispfls; la preiaie^e, c'est gu'eile remet i'.i'.tat en pleine possi-ssioii d'.une pi^rogatiye.
M. PAUS< BfiiT... qui u'a jaiiub pu lui elre seriousement disu'-.(\y : iifiile .do cb,oisjr lij}rea\ci!.t les .raeiiibrgs des ju? v ys qui 'seront Qfawp-s .U;j. -ielivrei' les g-i'aMe? pges ? $oU pour oblfeijir ceiiaieies 0acijo;>s d'Evit, soil uour .Quvrirracces .de pertaines professions, a IVaili-tie uiisi|uoiles il a s.eujMy uecessaire d'jBxiger eertaiues preuyes da papacite.
"L^ ^jeconde rajson, .c'esi qu'yU.e vou.^ demande d'eaijBverie droit d'^ns.ejgner a tous les degres, pftni$ii'8, sccondaire, superieur, a un ensemble d'hommes qu'elle juge, lort-ou a raison ; nous dis cuterpns tout a J'beure ,c,e p.oint, -r- gu'elle juge 1113 dovoir fai.re usage 4e ee droit que pour comballVe nps libertes, que pour allaquer les bases memes sur lesquelies repose noire societe civile, .deraocratjque et la'it|ue ! (A' ppjaujiissements a gauche et au centre. a
DISCOTJRS DE M. I>. SJEfiF (21' JOT 1879).
Iff. GROTtst'tiE LA : KocHEtfi'E. -^- Ufa fci dfeux miriistpss qui oiit etf eleve's chez ; leg Jesiiiltes 1 !
51. IE PRESIDENT. -^ Wititfei*r'onip6^ jias j veuillez ecouter M. Paul' Bert, comme on a ecoute M. Boyer.
5f. B&ou is PErcstfs'i'ER . ~ On ntt Fa pas ecoute !
M. fiE pREsroiSin 1 .- Jfe rotfs demafl'de 1 pardon-, on ( Fa e'eoute' comriie il'riieriiait de fefeS'par'le Ifaleht don-fr it fait preuvffi M'. PAU! BERT. ^-' Ef-ce nf esti pas seulemeht pdur des raisons de doctrine (jiie* le 1 prbjet enleve ! a* cette categoric 1 d ? horamfes letlroit d'enseigner que leur laissent actuellement les lois ; c'est en' outre parce que ceS 1 hbiteaes'Oiit-la'prelentiondei vivre au sein de iiofre societe a 1'etat d'a ssociation' secrete, et sans- avoir presente leurs statufs a 1'approbation .de 1'Etat. (Tres bien ! {res hien ! a> gauche et aW cenfrev)! *
M. DE LA BASSETIERE. Leitrs- statute sont publics ;; ils ont et& puBlies et tout? Iff moride' les conhait.
M'. LE PRESIDENT. -^- M. de' la 1 BasSsetierev toils etes inscrit, TOUS aurez la parole a volre tour ; en attendant veuillez ne pas'irtferroinpre.
M. PA I DE BERI'. -^ fiit'parmi ces : groupes d'hommes, il en' est ttn ; partni ces compa'gaifes' il en : est une,- dont le nom est tellement ccl'ebrc, dbnt les agissements sont si connus, qui a tant de fois emcouru, dansnotre pays et dans beaucoup d'aulres, les jugemeiils dcs tribunaus, leS proscriptions tegilimes'desgouvernemenfsy qii'il 5mblte que la- loi 1 ne soit dirigee que contre eile. Si bien que, dans Vespritl public^ datfs' 1'opinion nationale, aupres de nos comraetlantsv ~ J^i lor qui voiiS es* sounlise a pour but d'enlever aux jesuiles le df oil d'enseigner ia jeunesse frangaise, et que voter pour ou conire tffttte" loi dquivatidr? a voter pour ou contre l-'existence et le dfoit d'enseigner reconnu* '% Iff sociele de Jesus. (G'est cela ! Tres- bien J i gauche. - . . .
M. HtioS DE PEHAifsTEii; Gela prouve que vous en avez peur 7
M. PAUI BERT. C'est pour cette raison, messieurs, que votre c ommission, avecune unanim?fequ'a seule troubleelu voix dssidenie denotre honorable collegue, M'. Gaslonde, a repousse les : amendedements qui lui ataient etie soumis : avant le depot du rapport, et a decourage ceux de ses menibres qui avaient quelque intention d'en deposer de riouveau. C'est pour cette raison que son president a ? retire sponfanement line proposition de loi qu'il avail anterieurement 1 deposee' swr le merrie sujet, et surlaqtielleil nepeut s'empSchev de jeter uri coup d'osil de regret paternel. (Sourires a gauche.) C'est pour celte raison que nous avons refuse de savoir si
Ton pouvait faire plus, si Fon pouvait faire mieux, quenous n'avons pas voulu amender le projet du gouvernement, et que nous vous la presentons, sauf quelques details sans importance, exactement tel qu'il nous a ete soumis.
Nous avons pense que ce n'etait pas au moment oil le gouvernement que nous avons mis a notre tete prenait position, au moment ou le gouvernement que 1'assemblee do 363 avail mis h salete marchait a 1'ennemi, qu'il etait opportun de faire de la coquetterie parlementaire, et de nous separer de luisur des points de detail.
A droite. Qui appelez-vous 1'ennemi ? Vous n'avez pas k droit de nous trailer d'ennemis ! On ne peut pas trailer ici des Francjais d'ennemis ! . -
Un membre a gauche. Ce ne sont pas des Frazujais 1
M. PAUL BERT. On vous 1'a dit...
M HUON DE PENANSTER. 11 y a longtemps que M. !e president nous aurait rappele a 1'ordre, si nous nous etions permis une parole semblable.
M. PAUL BERT. On vous 1'a dit a cette tribune, avecune eloquence incomparable, et vous savez que c'est a la suite de ce-tla parole que vous avez ete chasses de cetle enceinte.
M. HUON DE PENANSTER. .Mais nous y sommes' toujours, da)w celte enceinle !
M. PACL BERT Le clericalisme, voila 1'ennemi !
M. DE BAUDRY-D'ASSON. Alors moi, je dis que. la majorite ry- publicaine est la lepre devorante de la societe. (Oh ! oh ! a gaucbi*.} M. LE PRESIDENT. M. de Baudry-d'Asson, jc vous rappel!& a 1'ordre. (Exclamations a droito.)
M. DE LA ROCHEFODCADLD DUG DE BlSACCtA. Est-C6 qu'il gS*
permis de dire que nous sommes des wvjoenns ?
81. LE PRESIDENT. Quand on pavle do.s jesuites on ne, pas des membres de celio Ciiainl)f6. (i'rotesUitions a tlroito.)
M. DE LA BASSETiKiiu. ^vi\l ta loi tie liberte et ; :' r pjvisemenl !
M. PAW. BeRT C'esl pour celte raison, messieurs, que noits nou.-; sommes groupes unanimement et qise nous esporons quo ia Chambre, a une immense inajortte, se groupera dcrriere le gouvernemetit, au moment ou i! veul enlever au parti de la contrerevolution la plus recente et on peut dire la plus "audacieuse et 1'uaft de scs plus precieuses conq;.'etes ; au moment ou il veut ejjlevt'-r h ceux qui se sont i'aits les advcrsaires de la societe...
M , LE COMTE DE PfiRROCHEL, II u'y a pas ici. de parli qui atlaque la
M. LE PRESIDENT. N'interrompez-pas .' Vous n'avez pas la parole.
M. DE BAUDRY-D'ASSON. Rappelez-nous a 1'ordre si \ous voulez : qu'est-ce que cela nous fait, apres que vous avez dit que, en nous traiiant d'ennerais, on ne nous attaque pas !
M. LE PRESIDENT. Non, on ne vous altiique pas. ( Vives reclamations a droiie.)
M. DE BAUIIRY-D'ASSOJ!!. Nous defendons nos droits de peres ( !e fami'lle, et personne ne nous en empechera.
31. LG ['RESIDENT. Vous avez le droil de repondre a )a tribune, mais vous n'avez pas le droit d'interrotnpre ; je ne vous le permeltrai j-as.
Coniinucz, monsieur Paul Bert.
M. LE COMTE DE KERJEGU. On n'apas le droit de nous insuller . "nonsieur ie president.
M. LE in-.Ki-iDEST. Mais, encore une fois, on ne vous insulte :;-:.!.- fa i-.-3 n:.-is pas vous laissei' dire cela. (Nouvelles inlcrvuplions Idrohe.)
i'K J?E LA iiociiicFoucAni.il ircc DE BisAccu. - On nous traite i^'o.iinaaiu; !
M. OE l3AU35Hv-D'Ass03,- Nous deraandon? quo i'orateur K4?rf- '
si, IE pfisUiDEiri 1 . Vous n'avez gas h .r-ss'alo.
M. PAUL Bst. - Ouelle espresssou at-ift i retirer ?
M. trfc Hutlwv-o'A&soii,' L'exprcSiiO^ iVennesuis . 'yttiitu { refuser, raais nous ie itetnanfjonsj t'omsfilieu^nl.
3[. LE pRfeiDEsx. Vous n'avez [MS ': ttVoil dfc le tiwn
M. Dt BACDRY D'ASSOJS. Pardon !
11. LE PRESIDENT. Du tout ! je vous rapp&ik k 1'^rch'c avoe imcription au proces-verval. (Tres-bien j a gauche et au ceaJve. Exclamations a droite.)
M . DE BAUDRY-D'ASSOIC. Oh ! vous pouvez en user ! (Bruii.);
}i. PAUL BERT. Vos protestations ne m'etonnent pas. Elles prouvent une chose, c'est qu'il plane sur celte discussion tmci veritable confusion, c'est qu'il y a la une equivoque qui n'a 6t* : ' dissipee ni en 1850, ni en 1875, et que cette equivoque, il es temps de la dissiper; oui, il est temps de parler a visage decouverl (Ah! ah! adroile.)
Nous employons les memes mots, mais il n'ont pas le memo sens. (Nouvelles interruptions a droite.)
M. DE BAUUUY-D'ASSON. ? Vous auriez du tenir ce langage avant ies elections ; si vous 1'aviez fait, vous ne seriez pas ici I
M. LE PRESIDENT. Je fais'appel aux membreS'qui siegenl' de te cote. (M. le president se tourne vers la droite).
II n'est pas possible que, lorsqu'un orateur du talent el dc la competence de M : . Paul Bert, entame un parcil debat, oil il esi necessaire plus que jamais de mainlenir tout entiere la libevto de la tribune, il n'est pas possible qu'on- vienne hacher son discburs par des interruptions donl la Chambre peut apprecier la portee. (Applaudissernents a gauche).
M. PAUL BERT. Nous ne parlons pas.le meme langage, nous, les fils de la Revolution, je 1'ai deja dil, et ce mot suffitel, d'auti'o part, les represenlants, les champions et les defenseurs de 1'Eglise catholique, puisqu'elle est seule en cause dans le debat.
M. DE LA BASSETIERE. Ah ! tres bien 5
M; PAUL BERT. Non : nous ne parlons pas le meme lang.tgft.
M. BLACHERE. Nous ne parlous que le frangais.
M. P.ixn. BEP.T. J'cn- connais d'aulres mode-ies, iRonsk-iU: i (RSros gauclie).
Nous einplnyoas des mois qu; sent semblaWcs, mais qui rre d~ gniiitvo.T ; nas la ujeme cliose ; nous faisons appel a des princin^qui ont la- meme eliquelte, mais qni ; n*oiil HI la nieme origine in" - &&:(:-. but. (Tres bina I Ires bien ! a gauche).
Ei loi'saae nous parlons flu iiber$e r nous ne. pouvons ni KCU : .fiv'iSiJj o ni nous comprendne:; ii-faatdc.lin!r. (Tres bien * tres men ! a gauche ).
La liberte pour nous.., olv! jc ne-- ferai- pas de-me1apl;ysfqs-. je ne eevu pas pariw d'autrt! chose que de la liberle d'enseignttueiK, la Iibert4 d'er^eigneinent, pour nous, c'est la- mise en jeu d'luv: 1 iiberte personnelle..
M. CHARLES FLOQUET. C'cst cela !
M. PAUL BERT. C'est un cas particulier de cetle liberte precieusequ'avaitconsacreelapremiere.De'cZaj'aft'ore de&Bvoite (ie 1791 ; de celte liberte, pour tout citoyen, d'exprimer sa pensee par toutes les formes et dans toutes les circonstances possibles, sous la lutelle et la surveillance des lois.
C'est cette iiberle qui, pour nous, est la liberte d'enseigneroent; pour nous qu,i croyons au progress pour nous qui croyons a- la perfectibilite, traduire, enseigner a nos semblables ce que nouj avons appris, c'est notre droit, je dirai plus : c'est noire devoir. St je m'honore d'avoir ecrit, il y a dcja- longtemps, ces paroles : On parle du droit d'enseigner ! c'est le devoir d ? enseigner qu'il faut dire; mil ne peut, sans etre un egoi'ste coupable,.gardei* par
deverslui une part de-la veriie : . (Tres bien ! ! iresbien ! et bravos a gauche.)
Celte liherte, messieurs, comme totites les autres, dans sa mise en jeu, dans son execution, ne connait qu'une limile definie encore par la Declaration des Droits , la liberte des autres ; elle ne s'arretc que la ofr elle froisse la liberte des autres citoyens:
En est-il de meme de 1* libevte-comme 1'entend et doit 1'entendre I'Eglise 'calholique-? Cela ne se peutpas. Nous procedons du droit humain ; I'Eglise catholique precede du droit divin. Elle a recu' son investiture d'en haul ; elle areu une institution sacree ; elle a recu Tordre d'enseigner. II lui a ete dit : lie et docele.
If-. LE COMTE DE PERROCHia. C'est la de la theologie !
A gauche. N'interrompez pas !
M. LE PRESIDENT. Yraiment, monsieur de Perrochel, vous m'obligerez a vous rappeler a 1'ordre, et je le regretterais beaucoup pour vous, ear d'habitude vous n'interrompezpas. Je vousdemande deVouloir bien avoir la patience d'ecouter M. Bert, puisque vous Tons etes propose de lur repondre.
M, PAUI, BERT, On me dii : C'est de la theologie ! Messieurs, *?.3t*ce .cu'on voudrai! nW ire par lit ijup, co n'csi |ias de 1'histoire? ivil an est 3uisi T j'nccqjis Uintn'raptkis.. (liires a' gauche, }
Je- disais f.jue t'Eglise catholique declare qu'eMo a }t. mission, b. mission divine, d'ensetgnai* la verite :. tjv/il 'v.i. 3 &' vt^'oie Ja verity f.Qyi enliere sur les foits to?reste : 3 it ojuy 1?* ?!??&<? d'^a jisw.t ; qc.8uf rii?. aoiit la confredii 1 ^, qu'eUes. !o su-rie- s?.or!.t", t>u la lumiere no lui:te : -pas ei-fte dai'pie JVS5 ly-ler c-.'-itro rflli-i'exivitt!, que 1'erreur doit disparaitre devant ia- verile. K.'io po-s^-.-i-:; la verile absolue, immunble^ eternelle, suprdrae ; psr cc-iisecuent, sli-a v;intolerante, et c'est son- droit.
Messieurs, par cela seul qu ? elle puise son investiture <JaB?/?* vegions ou nous n'avons pas penetre, par ceia seul, sa iibcn'e n'?;i ^ns seulement, comme la notre,. le droit- de dire le vrai, d'enseignet i'out-ce qui constitue sa doctrine ; sa liherte se trouve froissee p.r ^ Fait seul qu'en face d'elle quelqu'vm dil'etenseigncquelque chose qui contrarie sa doctrine. (Tres licn-! a gauche.) . Gette liberte ne peut pas 'supporter la concurrence, elle ne le le doit pas, elle s'y refuse.
M. LE GOMTE DE MMLLE. La concurrence ! raais c'est ce qu'eJV demande !'
ML. PAOL BERT. Prenez garde a Therosie, si vous demandee cela ! (Rires a gauohe) car il estecrit que nul no pout li miter les d foils de ; I'Egl'.se calholique, que I'Eglisft catixolique doit avoir L?
Mv IE' PRESIDENT. Je fais'appel f aut memfri^ qtiHiegeirt- de ; . te cote. (M. le president se tourne vers -la droite). -.."-. " ".-: /". '-.
II n'est pas possible" que; lorsqu-'un oflateur <to lalerit el) dc ^ . la* competence de M, Paul Berty etttame un : paveH' debaty oil itesi--necessaire plus- que jamais- de niainlenir' tbut.entiere la iitieti? ; : de la' tribune, i\< n'estpas'possiMe' qu ? ott* vienhe hacher-sbn disdburs ,- -/''par des interruptions dont la Chambre peut apprecier la pbrfeei- ' (Applaudissfements a gauche)i . .
M. PAUL BERT. . Nous'ne parlons pas.le m^itte langage, nous,. V les-flls de la 1 Revolution 1 , je Fai' deja dit, .-^ et ce mot suffit . et^d'autt'e' pai't, les itcpresenlanls, les 1 ' cliartlpimis el les. deferiseurs de 1'Eglise catholique, puisqu'elle est seule en cause dans le x - ^debat. " " " - . ,
M;. DE "UK- BassETiRE. '- Mi Mres. bien: ! -
MvPAUL BERT. -Non : nous ne' parlous pas le meme
M. BLACHEnE. Nous ne parlous que 1'efranc.ais.
M. Pit'i, BEST. -^ J'en= cQimais d'aulres- mode!os f (Rjros 3 gauche),
Nous ernployons des mols qu. ; sent semMflfeles'; mais gnifieftt pas la tneme cliose ; nous .farsons appel a des qui:ont la- meme etiquette, mais qaim'ont- nMayneine origine ni ;,*: ffiiTr= but. (Tres Men! tres bienl h gauche). " .
Ei loi'sque nous parlons de libeile;. acius- ne pouvons ni -nous;-, ^l-juirijni nous conipren^resj ii>{aafrddfiuiFj.(Tres bien^f ti-e's foiea.! a- gauche)-.
La liberte pour nous... * ofc t Jo 1 . -ite" feraii pas de me1-ap!iv^><ps!r. je ne voiur.pus parJipr d'au*i'a ; choseque ! de la. liberte d'enseignaQte- > t . la liberte d'erVsteigaeinent, pour nous, c ? est la mise en jeu d'urr' liberte personnel^. .' - .
M. CHARLES FLOQUET-. G'cstcela' ! : .
M. PAUL BERT. G'est un cas particulier fe cetle liberte pre^cieusequ'avaitconsacreelapremi6reiDcforao deyfitioite du 1791 ; de cetle liberte, pour tout citbyen', d ? exprimer sa pensee par toutes les formes et dans toutes les' circonstances v possib!es, sous-la tutelle et la surveillance des-lois'.
C'est cette liberte qjii,. pour nou^ esMa liberte d'enseignement-; pour nous quj-: crayons au-' progresif pour Qous^ i\m croyons-a j la perfectibilite, traduire, enseigner a nos semblables ce que nduj avons. appris^, c'est- notre droit,:. je dirai plus : c'e8^ noire devbir. fit je m'honore d'avoir ecrit, ilj a' deja' longtemps;. ces paroles-: On parle div droit d'enseijgner ! c'est le devoir d?enseigner qu'il faut dire; mil ne> peut, sans etre un egoiste coupablev garde? par
fe-veril& -(Tres btekittresbien! et bravos 'CS^H^M
Geitie liberte,^ messieursy coming- WUtes; les autres, dans sa mise ^ en* jeu^-dans ^oh! exeeution-j- ne' confiait qu-unel limite ; -. definie. . --^
encore par la Declaration des Droits', la libtfrte des" autres:;' elle = . ^J|3
;^s ? aiefe : qwe]"la-o^,elte'ft%isse\la' liberte des autres. ckoyensi- . f4^
JEn esf-il de -m4me de- laf libevte' comme 1'entend et doit Fen-" - ;^^
^ndre i?^glise'catholiqii^? Gel*ne-se peufcpasi Nous procedbhs du ;ii;l
droit jiumain ; I'Eglisfr catholique prpcede du droit.diviu. Elle a . > : ^t
^ ^^investiture ^^d^nhart';>elle 5 areQuune institution sacree;. a reou-rordrfe.d'ensejgner.-Iilui' a ete dit: tte et.docete. .: II. IE COMTE DE PERROCHBL. --' ^ G'est la de^ la theologie ! A.^ gauche-.. =" N'interroinpez pas ^ -
:-M. LE PREsiDENTi Vraiment^ monsieur de Perrochel, vous a^obligerez a vous jappeler a l ? qrdre, et je le regretterais beaucoup pour vous, car d'habitude.. vous n'interrompez pas; Je vousdemande de 1 vouloir bien avoir la. patience- d'ecouter Jfe Bert,- ; puisque vous yous'etes: propose de^Iui'repondTel \
M, PATJL^ERT. On me dil:- G'est de la tneologie! Messieurs, f?al*ce .au'on; voudraii - raft dire par 1 que ce n'cst pas de Fhistoire ! S'il'On estlvinsi, ]'accfjpt&I ; jntoyr>v.ptios,-(Bifes a ! gaucne;} / ' , .'
Je disais -que I'figlise- cathoiiqiH? declaco q^e!.^ auft mission, k jtnission divine, d'enseigner la verite^; fp-jl M '"3" efg ?4 ? Q^ ^ a entiere sur le"
absplue, imniuable-jf eternellfr, sup,rerae;' pfi? ccrisequcpt, slla cat ^*^erantejiet ; c'est'sori<dipo^ , / - .^- .
/Messieurs, par'cela seiil qji-'elle puise son- i
Ijii=CQnsiituesa .-doctrine ; sa lib.erte
I'uQ dittet enseigne'queliiue chose .
dpctrii}eV(TresLnfe{x-!/a>gfluohe.) '
elle ne le
;'est ce q
deman(Ie f^; ' "1- x A ^ '/ ''-. ( .'- ..""':. '/;.. '' -, : ;'-.'." ; ' " / "" ^PiiDii^EM^^Preiiez garde a^ rfieresie;, si- vous denianSeji cela-J^(Rires'-a ; gaticfe)-car il est ecrit que-fnulriie pcut-limiter lea^
catholiqyfi dbjt avoir 1?
direction .et la surveillance de tous les enseignements; que lorsque les ecoles de pestilence qui ne sont pas excliisivement cothohques se dres*ent devant 1'Eglise, c'est un outrage a sa liberte!
Je vois bien qnc votre silence prouve que vous acceplez cette doctrine. (Denegalions a droite.)
Un membre adroite. Pas du tout! L'Eglisen'a jainaisdit cela..
Voix a gauche. Laissez done parler!
M. DJJ BAUDRY-D'ASSON. Que notre president nous permelte de repondre, alors ! .
M. LE CCSITE DE MAULS, s'adressant a 1'orateur. Si c'est la votre theologie, je ne vous en fais pas mon compliment !
51. PAUL BERT. Puisque vous n'aceeptez pas mon raisonnement, puisque vous pensez que je traduis mal et cela ne m'etonne pas la pensee de 1'Eglise catholique et ses doctrines, vous voudrez bien me permettre de m'abriter derriere des autorites plus competentes.
Je disais que 1'Eglise catbolique doit avoir non seulement la liberle, mais le monopole ; elle le veut, elle 1'exige. Je dis qu'ellea raison, car I'iutolerance est une des marques de la certitude, et, en matiere relig'euse, la tolerance est une des formes du scepticism?, Elle 1'exige, et elle exige aussi que les gouvernenjemls vieimenta son aide et ia debarrassent de ce qui I'offusque, la froisseet lui fait injure. (Rumeur adroite.)
Ecouiez, pui-:qu vous ne me croyez pas:
Le devoir do 1'Elal ost d'assister 1'Eglisc... dans ie travail de I' education l de 1'ensei'gaement publics... II a parfaiternent le droit de susciter ftde, fonder des ecoles publiques, des chai res pour tpules -T-ortcs tie f:jcu!Les et de branches d'enseignement; il | cut confier j'c'aseigneme.'it a toutes series de personnes, aux la'iques, comme aux religieux, cotnme aux ecclesiastiques; mais ton jours a la condition que 1'Eglise, seule depositaire de la foi et des interets du Christ et des ames, sui'veille 1'enseignement, cmpeche JVrreur de s'y glisser sous pretexte de science, ou de lillerature, ou d'histoire... (Sourires a gauche) et puisse trouver dans ses rnaitres des auxiiiaires pour la grande oeuvre donl Dieu 1'a caargee.
Tel est, (iaus loute son ampleur, la these de la liberte d'enseignement et d'education.
, Nous sommes heurcux, quand nous jouissons veritablement da cette misemble egalile entre le mensonge et la verite, entre There sic et la foi, que dans le style moderne on appelle liberte d'enseignement. Pour nous, c'est bw>n de la liberte, quoiqu3 ce ne soit