‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 58 sur 344 · ART. 1. DE L'AMOUR DE DIED · texte numérisé non relu

ART. 1. DE L'AMOUR DE DIED

ART. II. DE L'AMOUR DU PROCHAIH 1 . Du. precepte de V amour du prockain en soi* 223. D. Est-il contraire a la charite de souhaiter

TRAITE. DBS VERTUS. 8!

un mal temporel a son prochain , ou de s'en rejouir, pour une bonne fin ?

R. 1 Non, si Ton ne viole pas Pordre voulu par la charite, c'est-a-dire si on le fait en vue d'un bien plus grand, ou d'uu mal moins grand. Cela est done permis : 1 pou le bien spirituel de son prochain ; 2 pour le bien commuc spirituel ou temporel ; 5 pour le bien d'un grand nombre et d'une bien plus grande importance, comme celui de la famille, de la communaute.

R. 2 Oui, quand on viole 1'ordre voulu par la charite. Ainsi une epouse ne peut desirer la mort de son mari parce qu'elle est maltraitee par lui.

224. : On doit, en principe, donner a ses eriuemis les memes signes d'affection qu'aux personnes de meme situation; car les leur refuser serait un acte de vengeance et une manifestation de haine, ce qui est contraire a la charite.

225. D. Peut-on desirer un chdtiment public pour son donemi, et meme le demander ?

R. Oui, en prineipe, pourvu que tout sentiment de vengeance soit ecarte; mais la pratique est dangereuse.

D. L'offenseur doit-il demander pardon de 1'offense?

R. Oui, en principe, s'il n'y a pas un autre moyen de reconciliation, Excepte le cas ou 1'offenseur serait de beaucoup superieur a 1'offense ou si 1'offense etait cense prudemment pardonner 1'offense.

226. ..... II ne faut pas aussitot accuser d'un peche, surtout d'un peche grave, les penitents qui s'accusent de haine. Car ils conlondent souvent I 1 'appellation propre d'inimitie avec la haine d' 'abomination, ou de qualite, ou dedefaut; ou bien encore, ils n'eprouvent qu'une aversion naturelle et invincible. Cependant il faut prendre garde que rabominalidn de qualite ou de caraetere ne degenere pen )L peu en haine pour la personne-

2. Des ceuvres de misericorde : de I'aumoue et de la correction fraternelle.

De la correction fraternelle. C'est I'admonition par laquelle, en vertu de la charite, on s'efforce d'eloigner un autre du peche

231. D. Le precepte de la correction fraternelle obliget-il sous peine grave?

R. Oui, en principe

232. . D. Quel ordre doit-on garder dans la correction fiaternelle?

R. 1 Reprendre en secret , 2 devant temoins, si la premiere admonition ne suffit pas ; 5 rapporter la chose au superieur... Quelquefois on peutet on doit changer cet ordre...

255. Dans les communautes regulieres, dans les colleges, les seminaires, etc., le plus sou vent i I convient que la correction <?e fasse par voie de denonciation, soil directement. soitpar un intermediate 1 . On ne peut absoudre les caasarades et condiseiples qui ne consentent pas a faire cette denonciation, quand il s'agit d'un grave dommage pour la communaute.

1. Jborsqne le peche du prochain est secret, il faut avertir le coupable en secret ; s'il se montre indocile, il faut le reprendre en presence d'une ou de deux personnes prudentes; s'il persevere danslenjal, il faut en avertir son superieur. Mais il peut arriver qu'il faille intervertir cet ordre et denoncer immediiitement le coupable au superieur (Marotte). ^

G'est la iheorie de 1'espionnage entre camarades, qui est la regie dans tes maisons des jesuites, et comribue tellement a-rabaissement des caracteres; on sait comment,' dans nos lycees. sont traites les rapporteurs.

Les journaux signalaient recemment a 1'indignation publique un article du reglement de rEcolemiJitairede Suint-Cyr, qui est evideinment dicte par 1'esprit jesuitique :

II e*t du devoir des eleves de premiere division de signaler a I'aulorite tout eleve de deuxieme division dont la tenue, les fails et gesles a 1'extericur pourraient compromeltre la bonne reputation de I'ecole, dont tous sont solidaires.

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