‹ La morale des Jésuites [microform]Chapitre 69 sur 344 · D. Y a-t-il simonie lorsqu'un pretre offre une · texte numérisé non relu

D. Y a-t-il simonie lorsqu'un pretre offre une

tenir, s'il obtient ainsi le l)ei,cUce, oot-il coupable de simonie ? Won, parce que c'est 1'inlention qui determine la nature de 1'acte exterieur. (Geci est I'opiiiion de Lessius, Suarez, de Valence, Fabri, Laymann, etc.).

Gregoire de Valence : On n'est point simoniaque pour rendre a un eveque quelque service, ou lui faire quelque present temporel, dans 1'esperance d'obtenir de lui, a titre de reconnaissance, quelque benefice spii'ituel.

Filliudus : (t Si Ton donnait une chose sacree poui' un plaisir impudique, et cela a titre de prix, et non pas simpleraent a titre de gratitude ou de bienveitlance, alors il y aurait simonie et sacrilege ; comme par exemple, si la collection, election ou presentation a uri benefice etait la solde de Timpudicite commise avec la soeur du beneficier. J'ai dit, non a titre de gratitude, parce qu'en ce cas il y aurait ni sacrilege ni simonie; mais seulemeut tout au plus une sorte d'irreverence, de vecompenser une action honteuse profane par une chose sacree et dddieea Dieu. (p. 151). . .

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messe a un la'ique pour enjeu, tandis que son compagnon expose un enjeu materiel ?

R. Non, enprincipe; parcequede cettemaniere une chose spirituelle n'est pas mise en balance avec une chose temporelle ; c'estcomme lorsque Ton dit une messe pour un certain prix ; inais on ne fait qu'offrir un payement spirituel au lieu d'un payement temporel .. .

D. Y y a-t-il simonie lorsqu'un pretre fait payer une messe au-dessus delataxe habituelle, ou fixee par 1'eveque?

R. Noh 7 dans le for interieuret devantDieu,amoinsqu'il n'ait une pensee simoniaque ; car puisqu'il a le droit d'exiger une remuneration, il n'y a pas la d'echange d'une chose spirituelle pour une chose temporelle.

295. On n'est pas coupable de simonie, lorsque, par reconnaissance, on donne un bien temporel pour un bien spirituel qu'on a recu, et vice versa. Ainsi, il n'y aiirait pas de peche de la part d'un chapelain qui se mettrait volontairement au service d'un eveque dont il a re<ju un benefice, ni de la part d'un eveque qui confererait un benefice a un ecclesiastique en reconnaissance des services qu'il en a reeus; parce que ces choses ne sont pas regardees comme un prix. En outre, il est honorable et louable de se montrer reconnaissant pour un Service qu'on a regu ........

D. Faut-il restituer un prix simoniaque qu'on a recu pour une chose spirituelle ?

R. S'il n'y a eu que le crime de simonie, et si la justice n'a pas ete violee, il n'y a aucune obligation de resti-/ tuer avant le jugement qui vous y condamne ; kjaoins-^ue le prix ne depasse 1'estimation du bien temfiorel qu'on donne a un autre en echange d'un bien spirituel. . . .

CAS SUR LE PREMIER PRECEPTE Dli DECALOGP

CAS IX

Snr la divination

Lazare a entendu dire qu'un anneau ou une pierre suspendue a un fil qui est tenu entre le pouce et 1'index, demaniere a.frapper tin verre, indique 1'heure. Pousse par une grande curiosite, il allait faire 1'experience, lorsqu'il entend dire que ce n'est pas permis, comme enlache de superstition. II demande 1'avis de son con fesseur.

D. Peut-il faire 1'experience? Est-ce pratique superstitieuse ?

R. Lazare ne peut faire 1'experience, parce que evidemment c'est une pratique superstitieuse. Car il n'y a pas de cause naturelle pour indiquer 1'heure, puisque cette indication ne peut provenir ni du battement du pouls, ni de rimagination, ni de 1'attraction des astres.

CAS X

Magie et

Sabellus, fiance a Sigolena, esl sur le point de Tepouser. Mais Dafrosa, belle-mere de Sigolena, et femme de mauvaise vie, vient a 1'apprendre et fait tout

son possible pour s'y opposer, mais en vain. Alors dans sa colere, elle dit a Sigolena : Que ce mepris de mes conseils te porte malheur ! Apres le mariage, Sabellus congoit une telle aversion pour son epouse, qu'il ne peut plus la voir sans etre saisi d'horreur. Sigolena, soupgonuant Dafrosa d'avoir employe un malefice, s& plaint a celle-ci de F aversion de son mari et lui demande si elle connait un remede : Oui, repond Dafrosa, mais je ne te 1'indiquerai pas avant que tu m'aies donne cent ecus.

D. Peut- on raisonnableraent conjecturer qu'il y ait dans ce cas intervention de la magie ou d'un malefice?

R. Oui, car cela parait resulter de toutes !es circonslances. Assurement, une aversion naturelle peut naitre entre les epoux, comme on en voit beaucoup d'exemples. Mais elle ne se produit pas sans une cause connue, avec autant de rapidite et de violence. Ajoutez a cela les menaces de Dafrosa,. femme de mauvaise vie, et le remede qu'elle dit avoir a sa disposition, si on lui donne de 1'argent. D'apres 1'Ecriture, nous voyons qu'il y a eu des mages, des devins et des sorciers ; cela est etabli aussi par differents passages du droit canonique, avec des preuves abondantes. Aussi ne faut-il pas refuser d'ajouter ioi a tous les faits diaboliques de cette nature en general et en particulier, lorsqu'il y a des indices indubitables. Dans tous les temps anciens, il y a eu des hommes pervers qui ont fait un pacte affreux avec le diable pour se venger des autres, par son aide, d'une maniere etrange et effroyable. Pourquoi, a notre epoque si corrompue, n'y aurait-il pas des mages et des sorciers? Mais il faut eviter de croire Irop facilement aux divers sortileges qu'on raconte: car la plupart sont des inventions, et le peuple trop credule, attribue souvent

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