GASTON BOISSIEU
les dessins iv el xxix. La courbe est dominante, la verticale est une pauvre orpheline, mais cependant les horizontales se redressent, s’atténuent, des angles naissent imperceptibles (iv) et finalement une pauvre âme se dresse cahotée entre le petit rêve, un doux petit rêve de tête, et l’appétit de vivre en matière, appétit féroce cpii souvent emporte, sans pourtant submerger les quelques isolées... surfaces où se réfugie la raison, le tact, la mesure....
Autrement s’offrent à notre entendement les dessins Boissier1 et Simone Benda *. La différence paraît essentielle : le Simone Benda , c’est une Tanagra moderne, toute d'impulsion et d’intensité; le Boissier une tapisserie genre Louis XIV, à falbalas, habits de fêtes, grands saluls et mots solennels, siècle de la perruque sublime. Or ces deux êtres sont parents, parents par la ligne, par certains traits essentiels, par la constante de chacun d’eux. Regardons les lignes, c’est le même trait fin, des obliques, presque des droites, avec des courbes qui naissent follement en cours de route, s’enflent, grandissent et puis s’atténuent, se redressent, s’etfacent et aboutissent à cette surface à peine dessinée, cette extrémité du nez du Benda et celle du Boissier qui apparaissent comme clef de voûte de toutes ces lignes, de toutes les complications de ces deux êtres. Seulement, regardez de plus près : dans le Benda elles parlent de la surface et s’éparpillent, se brisent; tout est impulsion, désir de papillon, grande volonté, intuition et petit caprice conscient : il y a là une cassure essenlielle, une tana-