Mommsen, Hist. rom., I, p. oai
LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS
L'in
nient dite ne contient même d’abord que le loyer sacré commun à l’association de familles qui vient de se constituer. Elle n’est qu’une enceinte où l’on élève le foyer ' sacré. Puis on choisit, parmi les chefs des familles associées, une sorte de patriarche, de roi, qui sera en même temps le prêtre du foyer sacré de la cité, et auquel on attribuera, par rapport à l’association entière, les droits, les pouvoirs elles devoirs qui incombent au chef de chaque famille dans l’intérieur de cette dernière. Ainsi que le fait justement remarquer Fustel de Coulanges, « pendant plusieurs générations encore les hommes continuent à vivre en dehors de ta ville, en familles isolées, qui se partagent la campagne. Chacune de ces familles occupe son canton, où elle a son sanctuaire domestique et où elle forme, sous l’autorité de son paler, un groupe indivisible. Puis, à certains jours, s’il s’agit des intérêts de la cité ou des obligations du culte commun, les chefs de ces familles se rendent à la ville (où habitent le roi, les prêtres, les fonctionnaires et leurs serviteurs) et s’assemblent autour du roi, soit pour délibérer, soit pour assister au sacrifice. S’agit-il d’une guerre, chacun de ces chefs arrive, suivi de sa famille et de ses serviteurs (sua maiias) ; ils se groupent par phratries ou par curies et ils forment l’armée de la cité sous les ordres du roi ‘ ».
A l’époque de la conquête des Gaules par César, la plupart des villes gauloises n’étaient que des cités du genre de celle déci'ite ci-dessus. Dans l’empire d’Annam, les citadelles, étaient aussi des cités administratives et religieuses, où n’habitaient que les autorités provinciales avec leurs serviteurs et leurs milices, autour de la pagode royale.
Les sociétés primitives formées par les familles dont il vient d’être question s’accroissent petit à petit par l’immigration de familles venues du dehors. En les accueillant sur leur territoire, les premiers occupants ne leur accordent qu’un traitement de tolérance et les assimilent auv individus qui, pour un motif ou pour un autre, avaient perdu leur caractère de citoyens et n’avaient pas de religion fa-