‹ La morale des religionsChapitre 108 sur 380 · I. Livre I, 87 ;i · texte numérisé non relu

I. Livre I, 87 ;i

LA RELIGION BRAHMANIQUE ET SA MORALE

de la justice, est destiné à s’identifier avec Brahme. — Le Brahmane, en venant au monde, est placé au premier rang sur cette terre ; souverain seigneur de tous les êtres, il doit veiller à la conservation du trésor des lois civiles et religieuses. — Tout ce que ce monde renferme est en quelque sorte la propriété du Brahmane ; par sa primogénilure et par sa naissance éminente, il a droit à tout ce qui existe*. » Il est impossible de ne pas être frappé de la similitude qui existe entre la doctrine tracée dans ces lignes et celle qui anime d’un bout à l’autre les Livres sacrés des Hébreux. Le prêtre est une sorte d’incarnation de la divinité, il est supérieur à tous les autres hommes et c’est par lui seulement que les autres classes peuvent exister, c’est par lui seul que les princes peuvent régner. Le Manava-Dharmci- Sastra interdit aux princes de condamner à mort les Brahmanes : « Que le roi se garde bien de tuer un Brahmane, quand même il aurait commis tous les crimes possibles ; qu’il le bannisse du royaume en lui laissant tous ses biens et sans lui faire le moindie mal. — Il u’y a pas dans le monde de plus grande iniquité que le meurtre d’un Brahmane ; c'est pourquoi le roi ne doit pas même concevoir l’idée de mettre à mort un Brahmane L »

La société aryenne de l’Inde s’était singulièrement transformée depuis l’époque où chaque jière de famille faisait le sacrifice à son foyer, entouré de ses enfants, et assisté [lar sa femme. Si l’on tient compte de l’évolution indiquée par la suite des hymnes du Big-\ éda, il s’était d’abord constitué des sortes de prêtres, des individus sur lesquels les pères de famille se déchargeaient, en certaines circonstances solen-

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