‹ La morale des religionsChapitre 115 sur 380 · Ibid., A'III · texte numérisé non relu

Ibid., A'III

LA MORALE FAMILIALE DU BRAHMANISME

une femme gardée appartenant à la classe militaire, et un Kcliatriya, avec une femme de la classe commerçante, doivent subir tous les deux la meme peine que dans les cas d’une Brâhmânî non gardée. — Un Brahmane doit être condamné à payer mille panas s’il a un commerce criminel avec des femmes surveillées appartenant aces deux classes ; pour adultère avec une femme de la classe servile, un Kcliatriya et un Vaisya subiront une amende de mille panas. — Pour adultère avec une femme Kchatriya non gardée, l’amende d’une Vaisya est de cinq cents panas ; un Kchatriya doit avoir la tête rasée et arrosée d’urine d’âne, ou bien payer l’amende. — Un Brahmane qui entretient un commerce charnel avec une femme non gardée appartenant soit à la classe militaire, soit à la classe commerçante, soit à la classe servile, mérite une amende de cinq cents panas ; de mille, si la femme est d’une classe mêlée *. » En somme, le châtiment inlligé à l'homme qui commet un adultère est d’autant plus sévère qu’il appartient à une classe plus inférieure par rapport à celle de la femme ; inversement, elle est d’autant plus faible qu’il fait partie d’une classe plus élevée ; s’il est Brahmane, il en est quitte pour une tonsure ignominieuse ou une amende pécuniaire dans les cas où les coupables des autres classes sont punis de mort. Il est impossible de ne pas voir combien, clans cette morale, la nature de la faute s’elTace devant le caractère de ceux c|ui la commettent. Pour le moraliste sacré, l’adultère n’est réellement une faute que par le tort qu’il fait à la pureté des classes, et la faute est d’autant plus grave que la classe atteinte est pins élevée.

Le Code sacré de Manou n’est, d’ailleui-s, pas très dilficile en matière de preuves établissant l’adultère, montrant ainsi toute l’importance cju’il attache à cette violation de l’ordre social : « Etre aux petits soins auprès d’une femme, lui envoyer des Heurs et des parfums, folâtrer avec elle, toucher sa parure ou ses vêtements, et s’asseoir avec elle sur le même ht, sont considérés par les sages comme les preuves

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