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LA MORALE FAMILIALE DU BRAHMANISME
objet doit être communiquée sans maltraiter les disciples, et le maître qui désire être juste doit employer des paroles douces et agréables. — Au moment de se mettre à lire, que le directeur, toujours attentif, lui dise : « Ilolà, étudie » et qu’il l’arrête ensuite, en lui disant : « Repose-toi. » L’élève doit, par contre, montrer un grand respect à son maître : (( En commençant et en finissant la lecture du Véda, que toujours il touche avec respect les pieds de son directeur (Gourou) ; qu’il lise les mains jointes, car tel est riiommage dû à la Sainte-Ecriture. — C’est en croisant ses mains qu’il doit toncber les pieds de son père spirituel, de manière à porter la main gauche sur le pied gauche et la main droite sur le pied droit L »
I. Ibid., Il, i5(), 78, 71-72. — Il est intt^ressant de comparer les prescriptions des Lois de Manou relatives à la bienveillance des parents et des maîtres avec les prescriptions suivantes de la philosophie morale des Chinois. Koung- Sun-Tclieou dit ; « Pourquoi un homme supérieur n’iiistruit-il pas lui-même ses enfants ? — Meng Tseu dit : Parce qu’il ne peut pas enqiloyer les corrections. Celui qui enseigne doit le faire selon les règles de la droiture. Si l’enfant n’agit pas selon les règles de la droiture, le père se fâche ; s’il se fâche, il s’irrite ; alors il blesse les sentiments de tendresse qu’un fils doit avoir pour son père. « Mon maître (dit le fils eu parlant de sou père) devrait m’instruire « selon les règles de la droiture ; mais il ne s’est jamais guidé par les règles de « cette droiture. « Dans cet état de choses, le père et le fils se blessent mutuellement. Si le père et le fils se blessent inutuellemeut, alors il eu résulte un grand mal. Les anciens confiaient leuivs fils à d’autres pour les Instruire et faire leur éducation. Entre le père et le fils il ne convient pas d’user des corrections pour faire le bien. Si le père use de corrections pour porter son fils à faire le bien, alors l’un et l’autre sont bientôt désunis de cœur et d’alïection. Si une fois ils sont désunis de cœur et d’all'ection, il ne |)eut point leur arriver de malheur plus grand. » Meng Tseu, Ilia Mencj, I, 18 (voy. diî Lanessan, La morale des philosophes chinois, p. 70, Paris, F. Alcan).