Ibid., p
gardant bien ton Moi et avec vigilance, tu vivras, ô moine, dans la félicité'. y> C’est l’égoïsme poussé, dans le domaine de la vertu, aussi loin que l’imagination peut le concevoir. La morale bouddhiste ne devait trouver de rivale, sur ce point, ([ue quinze ou seize siècles plus lard, dans V Imitalion (le Jésüs-Chrisl .
Lue pareille morale conduit nécessairement celui qui la pratique à n'avoii' avec les hommes que le minimum joossiblc de relations : « Quiconque ne dit que peu de paroles sages, mais se conduit selon la loi de la vérité, qui s’abstient d’amour et de haine et d’aveuglement, qui possède la science, et dont l’esprit a trouvé la délivrance, qui ii’a d’attachement à rien ni dans le ciel, ni sur la terre, celui-là a part à la dignité des moines L »
La vie monacale apparaît nécessairement comme l’idéal de la morale bouddhiste : « C’est un étroit assujettissement que la vie dans lamaison^ un état d’impureté ; la liberté est dans l’abandon de la maison. Abandonnant toute possession, il faut s’en aller de là. » Tout bouddhiste convaincu quitte sa famille, se fait moine et ne vil que des aumônes recueillies le long de sa route, s’il mène la vie errante, ou dans les alentours de son monastère, s’il vit en commun. « En grande joie nous vivons, nous ([ui ne possédons rien: la gaîté est notre nourriture comme aux dieux de lumière. Comme l’oiseau, où f|u’il Aole, n'emporte avec lui que ses ailes, de même aussi un moine se contente du vêtement qu’il porte, de la nourriture qu’il a dans le corps. Où qu’il aille, partout il emporte avec lui sa fortune L » 11 doit, même dans cette vie de pauvreté, n’avoir que le moins possible de relations avec ceux ipii lui font l’aumône. Il tend son écuelle sans mot dire, sans lever les yeux jiour regarder ce qu’on y met, puis la couvre de son manteau et se retire.
Cependant, mêmedans l étal de moineerrant, silencieux, indifférent au monde, l’idéal du parlait bouddhiste n’est