‹ La morale des religionsChapitre 146 sur 380 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

devant le bois enilammé. « Quand le grand tas de bois commença à vomir flammes et vapeurs, je m’élançai en l’air et me précipitai au milieu du feu. Comme une eau fraîche, chez celui qui s’y plonge, calme le tourment de la douleur, comme elle le réjouit et le ranime, ainsi ce feu flambloyant, où je me précipitai, calma tous mes tourments, pareil à une eau rafraîchissante. Peau et cuir, chair et nerfs, os, cœur et ligaments, tout mon corps avec tousses membres je l’ai donné au brahmane’.

A la charité et à la hienveillance, le bouddhisme, malgré la sécheresse de cœur qu’il recommande, ajoute l’esprit de conciliation, de concorde et condamne l’inimitié. Le Parfait (( réconcilie ceux qui sont désunis, il resserre les liens de ceux qui sont unis. La concorde fait sa joie ; la concorde fait son occupation ; la concorde fait ses délices ; les paroles qui enfantent la concorde, il les dit. C’est là aussi une part de sa droiture ^ » Il ne se venge ni des injures, ni du mal dont il a été l’objet. Un des héros des contes bouddhistes, nommé Longuevie, a vu mettre en quatre morceaux son père et sa mère par le roi Brahmadatta. Un jour, il tient celui-ci entre ses bras, endormi, au fond d’une forêt ; il tire son épée pour le tuer, mais il se- rappelle les paroles que lui dit son père avant de mourir : « Ce n’est pas par l’inimitié que s'apaise l’inimitié, c’est par l’absence d’inimitié que s’apaise l’inimitié. » Deux fois il tire son épée pour percer le cœur du roi, deux fois il la remet au fourreau, au souvenir de ces paroles, et finit par les répéter au roi qui, plein d’admiration et de reconnaissance d’avoir eu la vie sauve, lui rend ses biens, son armée, son pays et lui donne sa fille en mariage

Cependant, ces Aœrtus ne sont, aux yeux du bouddhiste, que très secondaires : ce qai domine sa morale, c’est le souci constant du « Moi », le perfectionnement du (( Moi», pour la satisfaction du a Moi » lui-même. <( Par ton Moi, aiguillonne ton \loi ; par ton Moi cherche ton Moi ; ainsi

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