‹ La morale des religionsChapitre 150 sur 380 · I. Ol.DENBERG, |). l · texte numérisé non relu

I. Ol.DENBERG, |). l

LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

celles des temps où vivait le Bouddha. L’une des femmes qui ont joué les grands rôles dans l’iiistoire du bouddhisme, la bourgeoise Yirakha, demande au Maître, qu’elle a reçu dans sa maison, et après le repas qu’elle lui a offert, d’exaucer huit vœux qu’elle a faits, et qui tous ont pour but d’aider les moines dans leurs prédications et leur œuvre de prosélytisme. Le dernier consiste à fournir des vêtements de bain aux hommes et aux femmes (|ui embrassent la vie religieuse. A l’appui de son vœu, elle tient ce langage, qu’une femme du temps des Védas aurait considéré comme un blasphème à l'égard delà beauté, de l’amour, de la vie : (( Il est arrivé. Seigneur, que les nonnes se baignaient nues dans la rivière Aciravatî à la même place de bains que les courtisanes. Les courtisanes, Seigneur, se raillaient des religieuses : à quoi songez-vous. Révérendes, avec votre vie de sainteté, aussi longtemps que vous êtes jeunes? \e convient-il pas de se livrer au plaisir? Attendez d’être vieilles pour embrasser la vie sainte; ainsi vous connaîtrez les deux vies : celle d’à présent et celle d’alors. Et les religieuses, Seigneur, ainsi raillées par les courtisanes étaient troublées. C’est une chose impure, ô Seigneur, que la nudité chez la femme, une chose honteuse et condamnable, d'elles sont mes raisons. Seigneur; c'est pourquoi je désire, ma vie durant, fournir des vêtements de bain à la communauté des nonnes L » Le bouddhisme avait conduit les esprits au mépris de la femme, à son éloignement des hommes et de la société ; sans penser qu’il mettait en danger la famille ; il était inévitable qu’il condamnât la beauté comme un vice. N’est-ee point la beauté qui constitue, pour les hommes, ces « rets » dont parlent les Livres saerés hébraïques ?

Envisagé du point de vue soeial, le bouddhisme ne représente pas un progrès sur le brahmanisme. Quoiqu’on en ait dit, il ne eondamnait pas plus les castes que le christianisme ne devait plus tard eondamner les classes sociales. Comme ce dernier, il se bornait à ouvrii- ses rangs aux individus de toutes les castes, mais il ne paraît pas que les diseiples du Bouddha aient été, dans la pratique, recrutés ail-

leurs que dans les castes supérieures et, en particulier, dans celle des Brahmanes. D'un autre côté, en supprimant l’affection sociale, en invitant ses adeptes à s’éloigner du monde et aie considérer comme nue source de douleurs dont il faut s’écarter, en préconisant la vie monacale et la méditation solitaire, le bouddliisme avait créé la plus détestable morale sociale qu’il soit possible de concevoir. A cet égard, il offre des traits nombreux et frappants de ressemblance avec le prophétisme et l’essénisme judaïques.

Page 1