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I. Voyez LAOuE^’AlS, 11, p. aGS

“23“2 LA MORALE RELIGIEUSE DES PEUPLES ARYENS

mille et quelques castes ou sous-castes de Brahmanes qui vivent de la sottise des adorateurs de l’infinité de dieux qu’elles servent, sont une preuve que le corps sacerdotal indien comprit admirablement ses intérêts le jour où il ouvrit les portes de ses temples à tous les dieux des races jaunes ou noires que les Aryens ont conquises. Mais si les prêtres tirèrent avantage de cette façon de faire, la moralité des Aryas en fut profondément affectée. A leurs dieux plus encore qu’à ceux des poèmes d'Homère et d’Hésiode peuvent s’appliquer les considérations sur lesquelles s’appuyait Platon pour demander que l’on écartât de la jeunesse grecque les fables où sont racontées les crimes ou les débauches de l’Olympe homérique. El, de même que Platon ne s’arrêtait point aux excuses tirées d'explications métaphysiques des légendes homériques ou hésiodiques, pour accepter ces légendes, on ne saurait voir dans les mythes plus ou moins obscurs C[ui se cachent derrière le panthéon grotesque, hideux ou lubrique de rinde, une justification des cultes ridicules que les Brahmanes entretiennent. On ne peut que constater les effets produits par le brahmanisme : or, il est impossible de nier qu’ils soient déplorables. « Je n’ai jamais vu, dit'en parlant des Hindous un homme qui les avait observés de près pendant de nombreuses années, une race d’hommes chez qui le niveau moral soit plus bas, qui soient moins confus quand on les jii'énd en flagrant délit de fausseté, qui soient plus indifférents aux souffrances de leurs voisins, si ceux-ci ne sont pas de leur caste ou de leur famille, dont la conversation ordinaire et familière soit aussi licencieuse, et qui, dans les districts sauvages où les lois sont sans force, versent le sang avec moins de répugnance'. »

Ce (pi’il importe particulièrement de noter, c’est que le brahmanisme a mis obstacle à tout développement scientifique. La caste sacerdotale étant la seule qui, jusqu’à ces derniers temps, fût en situation de se livrer au travail intellectuel, celui-ci a été confiné d’une manière presque absolue dans les études qui ont pour hase la religion. La

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