‹ La morale des religionsChapitre 181 sur 380 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

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2o“2 ^lORALE PHILOSOPHIQUE DANS LES SOCIÉTÉS GRÉCO-ROMAINES

gens qui abusent de la bonne chère, que leurs « excès étaient funestes à l’estomac, à la tête et à l’esprit* ». Et il ajoutait plaisamment : c’était sans doute avec des mets f|ui excitent à manger ipiand on n’a plus faim et des liqueurs qui poussent à lioire quand on n’a plus soif, que Circé changeait les hommes en pourceaux. Si Ulysse s’était soustrait à la métamorphose c’est seulement parce qu’il fut assez sobre pour s’abstenir de goûter à ces mets et à ces lireuvages.

Il démontrait que l'emploi de la force et de la violence doit être écarté de la conduite et du gouvernement des liommes, en exposant les avantages immédiats de la modération ; (( Je crois, disait-il, que ceux qui font leur étude de la sagesse et qui se croient capables d’éclairer leurs concitoyens sur leurs véritables intérêts ne sont point du tout violents ; ils savent que la violence engendre les haines et tous les malheurs, tandis que la persuasion inspire la bienveillance sans être jamais dangereuse. L’homme que vous contraignez vous hait, dans l’opinion que vous le privez de quelque avantage ; celui que vous persuadez vous aime comme un bienfaiteur. Ce n’est pas le sage, c’est le puissant dépourvu de lumières qui recourt à la violence. Celui (pii ose employer la force a besoin de plus d’un appui ; il n’en faut aucun à qui sait persuader ; seul, il se croit assez fort. »

11 disait de l’iiomme présomptueux qui se fait passer pour plus riche ou plus fort qu’il ne l’est: (( on lui impose des obligations qui dépassent ses forces ; et comme il est hors d’état défaire ce dont on le croyait capable, on n’a pour lui aucune indulgence. »

11 recommandait de faire du bien aux antres, en raison du bien que l’on peut en attendre. (( N’existe-t-il pas une loi universellement reconnue, qui ordonne de j^ayer de retour un ])icnfait.^ — Oui, et ou la transgresse néanmoins. — Oui ; mais les transgresseurs sont punis, car ils sontaljandonnés d’amis précieux, et contraints de rccbercber les hommes (jui les haïssent. »

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