‹ La morale des religionsChapitre 199 sur 380 · OEiwres complètes, édit. Assézat, niv, p. 5o · texte numérisé non relu

OEiwres complètes, édit. Assézat, niv, p. 5o

20i MORALE PHILOSOPHIQUE DANS LES SOCIÉTÉS GRÉCO-ROMAINES

vie était une pratique continuelle de toutes les vertus, et surtout de la tempérance. Le préjugé fut si général, qu’il faut avouer, à la honte des stoïciens qui mirent tout en œuvre pour le répandre, que les épicuriens ont été de très honnêtes gens qui ont eu la plus mauvaise réputation. » Us devaient celte réputation à ces expressions de (( plaisir», de (( recherche du plaisir », de « plaisir fin de la nature », etc., qui revenaient sans cesse dans leur enseignement et leurs écrits et que la malignité de leurs adversaires, sans parler de la sottise de quelques-uns de leurs partisans, interprétaient dans le sens vulgaire, au lieu du sens scientifique (pi il a réellement dans la philosophie d’Epicure et de ses véritables disciples. L’épicurisme fut surtout en hutte aux attaques des stoïciens, puis à celles des chrétiens.

Cependant, en Grèce et à Rome, pendant plusieurs siècles, l’épicurisme compta de grands succès. Diderot a dit justement d’Epicure : (( Il fut chéri des grands, admiré de ses rivaux et adoré de ses disciples : il reçut dans ses jardins plusieurs femmes célèbres... Ses concitoyens, les hommes du monde les plus enclins à la médisance, et de la superstition la plus ombrageuse, ne l’ont accusé ni de débauche ni d’impiété. » On lui éleva des statues dans Athènes après sa mort. Seuls (( les stoïciens féroces l’accablèrent d’injures ». Sa philosophie fut la première qui passa de la G rèce à Rome. Elle eut pour adhérents des hommes illustres, entre autres César, Cassius, Horace, Celse, Pline le naturaliste, Lucrèce, Lucien, Diogène Laërte, etc.

L’école d’Epicure disparut avec le christianisme, ayant eu ce sort singulier d’être confondue par les païens des deux premiers siècles de notre ère avec la secte chrétienne. (( Le nom d’athées était également attribué, dit E. Renan ', aux disciples de Jésus et à ceux d’Epicure. Ils avaient, en edèt, pour trait commun de nier, par des raisons fort différentes, il est vrai, le surnaturel puéril, les merveilles ridicules auxquelles croyait le peuple. Les épicuriens y voyaient des supercheries de prêtres ; les chrétiens des supercheries du

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