‹ La morale des religionsChapitre 201 sur 380 · Guyau, loc. cil., p. i · texte numérisé non relu

Guyau, loc. cil., p. i

à regarder la société de troj) haut, à s’en écarter autant que possible, à limiter l’horizon de leur vie pour la mettre à l’abri de la vie des autres. C’était, dans la doctrine, une philosophie d’ascètes, ce n était point une philosophie d’hommes d’action. Je m’empresse d’ajouter qu’il en était ainsi en Ihéorie seulement. Dans la pratique, les épicuriens étaient des hommes comme tous les autres et vivant de la même vie sociale que les autres : je n’en veux d'autre preuve que les hommes illustres dont l’épicurisme peut revendiquer les noms.

Il n’y avait, du reste, à ce point de vue, aucune différence sérieuse entre les épicuriens et les stoïciens. En théorie, le stoïcisme aurait dù éloigner les hommes de la vie publique et sociale encore plus que l’épicurisme, puisqu’il se vantait, par-dessus tout, de son austérité, de son dédain des richesses, des honneurs, etc. En fait, on trouve des stoïciens, comme Sénèque et Cicéron, dans les plus hautes fonctions.

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