I. De la Colère, livre II, xxxi
a. Mahc-Aurèle, Pensées, livre V, xui.
310 MORALE Pllll.OSOI’IllQUE DANS LES SOCIÉTÉS GRÉCO-ROMAINES
dissous, elle se sert de sa matière pour produire un arbre, puis un lioinine, puis pour produire autre chose ; et chacun de ces êtres subsiste peu de temps — Tout ce que tu vois, Inentdt la nature qui gouverne toutes choses le changera et de sa matière fera d’autres êtres, puis d’autres de la matière de ceuv-ci, afin que le monde soit toujours nouveau ^ — Ce qui est mort ne tombe pas hors du monde. Il y reste, mais pour y changer, pour s’y dissoudre dans ses éléments ])ropres, qui sont ceux du monde et les tiens. Et les éléments changent eux-mêmes, et sans murmurer \ — Tout change. Toi-même tu es soumis à une perpétuelle altération, à une soile de corruption; et, comme toi le monde tout enlier '. — Bientê)t la terre nous couvrira tous, puis ellemême elle changera; et les objets de cette transformation changei’ont eux-mêmes à rinfmi : et ces autres objets à l’inllni encore. Car, si l’on réfléchit à ces flots de changements, de vicissitudes, et à leur rapidité, on méprisera tout ce qui est mortel C — La dissolution de chaque être n’est que son retourauprincipedont il étaitcomposé®. — Bientôt toi-même tu ne seras plus, et, comme toi, tout ce que tu vois présentement, tout ce qui vit aujourd’hui. Car tout est né pour subir le cliangeinent, le déplacement, la corruption, afin qu’il naisse d’autres êtres, chacun dans l’ordre auquel il appartient \ »
Toutes les parties constituantes de l’univers sont d’autant plus étroitement liées les unes aux autres qu’elles naissent les unes des autres. « Béfléchis, souvent, dit-il L à renchaînement de toutes choses dans le monde, et à leur rapport réciproque. Elles sont, pourrait-on dire, entrelacées les unes avec les autres, et, partant, ont les unes pour les autres une mutuelle amitié ; car l’une est la con-