‹ La morale des religionsChapitre 211 sur 380 · I.A MORA[,E DES STOlClEiNS · texte numérisé non relu

I.A MORA[,E DES STOlClEiNS

d’un grand corps. La nature, en nous formant des memes éléments et pour les memes fins, nous a créés parents ; c'est elle ([ui nous a liés les uns aux autres par un attacliement mutuel, et nous a faits sociables ; elle qui a établi la justice et l’équité; c’est la vertu de ses lois qu'il est plus fâcheux de faire que de recevoir du mal; c’est d’après son ordre, que nos mains doivent toujours être prêtes à secourir nos semblables. Ayons toujours, dans le cœur et à la bouche cette maxime : « homme, je ne puis regarder comme étranger rien de ce (jui touclie les hommes. )) Pénétronsnous-en ; nous sommes certaiiiemeut nés jiour vivre en commun. iNotre société ressemble à une voûte ([ui lomberait, si ses diverses parties ne se 'jiretaient un support mutuel. » Il dit encore, au sujet des devoirs sociaux ; (( C’est un sacrilège de nuire a la patrie... ; quand le tout est sacré, les parties ne le sont pas moins. L’homme est donc tenu de respecter l’homme, qui est pour lui concitoyen de la ffrânde cité. Ou’arriverait-il si nos mains voulaient faire la

guerre à nos pieds, et nos yenx à nos mains P L’harmonie règne entre les membres du corps humain , parce que tous sont intéressés à la conversation de chacun ; de même les hommes doivent s’épargner les uns les autres, jiarceiju’ils sont nés pour la soeiété, laquelle ne saurait subsister sans l’appui mutuel et bienveillant de ceux ipii la eomposent »

]\Iarc-Aiirèle élargit encore le problème. Il affirme non seulement l’unité de runivei's mais eneore la transformation incessante des objets et des êtres qui le composent, ceux (jui naissent étant formés des éléments de ceux ipii meurent. (( Chacune des parties de moi, dit-il, se transformera en une antre partie du monde ; et ainsi de suite à riiifini. C est par un changement de cette sorte que j’existe, qu’ont existé ceux qui m’ont donné naissance ; et de même en remontant à l’intini h » Ailleurs, il dit : (( La nature de r univers se sert de l universelle matière comme d’une cire : tantôt elle en forme un cheval, puis, le cheval

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