Marc-Aurèlc, p
L,v^'l•;ssA^’. Religions. 22
inents. Appliquant à sa concluile privée et publique les préceptes qu’il a lui-même consignés dans ses Pensées, il est toujours simple, doux, Ijienveillant, d’une suprême indulgence, et (( sa vertu, comme la notre, re])Osait sur la raison, sur la nature' ». bn tant que souverain, d « réalisa la |)erl'eclion de la politique libérale. Le respect des hommes est la Ijase de sa conduite. 11 sait que, dans l’intérêt même du bien, il ne faut pas imposer le bien d’une manière trop absolue, le jeu libre de la liljerté étanl la condition de la vie humaine. 11 désire l’amélioration des âmes, et non pas seulement l’obéissance matérielle à la loi; il veut la félicité publique, mais non procurée par la servitude, qui est le plus grand des maux. Son idéal de gouvernement est tout républicain. Le prince est le premier sujet de la loi"^ ».
Au point de vue de la législation, ce qui caractérise particulièrement la période philosophique de l’Empire, c’est la substitution de la raison à la force, de l’équité à l’arbitraire, de l’égalité au privilège. Cette li'ansformation commença de se produire peu de temps après la pénétration de la philosophie dans l’éducation des membres de l’aristocratie romaine. Elle fut facilité, il faut bien le reconnaître, par l’évolution qui s’était produite graduellement dans les institutions, les mœurs et les idées grâce au simple jeu de la concurrence sociale et de la lutte individuelle pour l'existence.
Le droit absolu que le mari s’attribue sur sa femme et le père sur ses enfants en vertu de son égoïsme naturel, de son esprit de domination et de la supériorité de sa force, avait été consacré par la religion du foyer et par les premières coutumes ou lois de la cité romaine'^. Le maiâ était le maître de sa femme ; il pouvait la répudier et même la juger, la condamner et l’exécuter, ou la faire juger par un