‹ La morale des religionsChapitre 237 sur 380 · I. Voyez ci-dessus, p. ya el io · texte numérisé non relu

I. Voyez ci-dessus, p. ya el io

3i() MORALE PHILOSOPHIQUE DANS LES SOCIÉTÉS GRÉCO-ROMAINES

lemeiil familial et son indivisibilité. Elle prit, par contre, le caractère individuel, par le droit de tester qui fut accordé à tous les citoyens, et en vertu duquel le père de famille pouvait léguer ses biens à un seul de ses enfants, les partager inégalement entre tous, les laisser meme à une personne étrangère. Le droit du testateui' était absolu, il faisait loi : Dical iestator et erit lex. Enfin, à côté du mariage religieux, il était institué, en vue des plébéiens qui n’avaient pas de foyer sacré, mais aussi à f usage de tous les citoyens, un mariage purement civil, ayant les memes conséquences légales que le premier. Il consistait en une sorte d’achat de la j eune fille (coeniptio , en vertu duquel celle-ci entrait en puissance de mari, faisait légalement partie de sa famille et avait des enfants en puissance de père, comme dans la confarréation. En outre, la seule cohabitation ' asus d’une année, avec convention mutuelle nmiaus consensus' du mari et de la femme, avait la valeur légale du mariage civil. Toutefois, dans l’intérêt de la femme, la loi autorisait celle-ci à rendre nuis, au point de vue légal, les elfets de la cohabitation : il lui sufiisait de s’absenter chaque année pendant trois nuits consécutives. Le mari avait tout intérêt à y consentir, car la femme conservait ainsi le droit d'béritei’ de ses parents.

L’institution du mariage civil, en permettant aux plébéiens de se constituer une famille légale, semblable à celle des patriciens, avait une portée sociale considérable.

Elle mettait fin au régime de la Gens. Les clients de la

famille antique disparaissaient pour toujours, puistpie chacun pouvait avoir son foyer propre. L’énoi'me extension que la famille avait prise, avec son chef doté d’une autorité souveraine, ses esclaves, ses alfrancbis, ses clients n’ayant d’autre foyer que celui du chef de la famille, était un obstacle au développement de la société, obstacle d’autant plus grand que son existence était consacrée par la religion. Ainsi que l’a fait remarquer fort justement fauteur de la Cité antiejue', on avait tenté de concilier dans la pra-

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