‹ La morale des religionsChapitre 244 sur 380 · I. Sénèque, De la Clémence, livre I, cliap. xiv · texte numérisé non relu

I. Sénèque, De la Clémence, livre I, cliap. xiv

3o0 MORALE PHILOSOPHIQUE HANS LES SOCIÉTÉS GRÉCO-ROMAINES

lina. Ce sont rlonc les prineipes de la philosophie et les mœurs nouvelles qu’Alexandre Sévère consacrait lorsqu’il abolit légalement le droit de mort attribué par les anciennes lois au père de famille.

Sous les Antonins, un principe nouveau fut admis relativement aux devoirs réciproques du père et des enfants. Ceux-ci n’étaient plus considérés comme la propriété de leur père et l’on reconnut que le père avait des devoirs à rem pli r à l’égard de ses enfants qui, de leur côté, devaient, en cas de besoin, l’assistance alimentaire à leur père, dans une proportion équitable avec leur fortune.' L’opinion et les lois se montrèrent, à partir de ce jour, de plus en plus sévères pour les pères qui maltraitaient leurs enfants. La justice issue de la philosophie, substituait, en un mot, les jirincipes de la nature à ceux que la religion avait posés. Elle reconnaissait l’autorité du père, mais elle la tempérait par les devoirs que l’alfection lui crée naturellement.

C'est aux sentiments élevés de la philosophie stoïcienne, plus encore qu’au désir d’activer la repopulation, qu’Auguste obéissait, lorsqu’il légiféra sur le mariage, le concuhinat et les secondes noces. Tous les philosophes s’étaient élevés avec indignation contre les abus que l’on faisait du divorce dans les hautés classes sociales et contre les habitudes de célibat qui s’y répandaient. Il est impossible de ne pas attribuer à ces critiques les lois qui marquèrent les premiers temps de l’Empire.

Le but des lois Julia et Pappia Pappœa, édictées par Auguste était de décourager le célibat, d’encourager le mariage et de provoquer la multiplicité des enfants. Montesquieu en avait admirablement compris la portée morale et sociale : « César, dit-il', donna des récompenses à ceux qui avaient beaucoup d’enfants ; il défendait aux femmes qui avaient moins de quarante-cinq ans, et qui n’avaient ni maris ni enfants, de porter des pierreries et de se servir de litières; méthode excellente d’attaquer le célibat parla vanité. Les lois d’Auguste furent plus puissantes : il imposa

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