CHAPITRE I
A l’exemple du judaïsme d’où il est sorti, le christianisme unit la morale, le dogme et le culte d’une manière si étroite qu’il est impossilile de les séparer. Cette considération s’applique surtout au catholicisme, qui a la prétention d’être seul conforme aux traditions apostoliques et qui fut pendant seize siècles l’unique religion de tous les chrétiens.
Comme le judaïsme, le védisme, le hrahmanisme, etc., le christianisme place la source de ses prescriptions morales dans la divinité. C’est Dieu lui-même qui a dicté ses commandements. Le Catéchisme du Concile de Trente* que
I. Abrégé du Catéchisme du Saint Concile de Trente, avec une introduction, des compléments et un questionnaire en tête de chaque chapitre par les RR. PP. Alexis et Théophile ; a® édition, avec l’imprimatur de l’archevêché de Paris, 19 janvier 1900, Paris, Maison de la Bonne presse. Au-dessous du titre ces mots : « Nous recommandons que tous les séminaristes aient entre les mains et relisent souvent le livre d’or connu sous le nom de Catéchisme du Saint- Concile de Trente. » (Léon XIII, Encycl. du 8 septembre 1899.)
L’ouvrage comprend deux sortes de textes : l’un est en petits caraetères et sous forme de questions suivies de réponses ; il est destiné, disent les auteurs, h être appris par cœur. L’autre est en gros caractères, et divisé en paragraphes numérotés. C’est de lui que l’on a extrait le questionnaire pour faciliter les études et aider la mémoire.
Il n’est pas inutile de rappeler que la rédaction de ce catéchisme fut ordonnée par le Concile de Trente, au moment de la Réforme. On signale, à cet égard, dans l’avant-propos de l’édition qui nous a servi, les recommandations qu’a-
je prendrai pour base de l’étude de la morale du clirisliauisme est absolument formel sur ce point : (( Le Décalogue est l’abrégé fait par Dieu même, de tous les devoirs de l’homme renfermés en dix commandements... Dieu a donné aux hommes ces dix commandements par l’entremise de Moïse, sur le mont Sinaï, au milieu des éclairs et du tonnerre. )) A la question qui vient ensuite : (( pourquoi ces éclairs et ce tonnerre ? » Le Catéchisme répond : « Pour inspirer aux hommes une crainte salutaire et montrer que Dieu, étant le maître, a le droit d’être obéi*. » Dieu n’est pas seulement le « maître », il est un maître tout-puissant. Le nom « que Dieu lui-même se donne le plus fréquemment, est celui de Tout-Puissant. 11 signifie que nous ne pouvons rien imaginer que Dieu ne puisse faire. 11 peut* tout réduire au néant ou créer en un instant plusieurs mondes S). Le monde que nous connaissons, dont l’homme est partie intégrante, a été tiré du néant. «La connaissance de la toute-puissance de Dieu nous rend plus facile la foi au grand mystère de la création. En effet, Dieu n’a pas formé le monde de quelque matière préexistante ; il l’a tiré du néant, c’est-à-dire qu’il a fait être ce qui n’était pas^. »
dressait aux acolytes de son diocèse, au xvj® siècle, le cardinal Valère, « l’une des jjloires du Sacré Gollèjje » et qui se teriuinaient par ces mots : « Combien n’est-il ])as plus juste que vous, formés sous la tutelle de l’Eg-lise, obligés à tendre de toute l’ardeur de vos désirs è la gloire de Dieu, è votre salut et à celui des autres, vous lisiez assidûment, et copiiez même huit fois ce beau livre, écrit sous la dictée de V Esprit-Saint, par décret des Pères du Concile de Trente, et qui a vu le jour sous les auspices du vicaire de Jésus-Christ. »