‹ La morale des religionsChapitre 250 sur 380 · Ibid., p. l'y · texte numérisé non relu

Ibid., p. l'y

3. Ibid., p. 19. — Saint Thomas d’Aquin (^La Somme, traduetlon de l’abbé Drioux, t. I, p. 397 et suiv.) dit au sujet de la création de la matière ; « Puisque Dieu est l’être subsistant et que cet être est unique, il faut nécessairement que tout être quel qu’il soit procède de lui. » (1, p. 397.) « Il est nécessaire que la matière première ait été créée par la cause universelle de tous les êli-es qui est Dieu. » (I, p. 398.) « Puisque c’est à la sagesse divine qu’il ap})artient de déterminer la forme naturelle des êtres, on doit dire que Dieu est le premier exemplaire de toutes choses. » (I, p. 4oo.) « Puisque Dieu est l’ageut premier, il est nécessaire qu’il soit aussi la fin première de toutes choses. » (1, p. 4oi.) « Créer c’est faire quelque chose de rien. » (I, p. 4o3.) « Puisque dans l’universalité des êtres il n’y en a point que Dieu n’ait produit, non seulement il est possible, mais il est nécessaire qu’il ait tout créé. » (I, p. 4o4-) « La création est un acte commun à la Trinité tout entière, il ne peut convenir aux personnes divines que parce qu’elles renferment les attributs

Comme il est scientifiquement impossible de comprendre que quelque chose puisse etre fait avec rien, le christianisme a soin de présenter la formation do Tunivers eomme un « mystère » et sa formation avee rien comme devant constituer un « aete de foi », aete qu’il définit de la façon suivante ; « Croire, c’est tenir pour eertain et hors de doute tout ce qu’il a plu à Dieu de nous révéler, quand même nous ne le comprendrions pas, parce que Dieu est la vérité même et qu’il ne peut ni se tromper, ni nous tromjier » Et eneore : « Croire ici n’est pas seulement penser ou supposer d’après une opinion probable, mais tenir pour certain et hors de doute ; et, bien que les objets de notre foi ne tombent pas sous nos sens, la certitude que nous en avons n’en est pas moins absolue, puisque c’est Dieu qui les a révélés, et c’est sur sa parole, attestée par la Sainte Eglise, que nous eroyons. » Afin de mieux préciser encore la signification des mots «croire» et « foi», l’auteur du Livre sacré ajoute : « Celui doue qui possède cette foi est débarrassé de toute obligation d’examen et de démonstration, car Dieu, en nous ordonnant de croire, ne nous propose de sonder ni ses jugements divins ni leurs causes, et ce serait folie, lorsque Dieu affirme, que d’exiger de lui des raisons pour croire à sa parole L »

Les questions sont posées, on le voit, avec une très grande netteté : c’est Dieu qui a dicté la morale du christianisme ; il l’a dictée à Moïse, au milieu des éclairs et du tonnerre, manifestation de sa toute-puissance; tout ehrétien est tenu de eroire à la révélation et d’obéir aux eommandements (( sans examen ni démonstration », ear Dieu, dont la parole nous est «attestée par la Sainte Eglise, ne peut pas permettre qu’on « exige de lui des raisons pour eroire » à ce qu’il «affirme ». Les auteurs de ce Livre sacré ont prévu qu’on pourrait mettre en doute la faculté que s’arroge

essentiels de la divinité, la science et la volonté. » (I, ]). 4 12.) « Dans les créatures raisonnables il va une image de la Trinité, dans celles d’un ordre inférieur il y eu a un vestige dans ce sens qu’on trouve en elles des choses qui correspondent aux personnes divines. » (l, p. 4i5.)

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