Ernest Renan, Les ÉvaiKjiles, [i. ôo4 et suiv
la ville de Salamine et exterminèrent la population entière. On évalua le nombre des Cypriotes égorgés à deux cent quarante mille. .. La Basse-Egypte était inondée de sang. Les païens fugitifs se voyaient poursuivis comme des bêles fauves ; les déserts du côté de rislhme de Suez étaient remplis de gens qui se cachaient et tâchaient de s’entendre avec les Arabes pour échapper à la mort».
Les prédictions et les apocalypses annonçant la ruine de l'empire romain ne cessèrent pas de se produire après la dispersion des Juifs. Pendant les deux premiers siècles de notre ère, ces sortes de publications circulèrent beaucoup parmi les chrétiens et provoquaient leur enthousiasme. Une apocalypse du temps de Nerva, mise par son auteur sur le compte d’Esdras, montre l’aigle romaine prenant feu sous les malédictions du Messie qui lui crie : (( Tu as régné sur le monde par la terreur et non par la vérité. Tu as écrasé les hommes doux, tu as persécuté les gens paisibles, tu as haï les justes, tu as aimé les menteurs, tu as humilié les murailles de ceux qui ne t’avaient fait aucun mal. Tes violences sont venues jusqu’au trône de l’Eternel, et ton orgueil est venu jusqu’au Tout-Puissant. Le Très-Haut a consulté alors sa table des temps et a vu que la mesure était pleine, que son moment était venu. C’est pourquoi tu vas disparaître, toi, ô aigle, et tes ailes horribles et tes ailerons maudits, et tes têtes perverses et les ongles détestables, et tout ton corps sinistre, afin que la terre respire, qu’elle se ranime, délivrée de la tyrannie, et qu elle recommence à espérer en la justice et en la pitié de celui qui l’a faite '. »
Les œuvres de ce genre pullulent pendant les premiers siècles du christianisme. Toutes prédisent, en termes d’une extraordinaire violence, la destruction des Bomains par le Dieu vengeur d’Israël ou par Christ. Celle dont nous venons de citer quel(|ues lignes exprimait si bien la pensée des chrétiens, comme celle des juifs, que saint Ambroise ne la
Uenan, peu de livres ont fourni autant d’éléments à la théo-