Ibid., p
quoique méchants, si le mal existe sous toutes les formes dans le monde, c’est, d’une part, que le mal est indispensable à la perfection de l’univers, et, d’autre part, que l’homme a perdu, par un acte de son libre arbitre, la a justice originelle » dont Dieu l'avait doté, en même temps que du libre arbitre. Cependant, Dieu, dans sa souveraine bonté, n’a pas abandonné entièrement l’ homme au triste sort qu’il s’était lui-même infligé : il lui a, d’abord, inculqué dans l’esprit, dès sa naissance, les principes dn décalogue, sous forme de loi naturelle ; il lui a ensuite envoyé une loi morale très précise, par rintermédiaire de Moïse, sur le mont Sinaï ; il a donné mission à son propre Fils de se faire homme pour opérer la rédemption des hommes : « Oui, le Sauveur est' venu, et c’est notre Seigneur Jésus-Christ. Le nom de Jésus signifie Sauveur, et il exprime à lui seul tout ce qui était renfermé dans les autres noms donnés au Messie par les prophètes... Il a délivré le genre humain tout entier du péché et des effets du péché pour lui donner droit à l’héritage éterneF. » Enfin, il veille sans cesse sur l’univers et le gouverne, pour conserver et soutenir tout ce qu’il a créé : « Les êtres créés par Dieu n’ont pu sortir du néant que par la puissance, la sagesse et la bonté infinies du créateur, et ils retomberaient dans le néant, si sa Providence ne les soutenait perpétuellement et ne les conservait par la même vertu qui les a créés. Non seulement Dieu conserve et gouverne par sa Providence tout ce qui existe, mais encore il donne a tout ce qui se meut et agit, l’impulsion et l’activité, sans empêclier pour cela l'action des causes secondes L »
D’après cette doctrine, tout homme, en venant au monde, se trouve, simultanément, dans deux états contradictoires : d’une part, il a «dans son cœur» la « loi naturelle», qui se confond avec le Décalogue et qui représente la loi morale à laquelle il doit se soumettre ; d’autre part, il est déjà souillé par le péché, il est déchu aux yeux de Dieu,