I. Labbé, ibid., X, ép. 5, i8, Sa
T.A ^[ORALE DU CHRISTIANISME
ciraient pas, c|ui l’iiinerait pour longtemps les principautés et les royaumes. Le prosélytisme de l’Eglise romaine y trouverait également son compte par la conversion de tous les infidèles qui ne seraient pas massacrés.
Les papes cjui conçurent les croisades, comme Sylvestre II et Grégoire VII, et ceux c|ui les réalisèrent accomplirent donc un acte religieux conforme aux préceptes des Livres sacrés dont le christianisme avait hérité des juifs, et un acte politicjue non moins conforme aux principes de théocratie formulés par les prophètes. En appelant le peuple luimême à la croisade, l’Eglise provoquait l’anarchie etllattait la haine instinctive c|ue les classes inférieures avaient pour l’aristocratie. D’un autre coté, lorscjue Urbain II, dans le congrès de Clermont, en loqS, disait au peuple : « c’est du sang chrétien racheté par le sang du Christ, qui se verse en Asie », il excitait le fanatisme religieux des populations chrétiennes et il préparait les ahominables massacres de juifs ou d’infidèles qui souillèrent toute l’histoire des croisades. Aux seigneurs il tenait un autre langage, car il savait qu’à ceux-là des batailles et du butin étaient nécessaires. (( Puisque vous avez tant d’ardeur pour la guerre, leur disait-il, en voici une qui expiera toutes vos violences: puisqu’il vous faut du sang, versez le sang infidèle. Soldats de l’enfer, devenez les soldats du Dieu vivant. Le Christ est mort pour vous, à votre tour mourez pour lui'. » De son côté, l’empereur d’Orient, Alexis Commène, promettait à ces guerriers le butin dont il les savait avides non moins que de gloire : « il offre tous ses biens, toutes ses richesses, même sa couronne, même les belles femmes de ses Etats, à ces chevaliers francs, qu’il croit à demi-sauvages, pourvu que la ville auguste échappe au joug des impitoyables prédicateurs du Coran » A tous les chrétiens, à quelque classe qu’ils appartinssent, Urbain montrait les musulmans envahissant l’Europe. Déjà, en effet, ils étaient en Espagne, d’où ils remontèrent jusqu’en Gaule au viii® siècle ; ils