‹ La morale des religionsChapitre 269 sur 380 · Ibid., livre I · texte numérisé non relu

Ibid., livre I

élaient en Sicile; ils étaient clans la partie de rAfricpje la plus voisine de l’Europe, à Carthage d’oii ils menaçaient toute la Méditerranée occidentale; ils s'étendaient, d’autre part, tout le long des liords de la Méditerrannée orientale, depuis l’Egypte juscpi'à Smyrne. Il était donc lacile de les représenter comme menaçant Constantinople et se préparant à cnvaliir l’Europe pour y détruire la religion du Christ. Ces idées étaient, en ellbt, devenues courantes en Occident. Les évêcjues invitaient tous les chrétiens à se grouper autour du pape contre les ennemis de leur Dieu; Saint Hcrnard traduisait la pensée de tous ses concitoyens, lors([u’il écrivait: ce ce sont les inlidèles cjui nous ont attacjués les premiers, notre glaive ne lait Cjue l•epousser le leur. » Ou admettait cju’il fallait, sans retard, détruire les musulmans afin de n’êlre pas détruit par eux. Les chrétiens donnaient au sultan de Badgad le titre de a pape des musulmans », tandis (|ue les Arabes appelaient le pape romain « khalife des chrétiens ». Ce n’étaient ni des peuples ni des races distinctes ejui allaient entrer en guerre avec les Ciroisades, c’était deux religions représentées chacune, alors, par un chef d’autant plus vénéré ipi’il était considéré par tous ses adeptes comme le représentani de Dieu sur la terre. Deux religions, deux pays, deux Dieux et tous leurs fidtdes allaient se faire une guerre sans pitié.

Ija papauté profitait fort hahilement de l’état d’esprit des populations occidentales pour se mettre à la tête de toute la chrétienté confondue en une sorte de vaste théocratie religieuse. LJn historien des croisades, Jacf[ues de Vitry, traduisait la pensée secrète des papes lorsqu'il écrivait : (( Bagdad est la capitale de la race et de la loi des Sarrasins, comme Borne est la capitale de la race et de la loi des Chrétiens'. » Les évêques, les moines, tous les clercs qui ne voyaient pas sans jalousie grandir la puissance des barons, des princes et des rois, rivalisèrent de zèle pour provoquer l’enthousiasme parmi les chrétiens; ils y réussirent au delà de toute mesure: le fanatisme religieux.

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