I. Jacques de Vitkv, livre lit
aidé par la misère ou la cupidité, par l’amour de la gloire ou l’euvie du buliu, jeta tout le peuple de Frauce daus la croisade. Ou ue reva plus que de massacres d'iutidèles et de dépouilles des Sarrasius. Déjà, au commeucemeut du siècle, la lettre du pape Sylvestre avait suffi pour lancer sur la côte africaine des Pisaiis qui massacrèrent, dit-on, plus de cent mille musulmans et s’enricliirent de butin. Les prédications d’Urbain, de Pierre l’Ermite, de tous les moines de la Gaule mirent en branle un peuple de miséreux qui, la croix rouge sur la poitrine, faisaient vœu de délivrer le tombeau du Christ et de détruire les infidèles pour obtenir la remission de leurs péchés. « Des gens de toute sorte prirent la croix : prêtres, nobles, serfs, chevaliers etbngands, les plus vertueux comme les plus corrompus, les uns pour se sanctifier, les autres pour faire pénitence, tous espérant gagner le ciel ' » et, en attendant, s’enrichir dans ce monde. L’Eglise tirait de cet enthousiasme pieux ou intéressé des profits immédiats qui vinrent s’ajouter à ceux déjà réalisés par elle, en l’an mille, sous rinllucnce de la peur de la fin du monde : « Les seigneurs vendaient aux églises et aux villages leurs biens et leurs droits féodaux pour acheter des armes et des vivres L »
Tandis que les seigneurs organisaient leur expédition militaire, les petites gens se mettaient en route, sous la conduite de Pierre l’Ermite et de Gautier-sans-avoir ; ils prenaient la route de la trouée de Belfort et descendaient la vallée du Danube, rappelant par leur masse, leurindisciphne et leurs méfaits les bordes de Huns, ([ni, six siècles auparavant, avaient remonté cette même vallée sous la conduite d’Attila. Celles-ci venaient piller l’Occident oh elles furent massacrées ; eelles-là s'en allaient piller l'Orient oh elles trouvèrent un sort analogue, a C’était, dit un moine du temps, l’accomplissement du mot de Salomon : Les sauterelles n’ont point de rois et elles s en vont ensemble par bandes. Elles n’avaient pas pris l’essor