MiciiiîLET, Ibid., Il, p
d’années, avait porté le joug cruel d’une injuste servitude, rendaient grâce an Rédempteur de la liljerté c[u’i]s recouvraient; et, portant des croix et les images des saints, ils allèrent au devant des vainqueurs et les introduisirent dans l’église )). D’oi'i il résulte que les musulmans avaient montré une assez grande tolérance à l’égard .du christianisme. Ils mettaient, en elï'et, si peu d’obstacles à la pratique de cette religion que, dans Antioche, les croisés comptèrent, d’après Guibert de Nogent, jusqu’à trois cent soixante églises. Néanmoins, « le lendemain, le carnage recommença; le conseil des croisés porta une sentence de mort contre les musulmans qui restaient dans la ville; tous lurent égorgés, même les femmes et les enfants... Le massacre dura huit jours: soixante-dix mille Sarrasins périrent'». Lorsqu’il n’y eut plus de Sarrasins à tuer, de bouti(|ues ou de maisons à piller, de femmes à violer, l’armée se dispersa ; ceux qui ne moururent pas rentrèrent chez eux, et c’est h peine si Godefroy de Bouillon, élu roi de Jérusalem comme vassal direct de la papauté, put couserver avec lui trois cenis chevaliers.
Plus de ^ent mille individus étaient morts dans cette croisade; mais, grâce au départ de presque tous les hommes de guerre, la féodalité avait perdu ses forces tandis que la papauté voyait grandir les siennes. Aussi, dès qu’une croisade avait épuisé ses ressources en hommes, on en organisait une autre. L’histoire n’en a noté que sept de 1097 à 1248, mais il y en eut en réalité une douzaine. Pour échaulfer les esprits, on lisait dans les églises les récits des massacres de musulmans et des pillages de villes infidèles ([ue les croisés envoyaient ; on comblait d’honneurs ceux qui revenaient en France; on les montrait aux foules pieuses comme des modèles à suivre ; on employait, en un mot, tous les moyens imaginables pour renouveler sans cesse ces expéditions. Cependant, le peuple en avait été dégoûté par les malbeurs que subirent les premiers pèlerins; les seigneurs seuls prii-ent part à toutes celles ({ui suivirent