‹ La morale des religionsChapitre 274 sur 380 · I. Lavaliæe, loc. cil., I, p. 3oo · texte numérisé non relu

I. Lavaliæe, loc. cil., I, p. 3oo

celle que Pierre l’Ermite avait prêcliée. Toutes ces campagnes étaient, du reste, si infructueuses, qu’en 1187 les musulmans étaient redevenus maîtres de Jérusalem.

Entre temps, des divisions profondes et des haines farouches avaient surgi entre les croisés d’Occident et les grecs ou byzantins de l’Orient. Les différences de race, de mœurs, de religion, — les premiers étant papistes et les seconds ne reconnaissant pas l’autorité du pape, — avaient, dès la première croisade, rendu les rapports difficiles entre les latins et grecs. Les haines s’avivèrent à chaque expédition. Dès la seconde croisade, en ii47, elles s'étaient traduites en menaces et en actes d’une extrême violence. Les papistes se livraient à mille brutalités sur les schismatiques ((jugeant, dit un historien du temps, (|ue c’était moins c[ue rien de les tuer’ ». Le patriarche schismati(|ue de son côté, disait des latins (( cjue c’étaient des chiens, non des hommes et (jue l’elTusion de leur sang effaçait tous les péchés^». L’évêque de Langres proposait de s’emparer de Constantinople : (( Ces hérétiques, disait-il, n’ont pas su défendre la chrétienté et le saint sépulcre ; il viendra un temps oii leur lâclieté laissera prendre Constantinople par les Turcs et ouvrira ainsi aux inffdèles les portes de l’Occident. C’est à nous de prévenir ce désastre ; la nécessité, la patrie et la religion nous commandent de ne pas laisser derrière nous une ville de traîtres : si vous ne le faites, l’Occident vous demandera compte de votre imprudence L »

Dès la (juatrième croisade, ces menaces se réalisèrent. C’est contre Constantinople que se tourna la fureur religieuse des croisés d’Occident et c’est sur la capitale du christianisme schismatique (|ue s’abattit la rapacité des chrétiens romains. Ils la prirent en i2o4- Le pillage et le massacre furent effroyables ; ils faisaient dire au pape Innocent III que l’ou (( n’avait épargné ni les petits, ni les grands, ni l’âge, ni le sexe, ni les vierges du Seigneur, ni les saints autels, ni les vases sacrés », ce (jui, du reste, ne

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